La décennie des années 80 est souvent considérée comme un passage nécessaire de l’histoire automobile, une période qui fût difficile pour nombre de constructeurs, suite aux crises pétrolières des années 70. De plus, une crise économique au début de la décennie va également influencer les ventes de véhicules.

Malgré ce climat économique peu favorable, le segment de la voiture sport va tout de même connaître une évolution intéressante malgré quelques modèles moins inspirants que d’autres. Si des noms reviennent souvent en tête lorsqu’il est question de dresser un portrait de la décennie (Ford Mustang, Chevrolet Camaro, Toyota Supra, Volkswagen GTI, BMW Série 3, etc.), d’autres, au contraire, ont plutôt été relégués au rang de sportives moins répandues, moins connues, mais ô combien intéressantes sur le plan des performances.

Chez nos voisins du Sud, par exemple, le passage de Caroll Shelby chez Chrysler aura été bénéfique pour redonner un peu de piquant aux bolides du constructeur. La Dodge Omni GLH (pour « Goes Like Hell ») ainsi que son évolution plus radicale, la GLH-S, sont deux petites bombes qui ont été produites en petite quantité. De plus, les performances de cette compacte à hayon étaient carrément ahurissantes pour l’époque. Shelby a également travaillé sur le coupé Charger, puis s’est ensuite attardé à la Dodge Shadow CSX et à la berline Lancer, deux modèles qui n’ont pas traversé pas la frontière.

Chez Ford, la Ford Mustang SVO équipée du moteur 4-cylindres de 2,3-litres n’avait pas le prestige des versions à moteur V8, mais encore une fois, ce coupé américain était capable de performances impressionnantes. La Mercury Capri RS Turbo, elle aussi équipée des mêmes organes mécaniques, constitue une autre sportive trop souvent oubliée. Il ne faudrait surtout pas oublier la Taurus SHO, un modèle plus populaire, mais qui fait encore l’objet d’un culte aujourd’hui.

Chez GM, il y a bien sûr les Buick à moteur turbo qui sont redevenues des modèles prisés de nos jours. Contrairement aux autres versions de GM qui étaient propulsées par des V8, les coupés Buick (T-Type, Grand National et GNX) faisaient appel à la turbocompression, une technologie moins répandue à l’époque.

Du côté nippon, il est souvent question des sportives de Toyota (Supra, Celica et Corolla GTS-S) et de Honda (Civic Si, CRX Si, Prelude), mais d’autres constructeurs ont également élaboré des modèles qui méritent une certaine attention. Par exemple, la division Isuzu a présenté l’Impulse RS à la fin de la décennie, une petite compacte à moteur 4-cylindres turbo. Chez Mazda, la 323 GTX est une voiture plutôt rare sur notre continent, mais cette sous-compacte à moteur 4-cylindres turbo et traction intégrale a ouvert la voie à tous ces modèles Mazdaspeed des 10 dernières années.

Aux États-Unis, Chrysler a commercialisé le coupé Conquest en très petite quantité. La Conquest n’était en fait qu’une Mitsubishi Starion avec des écussons Chrysler.  Cette dernière envoyait la puissance aux roues arrière et faisait appel à une mécanique 4-cylindres turbocompressé.

Du côté européen, la Porsche 911 et la plus économique 944 Turbo faisaient les manchettes, tandis que la petite GTI de Volkswagen venait à peine de lancer un nouveau mouvement. Le coupé Audi Ur-Quattro est très important pour l’automobile, ainsi que pour le rallye international, et tous les amateurs connaissent le nom Quattro, mais très peu de gens ont pu profiter du coupé allemand à cause de sa rareté.

Encore plus rare de ce côté-ci de l’Atlantique, la Renault 5 Turbo n’était officiellement pas distribuée en Amérique. Malgré tout, quelques mordus du modèle à moteur central vont réussir à importer des exemplaires en sol canadien.
Lorsqu’il est question d’inclure les mots « sportives » et « européennes » dans la même phrase, la première BMW M3 revient souvent dans les discussions, mais un autre modèle concocté chez Mercedes-Benz est trop souvent oublié. Élaboré en collaboration avec Cosworth, la berline 190 E 2.3 16s à moteur 4-cylindres est devenue un classique au fil du temps.

Comme vous pouvez voir, la période des années 80 n’est pas uniquement celle des véhicules sous-motorisés et des designs ratés. D’ailleurs, ces modèles méconnus deviennent la plupart du temps des classiques de l’automobile à cause de cette rareté et de leur histoire particulière.

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