Voilà déjà 20 mois que nous vous présentons des véhicules dans notre section Auto Rétro. Pourtant, nous en sommes à notre première DeSoto. Il faut dire que les véhicules portant l’écusson de cette bannière sont plus rares à trouver aujourd’hui. Chrysler a en effet mis fin à leur commercialisation au mois de novembre 1960. Quelques modèles 1961 avaient toutefois eu le temps d’être produits, soit dit en passant.
Pour ceux qui l’ignoreraient, la marque DeSoto était à l’époque commercialisée sous le fanion Chrysler où l’on retrouvait aussi des Dodge, des Plymouth, des Imperial et des… Chrysler.
Histoire
Les premières DeSoto voient le jour en 1928. La naissance de la marque est due à la volonté de Walter Chrysler lui-même. Ce dernier souhaitait offrir une réponse à ses rivaux de l’époque dans le segment des voitures de luxe d’entrée de gamme, soit General Motors et Studebaker, entre autres. Ironiquement, la marque Dodge fut créée quelques mois plus tard et du coup, Chrysler se retrouvait avec deux voitures évoluant dans le même segment.
Au cours des années 30, la marque DeSoto fut repositionnée à la hausse, c’est-à-dire dans le segment des voitures de luxe. Les DeSoto produites entre 1934 et 1942 reçurent les fameuses carrosseries réservées aux modèles Chrysler, soit celles profitant du design Airflow, révolutionnaire pour l’époque.
L’après-guerre
Dès 1946, la production reprend dans l’industrie automobile, y compris chez DeSoto. Le design du modèle évolue très lentement, de sorte que les lignes du millésime 1950 sont encore porteuses du style d’avant-guerre.
En 1950, DeSoto utilise deux appellations pour identifier les 127 430 véhicules qu’elle assemble : Custom et Deluxe. Une troisième série de modèles est produite, mais les 2350 exemplaires qui en sont issus sont inclus dans la série Deluxe. Ces derniers sont connus sous le nom de Taxi.
Les DeSoto 1950 sont assemblées à deux endroits différents, soit à Détroit et à Los Angeles. C’est grâce au numéro de série du véhicule qu’il est possible de savoir à quelle usine un exemplaire en particulier a été fabriqué. Dans le cas du bijou qui nous intéresse cette semaine, son numéro d’identification nous indique qu’il a été usiné à Détroit et qu’il fait partie de la série Custom.
Un modèle unique
Plusieurs variantes des modèles Custom et Deluxe étaient proposés par DeSoto en 1950. Sans aucun doute, les plus impressionnantes étaient du type de celle qu’on vous présente cette semaine, soit des versions à empattement long reconnues comme étant des « huit passagers ».
En tout, seulement 1592 exemplaires furent reconnus comme tels : 235 dans la série Deluxe et 1357 dans la série Custom. À l’intérieur de cette dernière, les versions « huit passagers » se classaient en deux groupes, soit Sedan et Suburban. Le modèle que l’on vous présente cette semaine est de type Suburban. Seulement 623 identiques à celui-ci furent produits.
Des caractéristiques uniques
La liste d’options pouvant être ajoutées à cette DeSoto est plutôt courte. La raison en est bien simple; l’équipement de série était complet. Il incluait notamment une peinture à deux tons, des couvercles de roues chromés, une radio, un système de chauffage, une horloge ainsi qu’un emblème de capot illuminé, s’il vous plaît!
En prime, DeSoto proposait quelque chose de plutôt rare pour 1950, soit une transmission dite semi-automatique. En effet, la transmission Fluid Drive était offerte de série sur les modèles Custom alors qu’il fallait débourser 121 $ supplémentaires pour en profiter sur les modèles Deluxe.
Le fonctionnement de cette dernière est particulier. À l’intérieur, la voiture a l’apparence d’une voiture manuelle, c’est-à-dire qu’elle est munie d’une pédale d’embrayage et qu’un levier, monté sur la colonne de direction, permet de sélectionner les trois rapports disponibles. Cependant, le système de la transmission Fluid Drive permet de ne pas utiliser l’embrayage pour monter ou descendre d’un rapport. Alors qu’on se trouve en première, par exemple, il suffit de relâcher la pédale d’accélération pour entendre le système passer en deuxième. Impressionnant quand même pour l’époque. Cependant, lorsqu’on doit monter ou descendre de deux rapports, on doit utiliser la pédale d’embrayage.
Néanmoins, puisque la voiture ne compte que trois vitesses, les déplacements en ville peuvent se faire uniquement en première et en deuxième. Ainsi, il est possible de conduire cette voiture en mode automatique.
Les publicités du temps faisaient état de cette petite merveille. On disait de la DeSoto qu’elle offrait « plus de joies durables que n’importe quelle autre voiture que vous ayez jamais eue et “elle vous permet de conduire sans changer de vitesses” ».
L’incomparable DeSoto, titrait la publicité d’où est tiré cet extrait.
Notre DeSoto 1950
C’est à San Francisco que notre collectionneur, Reynald Roy, a déniché cette perle. « Je n’ai pas vraiment eu le choix; il n’y en avait pas au Québec », d’expliquer ce dernier. Et pourquoi une DeSoto? « Parce que mon père en a eu deux alors que j’étais jeune. Je connaissais ces voitures et elles m’avaient toujours fasciné. »
C’est en 2006 que cette DeSoto a quitté la région de San Francisco pour faire le voyage vers le Québec. « La voiture n’était pas trop abimée, mais il lui manquait des pièces. Le moteur ne fonctionnait pas alors il a fallu la restaurer au complet. Ça n’a pas été facile, car les pièces sont difficiles à trouver. Dans le cas d’une des moulures de bas de porte, j’ai dû en faire fabriquer une », raconte Reynald Roy.
Pourtant, voilà déjà trois ans qu’il roule avec cette DeSoto qui, vous le devinez, fait un malheur partout où elle passe. « Les gens n’en reviennent pas de cette voiture-là. Ils disent qu’ils ne savaient pas que ça existait ce genre de modèle en 1950. »
Ça va peut-être changer. Reynald Roy nous expliquait lors de notre rencontre que sa DeSoto a été retenue pour être une des voitures « vedette » du film « Sur la route » dont la sortie est prévue pour le 23 mai prochain. Ce long métrage raconte la vie de Jack Kerouac.
Conclusion
Si vous possédez déjà une voiture ancienne, vous avez réalisé votre rêve. Pour tous les autres qui adorent les vieilles bagnoles, vous rêvez probablement au jour où vous mettrez la main sur la voiture de vos rêves. Une vieille Mustang, une magnifique Cadillac, un rutilant Muscle Car? Et pourquoi pas une DeSoto?
Je dois vous avouer avoir eu un coup de cœur pour ce palace roulant. L’attrait qu’exerce cette voiture sur nous lorsqu’on se trouve à ses côtés et assez extraordinaire. Sa prestance, son incroyable dimension, son design, bref, tout impressionne.
Cependant, avec un tel modèle, la patience est de mise. Les pièces ne se trouvent pas en criant ciseau.
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Fiche technique
Modèle : DeSoto
Version : Custom Sedan Suburban
Production : 623 (modèle identique à celui de Reynald Roy)
Prix : 3179 $
Poids : 4400 livres
Moteur : 6 cylindres en ligne de 237 pouces cubes
Puissance : 112 ch. @ 3600 tr/min
Couple : 204 lb-pi @ 1600 tr/min
Transmission : manuelle à trois vitesses (avec système semi-automatique Fluid Drive)
Modèles similaires de 1950 : Cadillac Coupe DeVille, Chrysler Town & Country Newport, Imperial Crown, Lincoln Cosmopolitan, Packard Custom Eight