Notre film vedette de cette semaine, soit vous n’en avez jamais entendu parler, soit vous l’écoutez une fois par année. Véritable œuvre culte sur le phénomène de la poursuite automobile, Dirty Mary, Crazy Larry (DMCL) a été réalisé grâce à un petit budget et est devenu l’un des longs métrages les plus lucratifs de son époque en matière de retombées. Encore aujourd’hui, lorsqu’on demande aux amateurs de dresser une liste des 10 films de poursuite qu’ils préfèrent, DMCL est plus souvent qu’à son tour au cœur de cette liste.
Est-ce que cette place est méritée? C’est ce que nous voulions découvrir en l’examinant d’un peu plus près.
Un film de série B
DMCL est un film de série B au sens le plus strict du terme : un budget très limité, un réalisateur ayant peu d’expérience, des acteurs triés sur le volet, des cascades souvent réalisées par ces derniers, un horaire de tournage serré, bref, le genre de film qu’un peu tout le monde accepte de faire parce qu’ils doivent bien survivre.
On souhaite qu’il remporte un certain succès, mais on ne s’y attend pas.
Pour interpréter les quatre personnages principaux du film, le réalisateur John Hough, qui n’avait comme seule expérience que la direction d’unités secondaires lors de tournages télévisés, s’est assuré les services de Peter Fonda qui incarne Larry. Il est secondé de Susan George, qui joue Mary, d’Adam Roarke, qui interprète son complice, Deke, et de Eugene Daniels qui à son tour prend la peau de Hank, le policier qui est à la poursuite du trio de délinquants.
Mis à part Peter Fonda, la distribution regroupait plusieurs inconnus. Certes, ces acteurs s’étaient illustrés à gauche et à droite, mais on ne parlait pas de grandes vedettes à l’époque.
Fait amusant, lors de la négociation de son contrat, l’actrice Susan George s’est fait offrir, plutôt qu’un montant forfaitaire, une part des recettes du film. Son agent lui a conseillé de prendre le montant. L’actrice raconte la suite : « L’agent de Peter Fonda lui a conseillé de prendre une part des recettes. Je pense qu’il aurait pu cesser de travailler par la suite. »
Ingrédients parfaits
Si tout était en place pour la réalisation d’un film de série B, tous les ingrédients étaient aussi réunis pour faire de ce dernier un succès, surtout à une époque où le cinéma venait de nous livrer des films mémorables de poursuite automobile comme
Bullit,
Vanishing Point et
The French Connection.
Le style plaisait. Il plaît encore!
Ainsi donc, DMCL raconte l’histoire de trois personnages, Mary, Larry et Deke, qui sont pris en chasse par un service complet de police dont les unités sont dirigées par celui qu’on connaît sous le nom de Hank.
Larry, c’est le jeune qui rêve de courir dans la série de courses Nascar. Deke, c’est son mécanicien, son conseiller, son complice de tous les jours. À court de fonds pour réaliser leur rêve, les deux hommes décident de dévaliser un super marché, question d’amasser rapidement les sommes dont ils ont besoin pour participer à l’épreuve la plus prestigieuse en Nascar, les 500 miles de Daytona. Le plan est simple. Deke s’introduit dans la demeure du gérant du super marché afin de prendre en otage sa femme et sa fille. Pendant ce temps, Larry se rend au super marché et invite le gérant à lui remettre le contenu du coffre-fort de son magasin, à défaut de quoi il ne reverra pas ses proches vivants.
Larry réussit à mettre la main sur le magot qu’il convoitait. Mais voilà qu’au moment où il se rend à son véhicule pour s’enfuir, Mary est à bord. Mary, c’est la fille avec qui il a passé la nuit précédente. Cette dernière n’accepte pas d’avoir été laissée pour compte et menace de parler. Ainsi, lorsque Larry passer chercher Deke avant de partir en cavale, les deux complices doivent composer avec Mary. Crazy Mary en fait. Eh oui, elle est cinglée pour vrai.
Deux voitures principales
Chose intéressante à propos de DMCL, c’est que le trio d’extorqueurs utilise deux voitures pour réaliser sa défilade. La première est une Chevrolet Impala 1966 et la deuxième est une Dodge Charger 1969. Vous aurez deviné que leur plan incluait un changement de voitures.
Au fait, les deux hommes tenteront de larguer Mary en quelques occasions, mais en vain. Cette dernière se révèle être une véritable sangsue.
Au sujet des deux voitures utilisées, on remarque de nombreuses erreurs dans le film. Disons qu’on s’y attend d’un film de série B. En même temps, certaines sont tellement flagrantes qu’il n’aurait fallu que d’un peu d’effort afin de les éviter. Par exemple, on note que trois Dodge Charger ont été utilisées pour les scènes impliquant ce modèle. La gaffe, c’est qu’on a utilisé trois modèles différents. Pire encore, une des voitures était d’une autre année!
À un moment donné, sur une même séquence, deux modèles de deux années différents sont utilisés. En 1968, la grille avant de la Charger n’est pas séparée au centre. En 1969, oui. Quant aux deux modèles 1969 utilisés, l’un d’eux est une version RT alors que l’autre ne l’est pas.
Amusant, plutôt.
Quant aux Chevrolet Impala, trois modèles auraient aussi été utilisés, mais les différences sont beaucoup moins visibles. Aussi, le véhicule est-il moins sollicité.
Une fin surprenante
La fin de DMCL est plutôt unique, surprenante. Si vous n’avez jamais vu le film, soyez avertis que les dernières photos de la galerie en dévoilent le secret. Si on vous vend le punch, soudainement, le visionnement de ce classique perd une bonne partie de son sens.
À vous de juger.
Ce qu’on peut vous affirmer, c’est qu’on ne voit pas venir la fin. Vraiment pas!
Ne serait-ce que pour ça, DMCL mérite une place de choix dans le registre des meilleurs films de poursuite… de série B.
Conclusion
Un classique, DMCL. Oui, sans aucun doute. Il faut bien sûr se remettre dans le contexte de l’époque pour apprécier, mais une fois que c’est chose faite, on se laisse aller et on passe un excellent moment.
Et, soit dit en passant, concernant la performance de Susan George, son personnage de Mary a un je-ne-sais-quoi…
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Fiche technique
Titre original : Dirty Mary Crazy Larry
Version française : Larry le dingue, Mary la garce
Année : 1974
Date de sortie : 17 mai 1974
Réalisateur : John Hough
Durée : 93 minutes
Acteurs principaux : Peter Fonda (Larry), Susan George (Mary), Adam Roarke (Deke) et Eugene Daniels (Hank)
Budget : 2 000 000 $
Recettes : 28 401 735 $ (1974)
Voitures vedettes : Chevrolet Impala 1966, Dodge Charger 1968 et 1969, Dodge Polara et Chevrolet C-10 1962