Il existe très peu d’automobiles qui ont réussi à traverser les décennies en conservant l’essence de leur design originel. Le roadster Morgan et le coupé Porsche 911 sont des cas de figure. Mais, plus encore, lorsqu’on pense à ce genre d’autos, la Beetle est sans doute celle qui vient à l’esprit d’une majorité de gens.

Au fil des ans, des pays et des cultures, partout on lui a trouvé une identité propre que des surnoms comme Coccinelle, Käfer, Vocho, Fusca, Bug et Maggiolino ont représenté.

Pour ce véhicule que le fabricant de Wolfsburg qualifie de troisième génération, on a choisi pour l’identifier un vocable qui se veut aussi simple qu’universel : Beetle. Mais cela ne l’empêche toutefois pas d’être… New !

Une silhouette connue et reconnue
La Beetle est une icône. Créer la nouvelle génération d’une voiture pareille demande un doigté, c’est clair. Surtout lorsque le cahier des charges imposé aux ingénieurs consiste du même coup à mettre au point une voiture moderne à prix abordable, capable d’insuffler une conduite stimulante.

La silhouette de la Coccinelle fait partie de ces formes reconnues de par le monde, au même titre que la bouteille de Coca-Cola ou l’iPhone. Du même coup, cette nouvelle voiture devait conserver des liens avec sa devancière, la New Beetle lancée en 1997.

Pour réaliser les proportions dynamiques du nouveau modèle, ses concepteurs ont marié les concepts des deux premières générations pour les pousser un peu plus loin. La nouvelle voiture est donc plus basse et beaucoup plus large, alors que son capot a été allongé et son pare-brise, qui est moins en arrière, a été redressé. En apercevant le cabriolet, qui a été dévoilé au Salon de l’auto de Los Angeles, en novembre dernier, on réalise d’ailleurs que les formes de la Beetle moderne la relient admirablement bien à la type 1 décapotable originelle.

Par ailleurs, par rapport à la New Beetle, la nouvelle forme a perdu cette simplicité issue des trois demi-cercles (ailes avant, ailes arrière, ligne de toit), certes. On croirait même qu’en aplatissant la ligne du toit, les designers de la Beetle ont réalisé une sorte de « Hot Rod » de série !

Intérieur rétro original
Pour l’automobiliste qui a connu la Coccinelle d’antan, le tableau de bord de la Beetle 2013 sera une source de souvenirs. Par sa forme et sa couleur, laquée ou d’apparence fibre carbone, son design a été imaginé pour rappeler l’ancêtre. Une touche de rétro qui tranche radicalement avec l’aspect très plastique — et très teuton — du tableau de bord de la New Beetle.

Cela n’enlève toutefois absolument rien à l’ergonomie traditionnelle des produits de la marque de Wolfsburg. Le conducteur n’a qu’à tendre son bras droit à demi plié vers le tableau de bord pour accéder aux commandes (pas trop nombreuses). Vous aurez compris que j’apprécie hautement l’aménagement intelligent des tableaux de bord conçus par Volkswagen. C’est à l’opposé des aménagements surchargés que plusieurs japonaises, comme les Honda, offrent actuellement, et ce essentiellement pour épater la galerie. Malheureusement, c’est justement le conducteur qui paye pour cela qui doit, ensuite, se retrouver dans ce fouillis de boutons et de touches tactiles…

D’un point de vue pratique, la Beetle dispose désormais d’un coffre à gants supplémentaire à droite de la chaîne audio (du côté passager). Son couvercle s’ouvre vers le haut, alors que celui du coffre à gants standard s’ouvre vers le bas. Pratique !

Le fabricant admet, par ailleurs, qu’en abandonnant le toit en forme plus arquée de la New Beetle, le nouveau modèle dispose d’un peu moins de dégagement pour la tête à l’avant. La hauteur libre intérieure passe de 1 082 à 1 042 mm. Mais n’ayez crainte, le dégagement vertical à l’avant convient parfaitement à un « grand six pieds » comme votre humble serviteur. En revanche, derrière, la forme plus allongée du toit se traduit par une spaciosité légèrement supérieure. Disons, qu’elle favorise de jeunes passagers (lire : des enfants). Pour des adultes, ça reste limité.

Le coffre, lui, a gagné en volume plus substantiel puisqu’il est passé de 209 à 310 litres. De plus, l’ouverture que découvre son hayon est plus large et le seuil plus bas. Enfin, un coffre pratique ! De plus, il est toujours possible de replier les dossiers symétriques de la banquette arrière, ce qui permet de moduler la surface de chargement selon les besoins du moment (le volume utile peut atteindre 850 litres). Bref, à ce chapitre, la Beetle est nettement plus pratique que sa devancière.

Belle à voir, amusante à conduire
La personne qui achète une Beetle le fait pour le plaisir des yeux, c’est sûr, mais aussi pour le plaisir des sens. L’agrément de conduite, j’entends. Sinon, on se contenterait d’une nouvelle Jetta, une voiture qui partage la même architecture de base (la plateforme A5/PQ35) et l’essentiel des mécaniques.

Au-delà de l’esthétique, c’est en la conduisant qu’on découvre l’agrément de conduite que ses concepteurs ont réussi à insuffler à cette voiture rétro. Les sièges baquets sont confortables et supportent bien le corps. La servodirection électromécanique est précise et bien dosée. De plus, le freinage se module aisément et la suspension offre un bon compromis de fermeté et de confort. Le conducteur profite aussi d’une surface vitrée généreuse.

Voilà ce que nous avons constaté en faisant l’essai d’une Beetle 2.5 Highline. Elle était munie du moteur « de base », un 5-cylindres de 2,5 litres à essence monté transversalement et jumelé, dans le cas de notre véhicule d’essai, à une boîte automatique Tiptronic à 6 rapports. Équipée de ce moteur de 170 ch., notre voiture d’essai avait besoin d’un peu plus de 8 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Une capacité d’accélération suffisante pour ces occasions où un surcroît de puissance s’avère nécessaire, par exemple pour effectuer un dépassement.

Les férus de performance préféreront sans doute opter pour une Beetle équipée du 4-cylindres TSI de 2,0 litres à turbocompresseur. Fort de ses 200 ch., ce moteur impose cependant l’entrée en action subite (brutalement agaçante) du turbo. Mais… il retranche au moins une ou deux secondes sur le 0-100.

Cela dit, la Beetle équipée du moteur turbodiesel TDI donne peut-être la meilleure impression de ce qu’une voiture puissante peut être. Grâce au couple impressionnant que déploie ce moteur (236 lb.-pi. par rapport à 177 pour le moteur de notre véhicule d’essais), l’accélération est plus soutenue que celle du 5-cylindres, mais sans la rudesse du TSI.

Au fond, l’acheteur qui choisit les Beetle équipées du 5-cylindres mise sans doute sur un pris plus bas. Environ 2 000 $ les séparent des versions équivalentes munies du TDI. La différence en vaut-elle vraiment la peine ? En se basant sur les cotes moyennes de consommation publiées par le fabricant, le TDI permettrait d’économiser environ 25 % de carburant. Dans le cas d’un acheteur qui devrait parcourir régulièrement de grandes distances, le TDI pourrait sûrement constituer une alternative intéressante au moteur de 2,5 litres.

Au fond, au-delà de cette robe rétro adorable que procure la Beetle, la mécanique demeure l’élément déterminant qui rendra l’acquisition de cette auto appropriée aux usages de chacun. Une allure commune et trois personnalités : normale, éconergétique et sportive. À vous de choisir.


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Fiche technique
Modèle :
Volkswagen Beetle 2.5 Highline 2013
Échelle de prix : 22 175 $ à 26 625 $
Transport et préparation : 1 395 $
Moteur : L5, 2,5 litres
Puissance/couple : 170 ch / 177 lb-pi
Transmissions : manuelle à 6 rapports de série; automatique à 6 rapports en option
Suspension (av./ar.) : indépendante/indépendante
Freins (av./ar.) : disques ventilés/disques pleins
Direction : à crémaillère à servoassistance électrique
Pneus (av./ar.) : 215/60R16 (Comfortline); 215/55R17 (Highline);
Garantie de base : 4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée ville/route, litres aux 100 km : 9,9 / 6,4 (BVM); 9,5 / 7,1 (BVA)
Modèles concurrents : Honda Civic coupé, Hyundai Elantra coupé, Kia Forte Koup, Mini Cooper, Scion tC, Volkswagen Golf, Volvo C30.