Pendant que GM tablait sur ses deux projets de voitures sport spéciales, la Buick Reatta et la non moins célèbre Cadillac Allanté, Chrysler, de son côté, préparait également un projet un peu plus ambitieux qu’à l’habitude, la Chrysler TC par Maserati. Le troisième constructeur américain va en effet travailler de concert avec la division italienne qui était sous l’emprise de De Tomaso à ce moment de l’histoire.
D’un côté, Chrysler pouvait offrir son réseau étendu de concessionnaires à Maserati, et de l’autre, le constructeur italien fournissait son image prestigieuse ainsi que ses capacités de développer des mécaniques plus vitaminées.
Le projet commun de deux amis
Ce projet conjoint va prendre racine chez Ford alors que Lee Iacocca et Alejandro De Tomaso se lient d’amitié alors qu’ils travaillent sur la De Tomaso Pantera, propulsée évidemment par un V8 Ford.. Lorsque Iacocca va entrer en fonction chez Chrysler, les deux hommes vont élaborer un plan qui pourrait profiter aux deux compagnies. Chrysler avait surtout besoin de rehausser son image et la venue de nouvelles motorisations performantes au sein de son alignement arrivait juste à point.
Quant à Maserati, le simple fait de pouvoir intégrer quelques centaines de concessionnaires en Amérique était alléchant.
La supposée nouvelle voiture phare de Chrysler
La Chrysler TC dont le prototype sera dévoilé en 1986 au Salon de Los Angeles aurait dû être commercialisée dès le début de 1987, mais malheureusement un délai interminable de 2 ans va retarder la mise en production du modèle italo-américain. Évidemment, ce retard va nuire à la réputation du modèle qui aurait normalement dû devenir la nouvelle voiture phare du constructeur américain. La Chrysler LeBaron sur laquelle était basée la TC et dont le dévoilement était prévu après le lancement de la version retravaillée par Maserati, sera finalement présenté avant la TC.
Mal reçue
Bien entendu, la presse automobile va tout de suite critiquer le fait que cette TC par Maserati n’était rien d’autre qu’une LeBaron endimanchée. N’oublions pas non plus que la TC se vendait presque le double de la LeBaron, soit environ 33 000 dollars américains la première année. Pourtant, sous cette carrosserie plus noble se cachait une plateforme K utilisée depuis bon nombre d’années par Chrysler sur les différents modèles compacts et intermédiaires du constructeur.
La mécanique aussi était d’origine Chrysler puisque pour la première année de production, le moteur boulonné sous le capot de cette décapotable était le 4-cylindres de 2,2-litres turbo qui propulsait déjà le coupé Daytona ainsi que la berline Spirit R/T. Bien que ce moteur s’avérait énergique avec une puissance très respectable de 174 chevaux, il devait malheureusement être accouplé à une transmission automatique à 3 rapports seulement.
Une édition plus pimentée
Les deux partenaires vont toutefois produire 500 exemplaires de la TC équipée d’une version retravaillée du même 2,2-litres, mais alimenté par un turbocompresseur différent provenant d’un fournisseur extérieur, tandis qu’un refroidisseur et plusieurs pièces internes du moteur étaient troquées pour des unités plus robustes. De plus, Maserati avait demandé à la maison anglaise Cosworth de lui développer une tête à double arbre à cames en tête. Pour compléter cette version plus rare, la seule transmission disponible avec ce moteur de 200 chevaux et 220 lb-pi de couple était une manuelle à 5 rapports.
Dès 1990, le groupe motopropulseur sera remplacé par un V6 tiré de 3,0-litres du catalogue de Mitsubishi coté à 142 chevaux seulement. Au moins, cette nouvelle combinaison fera appel à une transmission automatique à 4 rapports.
Quelques exclusivités
La TC venait d’office avec un toit rigide détachable avec de petites fenêtres de type opéra à l’arrière et un toit souple disponible en noir ou taupe. Dans l’habitacle qui ne comptait que deux places, le cuir était à l’honneur, bien sûr sur les sièges, mais également sur le tableau de bord recouvert et les panneaux de portières. Les seuils de portières étaient en acier inoxydable. Pour ajouter au caractère exclusif de ce modèle, la TC était livrée avec un parapluie. La seule option disponible était un lecteur CD, un luxe pour l’époque. Rappelez-vous, nous n’étions qu’à la fin des années 80!
La production de la TC située à Modène en Italie sera arrêtée en 1990 à cause des ventes trop timides du modèle. D’ailleurs, la TC sera offerte jusqu’en 1991, question d’écouler les dernières éditions. Au final, la Chrysler italienne n’aura été produite qu’à 7300 exemplaires. Par rapport à la Cadillac Allanté qui était aussi assemblée en Italie, la TC sera un échec sur toute la ligne. Quant à la valeur actuelle de cette décapotable luxueuse, elle n’est pas très élevée!
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