Genève, Suisse – Nous sommes au mois de mars 2012. Je profite des quelques heures de temps libre qu’il me reste pour prendre une petite marche dans la splendide ville de Genève avant de me rendre à la soirée de présentation du groupe Volkswagen qui précède l’ouverture du salon de l’auto de Genève. Seul avec ma caméra (en bon touriste que je suis), j’entends soudainement une voix un peu criarde qui me lance un « Antoèèèène!!!! ». En me retournant, j’aperçois mon ami et collègue Pierre Michaud, assis sur la banquette arrière d’une Audi A7 TDI. Il me dit d’un ton excité : « Embarque, je t’amène voir quelque chose que tu ne regretteras pas ». Un peu hésitant en raison des effets du décalage horaire, je cède…(parce que Pierre a le don de convaincre les gens…).
Une fois à bord de l’Audi, il me présente son ami français, Emmanuel Dupré, réalisateur et caméraman sur la populaire émission automobile Turbo, sur la chaine M6. Ce gars fort sympathique réservait une surprise à Pierre, dont il ne se doutait même pas. Et c’est cette surprise qui m’attendait également.
Emmanuel nous amène donc à Lausanne, en banlieue de Genève, dans un petit quartier un peu en retrait, et où on ne pourrait jamais se douter ce qui s’y trouve. Il immobilise la voiture au bout d’un petit cul-de-sac où se trouve une maison à priori bien simple, mais devant laquelle est garée une splendide Aston Martin Vanquish S. Disons que…ça donnait le ton sur ce que nous allions découvrir.
La découverte…
Quelques instants plus tard, un homme sort de la dite maison. Il s’agit de Jean-Pierre Slavic, propriétaire des lieux, et de l’Aston Martin, bien sûr. Très sympathique, il nous accueille et nous invite à pénétrer dans ce qui finalement, n’a rien d’une maison. Il s’agit plutôt d’un musée personnel, où la passion automobile prend carrément une autre dimension.
Au premier étage, les centaines de répliques et modèles réduits, pour la plupart de Ferrari, laissent deviner ce qui s’en vient. Plusieurs Formule 1 célèbres, ainsi que les plus mythiques voitures de la marque italienne s’y trouvent, toutes bien exposées. Certaines sont accompagnées de fiches explicatives, d’autres ont des dédicaces. Bref, voilà une collection qui me fait saliver. J’en suis même bouche-bée.
Un peu plus au fond, on retrouve quelques élégants fauteuils de cuir, entourés de diverses décorations d’ordre mécanique. Cependant, le clou de l’endroit demeure incontestablement cette Fiat Abarth 695, LA voiture avec laquelle l’aventure automobile de Jean-Pierre Slavic a débutée. Il s’agit de sa toute première voiture qu’il a possédée à l’âge de 16 ans. Il l’avait vendue il a de cela bien longtemps, mais a réussi à la retrouver pour se la réapproprier.
La descente de l’escalier
Vient ensuite le temps de nous diriger vers le sous-sol. À ce moment, Emmanuel nous demande d’attendre un instant. Il souhaite descendre d’abord et s’installer avec sa caméra pour qu’il puisse capter notre réaction initiale à la vue de ce qu’on nous découvrirons, quelques minutes plus tard.
Nous devons descendre sur un escalier de métal noir, très large, lequel tourne vers la droite histoire de garder la surprise jusqu’à la dernière minute. Il est d’ailleurs littéralement impossible de voir d’en haut ce qui se trouve à la « cave ». Au moment de descendre, un éclairage tamisé se met en marche, de même qu’une douce musique d’ambiance. Et puis…c’est l’extase….
Pierre et moi arrivons devant une collection carrément hallucinante de 26 Ferrari, toutes de couleur rouge, et qui reposent sur un plancher noir lustré, créant un effet miroir extraordinaire. Au moins quatre fois plus vaste que ce que la maison extérieure laisse deviner, ce sous-sol pourrait très facilement abriter tout près d’une centaine de voitures. Les murs sont peints en noir mât, le plafond aussi. Et on retrouve au dessus de chaque voiture, une bouche de ventilation spécialement conçue pour éviter une quelconque accumulation de poussière.
Derrière chacun des bolides se trouve aussi une plaque de verre, faisant état des grandes lignes historique de la voiture. Des voitures qui, évidemment, n’ont rien de banales…
On y retrouve notamment une paire de 512 Berlinetta Boxer (une à carburateur, l’autre injectée), une paire de Dino 246 GT, une 365 GTS4 Daytona Spyder, une 365GTB4 Daytona coupé, une 275 GTB4 Spyder ainsi que la pièce de résistance, une 250 GTO 1962. Oui, vous avez bien lu…
Quant à moi, c’est assurément la 288 GTO, symbole mythique de la voiture exotique des années de ma jeunesse, qui m’a fait le plus saliver. Car au-delà des quelques 34 millions de dollars que valent la 250 GTO, chaque amateur de Ferrari s’amourache d’un modèle en particulier, sans qu’une question monétaire ne soit impliquée. Et pour ma part, c’est la 288 GTO.
Tellement sous le charme que mon corps ne suit plus...
Pierre et moi avons passé deux bonnes heures à contempler et discuter avec M. Slavic. Pierre a réalisé une entrevue pour l’émission RPM alors qu’en marge, j’assistais à un moment que je qualifierais presque de surréaliste. J’en étais tellement impressionné qu’au moment de quitter, une fatigue vive s’emparait de mon corps. Bon, il y avait peut-être encore les effets du décalage horaire, mais si peu…
Avant de quitter, M. Slavic nous a généreusement offert un livre qu’il a lui-même fait faire et dans lequel se trouvent un peu de son histoire, ainsi que l’ensemble de sa collection de voitures. Il a reconnu en nous la passion de l’automobile, ce qui je crois, nous a permis de passer un si long moment avec lui. Et juste au moment de franchir la porte, il m’a tout bonnement demandé ce que je conduisais personnellement. « NOOOONNNNNNN, tout mais pas ça», me suis-je dit en moi-même…et puis, je lui ai honnêtement répondu que je possédais une vieille Toyota Supra, une Honda Civic, et une camionnette Chevrolet, juste au cas où il aurait eu l’intention d’échanger sa 288 GTO un des mes trois rutilants bolides!
Mais qui est Jean-Pierre Slavic?
Classé parmi les 300 hommes les plus riches d’Europe, il a fait fortune dans le monde de l’horlogerie, étant aussi issu d’une famille elle-même très riche. Père de cinq enfants, il se décrit lui-même comme un collectionneur maladif, ayant une passion viscérale pour l’objet. Il se dit anormal dans la mesure où il n’est absolument pas normal de posséder tout près d’une centaine de voitures de collection. Car non, les Ferrari qui se trouvent dans ce musée ne sont pas les seules qu’il possède. Vous ne voyez là qu’une partie de ses Ferrari rouges, d’autres étant bien chaud dans un endroit gardé secret.
M. Slavic possède d’ailleurs, mis à part ses Ferrari, de très beaux exemplaires d’Alfa Romeo, d’Aston Martin (DB2 convertible Vantage, DB4 Zagato), de Bentley, de Bugatti (EB 110 GT, Veyron), de Jaguar, de Maserati, de Mercedes-Benz, de Porsche, etc…
Il s’est même plié à se procurer une Lamborghini, même s’il n’affectionne pas vraiment cette marque. Mais pas n’importe laquelle. C’est une Miura…
Pour plus de détails, je vous invite à visiter son site web, lequel vous fera découvrir son entière collection de voitures. Vraiment, à faire rêver…
http://slaviccollection.com
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Certains hommes ont cette chance de pouvoir vivre leur passion sans aucune limite. C'est certainement le cas de M. Jean-Pierre Slavic, qui a bien voulu nous faire découvrir une collection automobile aussi unique qu'extraordinaire.













