L'automne dernier, le service d'autopartage québécois Communauto célébrait ses quinze ans. Fondée à Québec en août 1994 par Benoît Robert, l'entreprise, qui s'appelait alors Auto-Com, a grandement évolué, comptant aujourd'hui plus de 20 000 membres. 

Ils se partagent un parc automobile composé de plus d'un millier de petites voitures, réparti entre 310 stationnements situés à Québec, Sherbrooke, Gatineau et Montréal. Pas mal, pour un projet étudiant lancé à l'aide de quatre petites Firefly, de Pontiac!

À l'échelle mondiale, le service d'autopartage connaît aussi un certain succès. C'est plus évident en Europe, où les réseaux de partage de véhicules sont populaires, probablement en raison de la densité des grands centres urbains. En France, en Suisse et en Allemagne, on trouve des services similaires à celui qu'offre Communauto au Québec. 

On en trouve aussi aux États-Unis. Au total, plus de 300 000 personnes dans le monde sont des usagers de ces services, répartis dans plus de 650 villes. Ce n'est pas rien.

Atout écologique
D'un point de vue strictement écologique, on peut présumer que ces services contribuent à réduire les émissions polluantes générées par le secteur des transports.

Selon des calculs effectués par Tecsult, au profit de Communauto, chaque usager du service québécois émet 1,2 tonne de CO2 de moins chaque année. Si on présume qu'il en va de même pour les 280 000 autres adeptes d'autopartage dans le monde, on conclut qu'il s'émet 360 000 tonnes de gaz carbonique de moins, chaque année, grâce à l'autopartage.

C'est quand même pas si mal.

Dans un avenir proche, on peut imaginer que ces services pourraient être tentés par les nouvelles technologies automobiles. Pensons aux voitures électriques, ces petites voitures qui commencent à faire leur apparition un peu partout dans le monde.

Avec une autonomie de 250 kilomètres, une petite i-MiEV comme celles que Mitsubishi et Hydro-Québec mettront à l'essai dès l'automne prochain, à Boucherville, serait une candidate idéale pour ce type de service.

Ça réduirait encore plus l'impact environnemental des automobilistes qui préfèrent cette option à celle d'acheter une voiture neuve.

Au tour des constructeurs
Certains fabricants d'automobiles ne sont pas insensibles à ce phénomène. En fait, au moins un constructeur, le français Peugeot, va même plus loin, proposant à ses clients dans certaines localités de l'Hexagone la possibilité de louer une voiture, un scooter ou même un vélo, dans le cadre d'un programme d'essai de que la direction de l'entreprise appelle de la « mobilité durable. »

Ce n'est pas une aubaine (louer une petite voiture pour une journée coûte l'équivalent de 85 $), mais c'est un début. Limité à quelques villes françaises, ce service, appelé « Mu by Peugeot », pourrait être offert à Paris, Berlin et Amsterdam plus tard en 2010.

Renault, un autre constructeur français, est également intrigué par ce phénomène. Les Français aiment les expressions ronflantes, alors chez Renault, la division consacrée aux nouvelles offres de mobilité devra se pencher sur la faisabilité d'un modèle de « mobilité plurielle », où le client est moins un acheteur qu'un utilisateur de différents moyens de transport, adaptés à ses besoins du moment.

Évidemment, ce n'est pas demain la veille que Toyota, disons, rachètera une entreprise comme Communauto, aussi profitable soit-elle. Surtout pas en Amérique du Nord, où la priorité des constructeurs est claire, nette, précise et immuable : vendre des autos neuves. 

Mais ça pourrait devenir intéressant, de ce point de vue : pour une partie de la population des grandes villes, des universitaires, par exemple, posséder une voiture, ça coûte trop cher. Dans ce contexte, l'autopartage est donc une alternative sensée…