La plupart des manufacturiers de véhicules au pays font la promotion de leurs véhicules d'occasion « certifiés ». Qu'est-ce qui les différencie des autres, et cela vaut-il le coût supplémentaire ?

Il s'agit d'un phénomène relativement nouveau, d'une niche qui était auparavant occupée par les marchands de véhicules d'occasion traditionnels et par un certain nombre de concessionnaires de véhicules croyant à la valeur de ce segment de l'industrie. Mais depuis quelques années, et afin de fidéliser une précieuse clientèle, la plupart des constructeurs ont mis sur pied des programmes spécifiques de mise en marché de leurs véhicules d'occasion.

La différence de prix d'un de ces véhicules « certifiés » récents par rapport à un autre trouvé dans le marché de l'occasion conventionnel avoisine souvent les 3000 à 4000 dollars supplémentaires. Mais pour faire avaler cette pilule monétaire, les concessionnaires officiels comptent dans leur manche plusieurs atouts. Comme nous l'a expliqué George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes, les constructeurs vont ainsi tirer profit de la deuxième et même de la troisième vente de ces véhicules, permise par la durabilité sans cesse croissante de ceux-ci. « C'est hallucinant qu'ils n'aient pas pensé à ça avant ! », s'étonne-t-il encore.

D'intéressantes caractéristiques de mise en marché
Il y a d'abord l'avantage de faire affaire dans un commerce de la marque du véhicule qui nous intéresse, et avec des vendeurs qui sont sensés connaître parfaitement leurs produits. L'édifice de même que le département de service après-vente sont d'un aspect plus agréable que ne le sont les commerces du domaine de l'occasion. De même, la plupart des constructeurs vantent leur soucis à vérifier plus d'une centaine d'éléments mécaniques et de remettre à niveau, s'il y a lieu, ces composantes. Aussi, ces véhicules à l'usure modérée sont vendus avec une garantie mécanique qui sera honorée dans tous les commerces de la marque au pays. Enfin, il est habituellement possible d'obtenir des plans de financement ou de location à faible taux d'intérêt comparables à ceux offerts pour un véhicule neuf.

Pendant ce temps aux États-Unis
Au moment d'écrire ces lignes, les constructeurs n'offrent pas encore gratuitement pour les consommateurs canadiens un programme d'entretien pour leurs véhicules certifiés, comme cela se fait couramment aux États-Unis. Évidemment, cela pourrait bien changer d'ici peu de temps et nous vous invitons à vérifier les sites des constructeurs pour vous assurer de l'avènement de tels programmes. Ceux-ci comportent habituellement les changements de filtres et d'huile, la rotation des pneus, ainsi que quelques vérifications et ajustements de base, et ce pour une durée moyenne de 24 mois.

Gérer la perception du risque
Plusieurs manufacturiers tentent de rassurer leurs clients à l'idée de se procurer un véhicule d'occasion en offrant la possibilité d'essayer celui-ci durant quelques jours, pour ensuite pouvoir le ramener pour l'échanger sans frais. Évidemment, plusieurs conditions s'appliquent, dont l'obligation de le ramener en parfait état et de ne pas parcourir plus d'un certain nombre de kilomètres.

Enfin, la plupart des marques offrent un programme d'assistance routière pour leurs véhicules certifiés, souvent comparable à ce qu'un consommateur peut obtenir pour un véhicule neuf ou en se procurant un abonnement auprès du CAA-Québec, par exemple. George Iny précise : « Dans les faits, le principal avantage pour les consommateurs est la perception du risque, qui est moindre dans le cas de ces véhicules d'occasion. »

Limites et clauses à vérifier
Autant le président de l'APA considère que l'avènement de ces programmes de véhicules certifiés est dans la plupart des cas une bonne chose pour les automobilistes, autant il souligne qu'il faut continuer à se tenir sur ses gardes. « Il n'y a pas par exemple de données compilées pour les véhicules ayant été accidentés. CarProof ne collecte pas ces informations pour le Québec. Alors même si l'on dit que le véhicule n'a pas été accidenté, ce n'est parfois pas le cas. Il faut continuer de faire faire une inspection par un technicien indépendant », souligne George Iny. 

Une autre affirmation qui peut porter à interprétation est le fait que ce ne sont pas les constructeurs qui vérifient et certifient  ces véhicules, mais bien leurs concessionnaires. « Il n'y a pas de suivi de la part des constructeurs. Ils ne font pas un bon travail de police parmi leurs marchands. Dans les faits, vous êtes à la merci de votre commerçant », ajoute-t-il. 

George Iny souligne que lors de l'achat ou de la location d'un de ces véhicules, il est plus important que jamais de faire effectuer une vérification et un essai routier par et avec un technicien de confiance. « Les petits trucs d'entretien comme la vérification des fluides et l'esthétique, ce n'est pas ce qui compte. Il faut s'attarder à la structure du véhicule, aux éléments qui comptent réellement. Et ça, c'est rarement ce que font les gens », regrette-il.

En outre, si les programme de garantie mécanique offerts gratuitement s'étendent souvent jusqu'à 160 000 kilomètres et sont respectés dans tous les concessionnaires de la marque en question au pays, il faut s'attarder à ce qu'ils comprennent. Souvent, la liste des composantes qui en sont exclues est plus longue que ce qui est réellement couvert. Un achat réfléchi après une bonne nuit de réflexion, une inspection, un essai routier et la lecture des documents liés au financement et à la garantie devraient aller de soi. Vous pensez avoir déniché la perle rare ? C'est fort possible, mais faites les vérifications d'usage avant de signer quoi que ce soit.

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