L’Impala, c’est la voiture prestigieuse que tout Américain est en mesure de se payer. Voilà comment Ed Cole, l’ingénieur en chef de Chevrolet au milieu des années 50, décrivait les premières Impala. Introduit pour le millésime 1958, ce modèle allait, en moins de 10 ans, devenir le plus vendu en Amérique.
Sa production allait demeurer ininterrompue jusqu’en 1987, reprendre brièvement au cours des années 90 (1994-1996) pour revenir définitivement en 2000. Le modèle actuel ne possède plus le cachet de celui d’antan, d’accord, mais sans son nom, c’est à se demander s’il existerait encore.
Ça donne une idée de l’aura qui l’entoure.
Succès rapide
L’Impala s’avère un modèle populaire dès son introduction, en 1958. Son design représentait une brisure avec le passé et la réaction du public fut positive. Cependant, ce premier modèle demeure le seul de la première génération. En effet, dès 1959, une deuxième génération d’Impala voyait le jour, elle qui profitait d’un tout nouveau châssis qui faisait aussi ses débuts un peu partout à travers les divisions de GM.
Les amateurs n’ont pas le temps de s’habituer alors que dès 1961, la troisième génération du modèle Impala était introduite. Heureusement, l’horizon réservait un peu plus de stabilité.
Explosion des ventes
Déjà populaire, l’engouement envers le modèle devient exponentiel au début des années 60. Le tout culmine avec un record absolu de vente en 1964 alors que plus d’un million d’unités sont vendues, soit 1 074 925 plus exactement. Un simple hasard? Absolument pas. En 1965, Chevrolet récidivait en vendant 1 046 500 Impala. Ça commence à être de la bagnole.
Un simple coup de chance alors? Non. Un coup de génie, plutôt. Il faut comprendre que son prix, plus bas que celui de modèles similaires du côté de Pontiac, Buick et Oldsmobile, plaisait énormément.
Autre détail à ne pas négliger : les voitures pleine grandeur connaissaient une popularité monstre à cette époque et si Chevrolet écoulait des Impala comme des petits pains chauds, ses concurrentes n’étaient pas en reste. Ford vendait sa part de Galaxie et Plymouth sa part de Fury.
La sauce Chevrolet se voulait plus populaire, tout simplement. Ce qui est ironique, c’est qu’aujourd’hui, ce sont les voitures de petites dimensions qui sont plus abordables et non l’inverse.
Une année, un modèle
Les plus vieux vous le diront. Ce qu’ils appréciaient des voitures à l’époque, c’était que chaque millésime était différent de l’autre. Ainsi, lorsqu’une personne se procurait une voiture neuve, tout le monde le savait. C’était un élément de fierté. En conséquence, lorsqu’on observe de près les modèles Impala des années 60, on remarque qu’il n’y en a pas deux identiques. Et de tous ces derniers, de l’avis de plusieurs, c’est l’édition de 1963 qui est la plus belle.
Le style parfait?
Les modèles de l’année 1963 s’inscrivent dans la génération 1961 et 1964. D’importantes modifications esthétiques leur avaient été apportées, notamment au niveau de la coupe du toit (version sans montant), des flancs qui étaient plus sculptés et des extrémités qui étaient plus pointues, accentuant l’effet de longueur de la voiture. Les modèles de cette année-là figurent parmi les plus recherchés par les collectionneurs.
SS
En 1961, l’Impala Super Sport (SS) était introduite sur le marché. Outre quelques décorations qui permettaient de la différencier des autres modèles, c’est surtout sous le capot qu’elle offrait quelque chose de plus. En effet, GM introduisait un nouveau moteur de 409 pouces cubes proposant l’affolante puissance de 425 chevaux. Ce moteur a tellement marqué l’imaginaire que les Beach Boys en ont fait le titre d’une de leurs chansons. Dès l’année suivante, les modèles SS pouvaient être équipés de n’importe lequel des moteurs de la gamme.
En 1963, la sélection de l’option SS ajoutait à l’Impala des appliques d’aluminium autour des feux arrière, des emblèmes SS un peu partout sur la voiture, des sièges baquets à l’avant ainsi qu’une console centrale.
Sur une note amusante, il est intéressant d’apprendre que la cinquante millionième voiture produite par GM était une Impala SS 1963. Cet exemplaire aurait été assemblé le 10 juin 1963 à l’usine de Tarrytown dans l’état de New York, et c’est Nelson Rockefeller, alors gouverneur de cet état, qui l’aurait conduite le premier.
Notre Impala SS 1963
La première voiture qu’a possédée Renald Poulin dans sa vie était une Chevrolet Impala SS 1963. « J’avais 21 ans à l’époque et je commençais à peine à conduire; mon père n’avait pas voulu signer pour que je puisse obtenir mon permis de conduire avant », se rappelle en riant notre collectionneur.
C’est pourquoi il craque le jour où, présent à l’encan de voitures de la ville de Barrie, en Ontario, il aperçoit cette Impala SS sur la tribune. « J’avais 1500 $ dans mes poches. Je ne m’étais pas rendu là pour acheter une voiture, mais simplement pour assister à l’encan; on m’en avait raconté beaucoup de bien. »
Le problème, c’est que le propriétaire demandait 4500 $ pour son Impala SS. « Mon ami avait aussi 1500 $ dans ses poches alors j’ai approché le propriétaire avec 3000 $ en me disant qu’il accepterait bien que je lui verse la différence à l’aide d’un chèque. Il a accepté! »
Le transfert des titres s’est fait dans la région de Toronto et la voiture a pris la route du Québec, conduite par Renald Poulin. « Elle était encore dans un état potable, même si légèrement défraîchie. »
Cet achat s’est fait en 1987. Dès lors, Renald Poulin participe à différentes expositions avec la voiture. Partout, il entend la même rengaine : « il y aurait ça à faire, et ça aussi, etc. » Tout ça le chicote. En 1989, la restauration de la voiture est amorcée et se termine à l’hiver 1990. Depuis, elle est dans l’état où elle se trouve aujourd’hui.
En conséquence, elle en a vu du chemin au cours des 20 dernières années. « Partout où je passe, ce qui me fait le plus plaisir, c’est de voir le visage des gens; de voir ce que la voiture leur rappelle. Lorsque je leur propose de s’asseoir à l’intérieur, il faut voir leur réaction; ça n’a pas de prix », conclut Renald Poulin.
Conclusion
L’Impala n’a pas seulement contribué à faire de Chevrolet la marque no 1 en matière de ventes en Amérique, mais aussi la marque no 1 dans le cœur de plusieurs amateurs.
Aujourd’hui, ils sont nombreux à rêver de posséder un jour leur Impala de collection. Pariez qu’ils sont tout aussi nombreux à rêver à un modèle 1963.
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Fiche technique
Modèle : Chevrolet Impala
Version : SS
Année : 1963
Production : environ 832 600 Impala dont 153 271 versions SS
Prix : 2667 $ US
Quelques options disponibles : moteur 409 de 425 chevaux (484 $), climatisation (364 $), ceintures de sécurité avant (19 $), peinture deux tons (16 $), tableau de bord rembourré (18 $), radio à boutons-poussoirs (57 $), volant de luxe (4 $).
Moteur : V8 de 327 pouces cubes
Puissance : 250 chevaux
Transmission : Powerglide à deux vitesses
Poids : 3265 livres
Modèles similaires de 1963 : Buick Invicta, Dodge Custom 880, Ford Galaxie 500 XL, Mercury Monterey, Oldsmobile Starfire, Plymouth Fury, Pontiac Parisienne