« Si vous deviez payer le « vrai prix » associé à chacune des composantes de votre véhicule, il n'y aurait tout simplement pas de concessionnaires. Pour qu'une entreprise demeure en affaires, elle doit être en mesure de dégager une marge bénéficiaire sur les produits qu'elle vent. »

En effet, le prix que vous payez ne correspond pas à ce qu'il en coûte vraiment pour produire votre véhicule; des frais viendront inévitablement s'ajouter à la facture.

Qu'on le veuille ou non, c'est ce qui arrive chaque fois qu'on achète un véhicule auprès d'un concessionnaire, et ce, qu'il s'agisse d'un véhicule neuf ou d'occasion.

Vous êtes toujours là? Excellent, passons maintenant en revue la liste des frais qu'un concessionnaire est susceptible de vous charger. Certains d'entre eux sont tout à fait raisonnables, mais d'autres le sont beaucoup moins, soit de par leur nature ou encore en raison de la façon dont ils vous sont présentés...

Frais de transport
Les frais de transport font maintenant partie du jargon habituel pour ce qui est des ventes de véhicules neufs. Peu importe l'appellation qu'utilisent les fabricants, il s'agit des frais associés au transport de votre véhicule entre l'usine et le concessionnaire.

Pourquoi le secteur de l'automobile a-t-il le culot de charger de tels frais, que nous acceptons par ailleurs de payer sans sourciller, alors que d'autres secteurs d'activité n'oseraient même pas imaginer une telle chose? Qu'on pense seulement aux ordinateurs personnels, aux électroménagers, aux meubles et j'en passe... Les frais de livraison associés à la plupart des produits sont toujours défrayés par l'entreprise qui les vend, qui les considère comme des frais d'exploitation normaux. 

Ça vous choque? Croyez-moi, je compatis sincèrement, mais je vous suggère de vous faire à l'idée. À part quelques exceptions, tous les concessionnaires chargent des frais de transport. Et ces frais ne sont pas négociables.

Les frais de transport s'élèvent à environ 1200 $ pour les petits véhicules, et peuvent même dépasser le cap des 2000 $ pour les véhicules plus imposants et les véhicules de luxe.

La bonne nouvelle, c'est que vous paierez la même chose, et ce, quelle que soit votre province de résidence (les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador paieront les mêmes frais que les habitants de l'Ontario ou de la Colombie-Britannique). De plus, ces frais sont indiqués sur le site Web des fabricants.

Comme les frais de transport associés aux véhicules dispendieux sont habituellement plus élevés, bien qu'ils aient la même taille que des véhicules plus abordables, certains consommateurs se demandent si les frais que chargent les concessionnaires sont vraiment réalistes.

« Si vous deviez payer le « vrai prix » associé à chacune des composantes de votre véhicule, il n'y aurait tout simplement pas de concessionnaires », affirme Rudy Engstrom, un courtier en automobiles de Vancouver (Vancouver Autobroker.com).  « Pour qu'une entreprise demeure en affaires, elle doit être en mesure de dégager une marge bénéficiaire sur les produits qu'elle vent. »


Frais d'inspection et de pré-livraison
Parfois, certains fabricants (p. ex. Hyundai) chargent des frais qui englobent à la fois les frais de transport et les frais d’inspection de pré-livraison. D’autres, comme Ford, chargent ces frais séparément. Le cas échéant, ne tentez pas de dénicher ces frais sur le site Web des fabricants, car ils varient d’un concessionnaire à l’autre. Mais sachez qu'ils oscillent habituellement entre 200 $ et 300 $.

Bien que certains consommateurs remettent régulièrement en cause la raison d’être de ces frais, qu’ils voient tout simplement comme une autre façon de gonfler la facture finale, M. Engstrom croit qu’ils demeurent raisonnables. « Les concessionnaires doivent effectuer une inspection technique de tous leurs véhicules, afin de s’assurer de l’absence de dommages et que le véhicule se comporte conformément aux normes établies par le fabricant. Et il y a des coûts rattachés à cette vérification. »

Frais administratifs
Dans certains cas, les concessionnaires de voitures neuves et d’occasion chargent des « frais administratifs » ou des « frais de documentation ». Il s’agit de frais spécifiques à chacun des concessionnaires, qui peuvent osciller entre 295 $ et 595 $, parfois davantage.

C’est d’ailleurs le cas de la plupart des concessionnaires de voitures d’occasion, mais cette règle ne s'applique pas nécessairement à tous les concessionnaires de voitures neuves. Plusieurs fabricants ont tenté de mettre fin à cette pratique, mais sans véritable succès.

« Lorsque vous réalisez que ces frais ont été ajoutés au prix que avez négocié, vous êtes en droit de les contester si vous jugez qu’ils ne sont pas justifiables, puis de recommencer le processus de négociation. »

En fait, plusieurs des concessionnaires affiliés à l'un des fabricants avec lequel M. Engstrom fait affaires dans la région de Vancouver ne chargent pas de tels frais, alors que d’autres ne s’en privent pas.

Mais s’il y a une chose sur laquelle tous les consommateurs s’entendent, c’est qu’ils détestent les frais administratifs.

« On entend régulièrement des anecdotes où des consommateurs furieux de se voir chargés de tels frais décident de claquer la porte et d’aller voir un tout autre fabricant » souligne M. Engstrom. « Je suis surpris que les fabricants continuent de tolérer de telles pratiques. »

Que ces frais viennent gonfler le prix du véhicule, va toujours. Mais ce qui irrite le plus les consommateurs, c'est que les concessionnaires n'en font mention qu'au moment de signer le contrat.

Le Conseil ontarien de commerce des véhicules automobiles est l’organisme de réglementation qui s’occupe de l’application de la Loi sur les commerçants de véhicules automobiles de l’Ontario. Chaque province diffère à ce chapitre, mais elles possèdent toutes une réglementation entourant la vente de véhicules automobiles. Et on fait souvent appel à ces organismes pour ce qui est de la légitimité des frais administratifs ou de documentation.

« En somme, ces frais font presque partie des us et coutumes de l'industrie. Les concessionnaires ont l’habitude de charger aux consommateurs certaines des dépenses qu’ils encourent. Ces frais ne sont pas illégaux à proprement dit, mais rien ne vous empêche de demander à ce qu'ils soient retirés lors des négociations. »

Les provinces du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ont toutes introduit récemment des réglementations qui obligent les concessionnaires et/ou les regroupements de concessionnaires à divulguer tous les frais obligatoires, y compris les frais administratifs, lorsqu’ils annoncent leurs prix de vente. 

Petits extras obligatoires
Bien qu’on ne puisse parler de « frais », il faut tout de même savoir que les concessionnaires équipent bien souvent tous leurs véhicules d’une foule de gadgets et d’options. Si vous achetez une de leurs voitures, vous risquez de vous retrouver avec ces options. 

Par exemple, le concessionnaire gonflera les pneus à l’azote et effectuera le burinage des vitres (un processus qui consiste à graver chacune des vitres afin de décourager les voleurs, qui devraient changer toutes les vitres avant de pouvoir revendre la voiture), et ce, que vous le vouliez ou non. Quant aux pneus gonflés à l’azote, vous n’en avez probablement pas besoin, à moins que vous ne conduisiez un bolide de course comme la Nissan GT-R.

Taxes et impôts gouvernementaux
Bien sûr, il faut également prévoir les différentes taxes comme la TPS (ou TVH) et la TVQ, la taxe sur l’air climatisé (100 $), en plus des impôts provinciaux comme le recyclage des batteries, des pneus, etc. De plus, vous devrez payer une surtaxe si votre véhicule pèse plus de 2007 kg.  

D'ailleurs, voici le barème pour ces véhicules énergivores, qui consomment en moyenne 13 L d’essence ou plus aux 100 km :

* au moins 13 L aux 100 km, mais moins de 14 L aux 100 km : 1000 $
* au moins 14 L aux 100 km, mais moins de 15 L aux 100 km : 2000 $
* au moins 15 L aux 100 km, mais moins de 16 L aux 100 km : 3000 $
* 16 L aux 100 km ou plus : 4000 $

Libre à vous de demander à ce que ces frais ne vous soient pas chargés, mais vos chances de réussir sont à peu près nulles.

Frais imputables à l’acheteur
On parle ici des frais qui, de façon entièrement légitime, doivent être payés par l'acheteur d'un véhicule, ou par celui qui compte en faire la location : les frais de transfert de propriété, les plaques d’immatriculation, les autocollants de renouvellement de même que les frais associés à l’enregistrement du prêt automobile ou du contrat de crédit-bail.

Plein d’essence
Certains concessionnaires vous chargeront des frais pour le plein d’essence. Or, ces frais ne sont pas vraiment des frais additionnels. En effet, ils servent à payer quelque chose de tout à fait tangible : l'essence. Celle-là même qui vous permettra de quitter le stationnement de ce cher concessionnaire.

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