Apparemment, les automobilistes nord-américains sont d'indécrottables amateurs de performance brute et de chevaux-vapeur débridés. Ou alors, l'industrie automobile est tout simplement paresseuse.
Sinon, comment expliquer la facilité avec laquelle les grands constructeurs d'automobiles s'ajustent à la nouvelle loi américaine les forçant à vendre des véhicules neufs qui, à partir de 2016, ne devront consommer plus de 6,9 litres aux 100 kilomètres en moyenne?
Heureusement, l'industrie est sortie de sa paresse chronique, ou de son zèle excessif à satisfaire cette mince portion d'acheteurs qui ne jurent que par le vrombissement d'une grosse cylindrée reposant sous le capot d'une sportive pesant pratiquement deux tonnes.
Car depuis 20 ans, c'était la tendance absolue dans l'industrie : grossir les voitures, et plus encore leurs moteurs, afin de livrer des véhicules plus performants et plus costauds que jamais.
Or, ce qu'on voit depuis le début de l'année, c'est l'apparition soudaine d'une gamme complète de nouveaux modèles plus légers, plus modestes et, ô bonheur, consommant parfois jusqu'à 25 % moins de carburant que leurs prédécesseurs. Le changement est donc amorcé.
En plus, ce changement se fait sans que le prix des voitures neuves ne monte en flèche, l'autre spectre brandi par les critiques des mesures gouvernementales jusque-là. Regardez seulement la nouvelle Altima, de Nissan : elle présente la consommation d'essence d'une voiture compacte, a droit à toutes les technologies dernier cri, et le modèle 2013 coûtera 1600 $ de moins que son équivalent millésimé 2012.
C'est la même chose chez Chevrolet, Ford et la plupart des autres grandes marques.
En fait, selon les statistiques disponibles en la matière, seul un constructeur n'a pas encore renversé la vapeur du bon côté.
Chrysler.