Au courant de la décennie 80, une nouvelle marque automobile va venir s’implanter en territoire canadien et l’histoire de cette division coréenne sera bien sûr intimement liée au marché québécois, unique en Amérique du Nord comme vous le savez. Hyundai va apparaître à la fin de 1983 avec les premières Pony 1984 et ne regardera jamais en arrière. Par rapport aux produits actuels, les véhicules Hyundai des années 80 étaient archaïques, mais il fallait bien débuter quelque part.

À regarder où en est rendu le constructeur asiatique en 2012 près de 30 ans après sa première vente locale, il faut avouer que très peu d’observateurs de l’époque avaient prédit le succès que connaîtrait cette division automobile au pays. Disons que les mauvaises blagues au sujet des produits Hyundai se font plus rares aujourd’hui. Retour donc sur ces premières années de Hyundai en territoire canadien.

La Pony, première Hyundai nord-américaine
Le constructeur coréen va tout d’abord s’attaquer au segment des petites voitures en introduisant la  Pony, une sous-compacte 5 portes à propulsion arrière qui avait l’avantage notable de se vendre à un prix alléchant – moins de 6000$ dans la livrée de base. Remarquez, cette stratégie était essentielle étant donné le fait que la marque était complètement inconnue du public.

Même si la petite coréenne s’attaquait à une multitude de petites voitures, il est permis d’affirmer qu’elle visait principalement le duo Chevrolet Chevette / Pontiac Acadian, la seule autre plateforme sous-compacte à conserver une configuration à propulsion arrière à ce moment. Soyons honnêtes, la Pony était une voiture supérieure aux autres marques marginales comme Skoda, Yugo et Lada, tous des noms provenant de l’autre côté du rideau de fer. Quant aux autres petites voitures du segment, elles étaient plus modernes et mieux conçues.

La Pony était équipée d’un 4-cylindres d’origine Mitsubishi de 1,4-litre de 70 chevaux la première année, ce dernier pouvant être accouplé à deux transmissions manuelles à 4 ou 5 rapports, tandis que l’option automatique comptait 3 rapports. Quatre niveaux de finition étaient offerts, soit : de base, L, GL et GLS. Dès 1985, la Pony sera disponible avec un autre moteur Mitsubishi de 1,6-litre de 74 chevaux qui, selon les rapports de l’époque, contribuait à rendre la petite voiture plus énergique malgré ce faible gain en puissance. La Pony sera distribuée en sol canadien jusqu’en 1987, cédant sa place à la petite Excel.

Malgré des problèmes de fiabilité et de qualité, cette voiture va vite devenir populaire auprès des jeunes acheteurs en raison de son prix de vente. À sa première année, elle dépassera le cap des 25 000 ventes au Canada, tandis qu’en 1986, à sa deuxième année, la Pony deviendra la voiture la plus vendue au pays avec plus de 50 000 ventes enregistrées. Au Québec, en 1984, alors que seule la Pony n’était offerte, les Québécois vont acheter 10 156 Pony. Vous comprenez maintenant d’où vient cet engouement des acheteurs d’ici pour Hyundai.

La Stellar, un cran plus haut
Pour l’année-modèle 1985, les consommateurs canadiens auront droit à un second modèle arborant l’écusson Hyundai, la berline intermédiaire Stellar. À l’instar de la Pony, la Stellar était aussi une création du célèbre designer italien Giugiaro. Côté motorisation, la première série du modèle était livrable avec les mêmes groupes motopropulseurs que la Pony avec, bien sûr, la même configuration à propulsion arrière. Il n’y avait que la transmission manuelle à 4 rapports qui ne faisait pas partie des options mécaniques de la Stellar. Les niveaux de finitions de la Stellar étaient : SL, GSL et Executive.

Heureusement, Hyundai va rafraîchir sa berline Stellar – en lui ajoutant l’appellation « II » – dès 1987 en incluant des phares plus volumineux, des feux arrière au design différent, en plus de quelques nouvelles pièces comme des étriers de freins à disques plus grands à l’avant, une suspension retravaillée à l’avant et un nouvel arbre de transmission. Toutefois, la plus grande nouveauté se trouvait sous le capot alors qu’un plus gros moteur 4-cylindres de 2,0-litres de cylindrée venait améliorer le comportement de la berline, cette dernière étant désormais offerte sous deux niveaux de finitions : CX et CXL. La Stellar sera vendue jusqu’en 1988, la nouvelle Sonata à traction avant prenant la relève un an plus tard. Les ventes canadiennes de 1985 ayant atteint un total de 28 292 unités ne seront jamais répétées. Au Québec, cette même année, 29 521 véhicules Hyundai vont trouver preneur.

Hyundai Excel, la Pony relevée de ses fonctions
Il ne faisait pas de doute que la Pony n’était pas une voiture tellement compétitive sur notre marché. Dès 1986, Hyundai va offrir une édition 5 portes de l’Excel, une autre sous-compacte qui avait la particularité d’être une traction avant, une configuration beaucoup mieux adaptée à notre climat nordique. Un an plus tard, l’Excel sera joint par deux autres types de carrosserie, une bicorps et une berline. Encore une fois, Hyundai faisait appel à Mitsubishi pour motoriser sa petite sous-compacte. Dans ce cas-ci, c’était un 4-cylindres de 1,5-litre d’une puissance de 70 chevaux et ce dernier pouvait toujours être associé à deux transmissions manuelles à 4 ou 5 rapports ou une automatique à 3 rapports.

La Hyundai Excel restera inchangée jusqu’en 1990 lors de sa première refonte majeure. Pour les Jeux olympiques de 1988 qui se tenaient à Séoul, la capitale de la Corée du Sud, Hyundai va également proposer une édition spéciale pour commémorer cette grande célébration mondiale.

Hyundai Sonata, la première de la lignée

Pour succéder à la Stellar, Hyundai va introduire la Sonata, une nouvelle berline intermédiaire à traction avant plus encline à concurrencer des noms comme Camry, Accord, 626 ou Stanza par exemple. Évidemment, le design extérieur s’apparentait à la petite Excel, cette partie du travail ayant également été confiée à Giorgetto Giugiaro.

La voiture arrivera à la fin de 1988 en tant que modèle 1989. Le moteur de base était toujours tiré du catalogue de Mitsubishi, avait une cylindrée de 2,4-litres et développait une puissance de 116 chevaux. Ce dernier venait d’office avec une boîte manuelle à 5 rapports, tandis qu’une boîte automatique comptant 4 rapports était l’autre option au programme pour ceux qui ne voulaient pas manier le bon vieux manche à balai. Beaucoup plus tard, la Sonata aura enfin un moteur V6 plus puissant, question de mieux rivaliser avec les éditions plus cossues de la concurrence.

La saga de l’usine de Bromont
Évidemment, le nom Sonata évoque aussi un certain goût amer dans la bouche de certains Québécois de la région de Bromont. Pour courtiser le constructeur coréen qui voulait établir une usine en terre canadienne, les gouvernements du Québec et du Canada avaient établi de subventionner le projet de construction de l’usine à raison de 110 millions de dollars. Heureusement pour les contribuables, le projet qui sera annulé quelques années plus tard fera en sorte que seulement 46 millions seront attribués à Hyundai.

La construction de l’usine dans la région de Bromont va évidemment créer de nombreux emplois, sauf que les dirigeants vont rapidement se rendre compte que l’usine ne roulait pas à pleine capacité. En effet, au plus fort de la production prévue de 100 000 unités par année, seulement 20 000 unités sortaient des lignes de montage. L’aventure prendra fin dès 1994 avec comme conséquence principale le licenciement de 850 employés de l’usine.

Malgré cette aventure qui a tourné au vinaigre, la popularité de Hyundai dans la Belle Province n’a jamais été aussi forte. C’est que, depuis les années 80, les produits se sont grandement améliorés. On peut en rire aujourd’hui, mais les premiers produits du constructeur en sol canadien et québécois ont joué un rôle déterminant pour la suite des choses.

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