Quiconque possède une voiture ancienne aime bien que son bijou présente quelque chose d’unique, que ce soit une version spéciale, une édition limitée ou une tout simplement peinte d’une couleur certaine de la rendre tout à fait singulière.

Cependant, pour être assurément différent, il n’y a rien de tel que de posséder une voiture qu’on ne retrouve tout simplement plus sur la route. 

Tenez, comme cette Toyota Corona par exemple. À l’évidence, les exemplaires en état de rouler se font rares. Quelques recherches sur Internet nous ont permis d’en retrouver quelques-unes, mais pour ce qui est de leur état, le mystère plane. 

La différence
Le nom Corona est moins connu dans l’univers Toyota que ne peut l’être celui de Corolla ou Camry, par exemple. Pourtant, la carrière de ce modèle s’est étendue sur plus de 40 ans, soit de 1957 à 2002. Cependant, son passage en Amérique du Nord a été plus bref. 

L’arrivée de la Corona en Amérique du Nord remonte du début des années 60. À l’époque, la voiture portait le nom de Tiara et avait pour mission de faire oublier le fiasco qu’avait été l’aventure de la Toyopet Crown aux États-Unis. La Tiara a réussi à galvaniser une certaine attention auprès des acheteurs. Elle demeurait alors la seule voiture offerte par le constructeur en Amérique du Nord. À ce moment, le seul autre produit Toyota offert aux consommateurs était le célèbre 4X4 Land Cruiser. 

Lorsque vient le temps de redessiner le modèle pour le millésime 1965, il adopte alors un nouveau nom : Corona. Ce dernier était livrable sous différentes configurations, soit berline à quatre portes, coupé à deux portes, fourgon à trois portes et familiale à cinq portes. Fait incroyable, mais vrai, deux versions camionnette de la Corona ont aussi été produites et livrées, principalement au Japon, en Australie et en Afrique du Sud. Quelques exemplaires à conduite à gauche ont été assemblés et livrés, notamment à Hawaï à l’époque.

En somme, on comprend que le modèle Corona visait à plaire à tout le monde. Toyota misait énormément sur lui pour s’implanter à travers le monde. 

Corona et Corolla
La ressemblance entre les deux noms est à s’y méprendre, au point où certaines personnes croient que la Corolla est venue remplacer la Corona dans l’histoire du modèle. Pourtant, les deux créations ont cohabité pendant plus de 16 ans sur le marché américain puisque la Corolla a été introduite en 1966 cependant que la Corona a tiré sa révérence en 1983. De plus petite dimension, elle permettait au constructeur de mettre l’accent sur l’aspect luxueux et plus spacieux de la Corona pour la rendre plus attrayante auprès du public américain. 

La Corona, c’était le grand luxe chez Toyota. 

L’édition 1972
La Corona a remporté un certain succès dans les années 70, tant du côté américain que du côté canadien. Nul doute que les crises pétrolières de 1973 et de 1979 l’ont aidé. Toujours est-il qu’en 1972, la Corona était bien implantée sur le marché et ceux qui n’avaient pas peur de la différence n’ont pas hésité avant de s’en procurer une. 

Deux versions figuraient au catalogue, soit une berline et un coupé. Les deux étaient livrés avec tout l’équipement nécessaire au point où seules deux options peuvent être ajoutées : la transmission automatique à trois rapports et une radio. Concernant la boîte automatique avec levier monté sur le bloc central, le dépliant du fabricant nous fait pouffer de rire en y allant d’une suggestion peu subtile pour le conducteur. On peut y lire : « Laissez-la changer les vitesses à votre place pendant que vous relaxez derrière le volant. »

Autre temps, autres mœurs. 

Quant à l’équipement standard, il comprenait une chaufferette à trois vitesses, des commandes d’essuie-glaces à deux vitesses, un odomètre de voyage, des témoins pour le système de freinage, un cendrier et une montre électrique. 

En outre, Toyota était fière d’annoncer que la vente de sa Corona s’accompagnait d’une garantie d’un an et de 20 000 kilomètres et que plus de 230 concessionnaires au pays étaient prêts à prendre soin de la voiture. En prime, on informait l’heureux propriétaire qu’il lui était possible d’obtenir une moyenne de 35 miles au galon au volant de sa nouvelle acquisition. Ça, c’est 6,7 litres aux 100 kilomètres. Pas mal, hein!

Notre Toyota Corona 1972
Notre Toyota Corona est entre les mains de son quatrième propriétaire depuis son achat. Cependant, nous pourrions dire qu’elle est demeurée au sein du même arbre généalogique tout au long de son parcours alors que des liens familiaux ont toujours marqué le passage d’un propriétaire à un autre. 

Ainsi, nous savons que la voiture a été achetée par Yolande Nadeau de St-Gédéon de Beauce en 1972. Elle a ensuite été léguée ou vendue à sa nièce qui elle, l’aurait refilé au conjoint de l’un des membres de sa famille, Yves Lapointe. Ce dernier est le cousin du propriétaire actuel de la voiture, Richard Lapointe, qui possède la Corona depuis 2009. 

Et le lien de famille est important dans l’aboutissement du parcours de cette voiture. « Si mon cousin ne l’avait pas possédé, il n’est pas certain que je l’aurais achetée », explique Richard Lapointe. « En fait, au moment de l’achat, mes deux garçons avaient 15 et 16 ans et je me disais que ce serait un beau projet que de faire de la mécanique avec eux. Ça m’a permis de découvrir que l’un d’eux avait la passion des voitures, l’autre non », ajoute-t-il en souriant. 

À l’achat, la voiture ne démarrait pas, mais se présentait dans son état original. La mécanique a donc été remise à neuf, ce qui a mis la patience de son nouveau propriétaire à l’épreuve plus d’une fois. « Les pièces sont très difficiles à trouver. Toyota Canada est au courant que cette voiture existe, mais c’est comme si on ne pouvait rien faire. » Richard Lapointe a réussi à trouver certaines pièces d’origine et il s’est fié au catalogue d’origine afin de respecter, justement, l’originalité de la voiture. « Heureusement qu’Internet existe », précise-t-il. Au niveau des réparations, mentionnons que le différentiel et la transmission ont aussi été remis à neuf. Ça signifie qu’au niveau du fonctionnement, cette Corona est pratiquement neuve. 

De plus, à l’intérieur tout était nickel. Seule la peinture aura besoin d’être refaite au cours des prochaines années, mais pour l’instant, ce n’est pas ce qui empêche Richard Lapointe d’ajouter des kilomètres à son petit bijou afin de participer à des expositions. 

Là, il s’amuse surtout de la réaction des gens. « J’ai droit à des pouces en l’air et à des félicitations. Les gens s’arrêtent pour voir la voiture. Ils me mentionnent tous qu’ils n’en ont pas vu depuis des lunes. »

Ils ne sont pas les seuls…

Conclusion
Cette Toyota Corona est une pièce de collection rarissime. Malheureusement, comme il semble que ce soit le lot avec les vieilles voitures japonaises, la recherche de pièces semble être une tâche des plus ardues, la culture asiatique quant à la restauration de véhicules n’étant pas comparable à ce qu’on peut observer ailleurs.

C’est certes dommage, mais ça rend cette Corona d’autant plus unique.  

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Fiche technique
Marque : Toyota
Modèle : Corona
Année : 1972 
Production : nd 
Prix : environ 2200 $ US  
Moteur : 4 cylindres de 2 litres
Puissance : 110 chevaux @ 5500 tr/min
Couple : 125 livres-pieds @ 3600 tr/min
Poids : 2170 livres
Transmission : automatique à trois rapports
Modèles similaires de 1972 : AMC Gremlin, Chevrolet Vega, Datsun 510, Dodge Colt, Ford Pinto, Mercury Comet, Mitsubishi Colt Gallant, Subaru Leone, Toyota Corolla