Règle générale, la presse automobile a reçu avec enthousiasme la Veloster, introduite il y a à peine 15 mois par Hyundai. L’audace de l’entreprise, notamment en matière de design, a été saluée. A aussi été encensé l’excellent rapport qualité/prix de l’offre, mais ça, on commence à y être habitué. 

J’étais au lancement de ce modèle en septembre 2011. Mon opinion n’a pas changé. Le produit a le mérite d’être différent et demeure abordable; la Veloster est une petite voiture intéressante. 

Intéressante, oui, mais pratique, non. Il ne faut quand même pas charrier. 

La principale critique qu’avait dû essuyer le bolide à l’époque avait trait à sa puissance, jugée trop modeste pour la carcasse. Aussi, en considérant son allure sportive... 

En vérité, la Veloster n’a rien de sportif. 

Habile stratégie
Dès septembre 2011, plus de puissance était réclamée. Pendant ce temps, Hyundai riait dans sa barbe en coulisse; dame rumeur faisait déjà état de l’arrivée éventuelle d’une version turbo. 

Le constructeur préparait un grand coup. 

C’est ce qu’on appelle maîtriser l’art de la stratégie. On vous fait goûter un bon plat en vous faisant miroiter la pièce de résistance qui sera servie subséquemment.

L’anticipation créée n’est que plus forte. 

Mais attention, cette dernière peut avoir l’effet d’un couteau à deux tranchants. Si la pièce ultimement servie est à point, les fleurs suivent. Sinon, c’est le pot qui est tout indiqué. 

En ce qui me concerne, Hyundai mérite ici un pot; un gros pot. 

Les fleurs, d’abord…
Avant de vous le décrire, ce pot, allons-y avec les fleurs. L’allure de cette Veloster est toujours à point, même si on ne comprend toujours pas l’idée ou l’utilité du design à trois portes. La version turbo met de l’avant un faciès plus pimpant, plus affirmé, résultat d’une calandre toute noire à l’allure méchante. À l’arrière, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, les pots d’échappement centraux laissent présager une belle utilisation de la musculature de la bête. 

À l’intérieur, la présentation visuelle est toujours de bon goût. Bref, sur le plan du style, la donne n’a pas changé; la Veloster demeure une voiture singulière au style audacieux.

Sous le capot, on a greffé un turbo à la mécanique à 4 cylindres de 1,6 litre, ce qui a fait grimper la puissance de 138 à 201 chevaux. Le couple est quant à lui passé de 123 à 195 livres-pieds. À mon humble avis, c’est bien suffisant. La suspension n’a quant à elle pas été retouchée. Seuls le ratio de la direction et la taille des freins ont été modifiés afin de donner plus de mordant à la conduite et au freinage de la voiture. 

Sur papier, ça va. 

Voilà pour les fleurs…

Maintenant, le pot. 

Amère déception
Vous savez, parfois on possède tous les ingrédients d’une recette, mais à l’exécution, ça se gâte. Le plat peut avoir l’air succulent, mais il peut laisser un goût amer dans la bouche. 

C’est exactement ce type de goût que laisse la Veloster turbo. Si les ingrédients sont là, la recette, elle, a besoin d’être revue. 

Ça se gâte dès qu’on monte à bord. En prenant place dans une voiture aux prétentions sportives, la première chose qu’on recherche, c’est de pouvoir se donner une bonne position de conduite. Première lacune. Les baquets ne sont pas assez enveloppants et l’assise ne peut être suffisamment ajustée, de sorte qu’on se retrouve dans une position peu confortable pour « piloter » la voiture. 

Ça ne s’améliore pas dès les premiers tours de roue. On découvre une boîte manuelle qui n’est pas un exemple de douceur à l’usage. Quant à l’excellente boîte automatique à double embrayage que l’on retrouve sur la Veloster de base, elle n’a pu être greffée à l’ensemble, incapable de gérer le couple, dit-on. Ainsi, on doit se contenter de la boîte automatique à six rapports de l’Accent. 

Le pire, c’est que ça se gâte lorsqu’on pousse un peu la voiture. Sur le modèle de base, la suspension montrait quelques signes de faiblesses sur revêtement cahoteux. Imaginez alors cette même suspension servant un bolide qu’on a tendance à malmener un peu plus et qui est de surcroît chaussé de mauvais pneus de 18 pouces à profil bas signés Kumho. 

Concrètement, voici ce que ça donne. Lorsque vous circulez en ligne droite, la voiture cherche constamment à suivre les imperfections de la route. En conséquence, on passe son temps à corriger la trajectoire, ce qui devient rapidement agaçant. Pire encore, en virage sur surface bosselé, le train arrière sautille tellement que les pneus quittent momentanément la chaussée. 

Pas très sécuritaire, si vous voulez mon avis. 

Le pire, c’est que cette voiture s’adresse à une clientèle plus jeune, généralement moins expérimentée au volant. Rien de rassurant. 

Ajoutez à cela que la direction n’est pas hyper précise et qu’on retrouve toujours un jeu au centre. Désagréable que je vous dis! 

Il y a quatre ans, en 2008, un ingénieur de Hyundai, Michael Handy pour ne pas le nommer, m’avait mentionné que la compagnie savait qu’elle avait un problème à résoudre avec ses directions. Quatre ans plus tard, la solution se fait attendre. 

Bref, tout compte fait, ça ne tient pas la route, et ce, dans les deux sens du terme. 

L’impression que tout cela me donne, c’est qu’on a voulu offrir une version turbo de la Veloster simplement pour la forme. On ne s’est pas attardé à l’essentiel. 

Pourtant, l’entreprise a prouvé qu’elle était capable d’accoucher d’une voiture sportive intéressante. À preuve, la Genesis coupe. 

Elle aurait dû s’en tenir à ça. En fait, si elle souhaite que la version turbo de sa Veloster soit prise au sérieux, la compagnie devra refaire ses devoirs.

Conclusion
Si la Veloster vous plaît, la version de base demeure un choix très correct. Ce n’est pas une voiture qui invite à la délinquance et sa conduite s’avère plus douce, plus posée. 

Quant à la version turbo, et bien, soyez avertis à propos de ses lacunes. À prix comparable, disons qu’en ce moment, il se fait mieux ailleurs; une Honda Civic Si, une Golf GTI, une Scion FR-S, une Subaru BRZ, par exemple. 

Beaucoup mieux finalement. 

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Fiche technique
Modèle : Hyundai Veloster turbo
Échelle de prix : 27 609 $ à 29 859 $
Prix du modèle d’essai : 27 609 $
Transport et préparation : 1495 $
Moteur : 4 cylindres turbo de 1,6 litre
Puissance/couple : 201 ch / 195 lb-pi
Transmission : manuelle à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante/semi-indépendante
Freins (av/ar) : disques 
Direction : à crémaillère assistée
Pneus (av/ar) : P215/40R18 
Garantie de base : 5 ans / 100 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 8,3 l / 5,7 l
Consommation enregistrée (litres aux 100 km) : 7,2 l
Modèles concurrents : Honda Civic Si, Scion FR-S, Subaru BRZ, Volkswagen Golf GTI