Il faut être un peu cinglé pour conduire un roadster allemand de plus de 80 000$ en plein mois de février. Mais puisque les gens de Porsche Canada voulaient prouver à tout le monde qu'il est possible de conduire un bolide aussi pointu que la Boxster Spyder dans nos conditions hivernales, j'ai décidé de relever le défi. Et étant donné que cette semaine d'essai routier coïncidait avec mes vacances hivernales, j'ai pu tester à fond cette nouveauté destinée aux puristes de ce monde.

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Le regard des passants
Inutile de vous dire que les gens sur la rue vous regardent de travers lorsqu'ils aperçoivent une voiture décapotable de cet acabit dans la neige et la gadoue. Malgré tout, cette Boxster Spyder ne manque pas de charme avec cette coloration argentée, les bandes décoratives noires sur les flancs et les deux bosses à l'arrière. Bien sûr, la Spyder est bien plus belle lorsque la capote est enlevée, tandis que le becquet placé entre les deux feux arrière indique clairement que cette Boxster a un tempérament sportif. Finalement, les jantes allégées de 19 pouces  - les plus légères jamais offertes par Porsche dans cette taille - complètent ce tour d'horizon. Ah oui, j'oubliais presque l'échappement sport central et cet aileron avant additionnel placé sous le nez de cette édition.

Habitacle d’exception

À l'exception du Cayenne, tous les véhicules Porsche obligent leurs occupants à descendre dans l'habitacle et la Boxster Spyder ne fait pas exception à cette règle. En fait, l'accès à bord est compliqué davantage par la présence de ces superbes baquets sport en composite. Fait à noter, cette Boxster est discriminatoire sur le tour de taille des occupants. En effet, si vous faites un peu d'embonpoint, l'étroitesse de ces sièges ne vous séduira pas. Toutefois, pour un conducteur encore adolescent dans l'âme comme moi, ces sièges en fibre de carbone recouverts d’Alcantara au centre ne font qu’augmenter le plaisir que je ressens au volant de cette sportive.

Cet exemplaire de la Boxster était équipé en option d’un intérieur en cuir rouge Carrera, superbe au toucher, mais un peu coûteux (5900$). De plus, la radio demande un déboursé additionnel (300$) et si vous voulez mon avis, le « vrai » système de son de cette voiture est derrière les occupants, il a une puissance de 320 chevaux (10 de plus qu’une Boxster S) et un couple de 273 lb-pi et le son caverneux qu’il émet est tout simplement sublime, si vous voyez ce que je peux dire!

Évidemment, l'habitacle de ce roadster n'est pas très grand. Et, au nom de la légèreté, les ingénieurs de Porsche ont même sabré dans le côté utilitaire à bord. Les poignées de métal sont remplacées par de simples ganses en tissu, comme sur les autres créations RS du constructeur, et la console centrale est fidèle aux autres Boxster, c'est-à-dire minuscule. De toute manière, la fonction première de ce genre de voiture est d’apposer un large sourire sur le visage de ses occupants, ce qu'elle fait avec brio. Quand même, il y a encore ces deux porte-gobelets dissimulés dans la planche de bord si jamais vous devez faire un arrêt au café du coin.

Une Boxster en hiver
La conduite de ce jouet en hiver n'est pas aussi compliquée qu'on pourrait le croire. Bien sûr, il faut composer avec une suspension ferme, des jantes énormes  et une garde au sol minimale. Gare aux nids-de-poule et autres morceaux de glace encombrants! Il y a aussi le fait que cette voiture soit une propulsion, quoique le moteur étant placé au centre, le poids sur l'essieu arrière facilite un peu les choses. Avec un bon dispositif antipatinage, la Boxster Spyder se conduit toute seule sur une surface glissante. Par contre, débranchez-le et vous êtes quitte pour une session de dérapage intensive.

Comme vous vous en doutiez un peu, cette Spyder est un charme à conduire. La direction ultra précise jumelée à la répartition parfaite des masses de ce roadster fait en sorte que la Boxster est aussi facile à conduire qu’une Golf. Puis, il y a le maniement de ce levier de vitesse sport dont le guidage est chirurgical. Quant à la diète subie par la Spyder (80 kg en moins par rapport à une Boxster S), elle n'a fait que renforcer le côté extrême de cette version. J’ai cependant remarqué que le train avant est léger et lorsqu’il y a beaucoup de gadoue sur l’autoroute, ça vous laisse un froid dans le dos! Un dernier mot sur les boutons Sport et Échappement : oui, ils augmentent la consommation et le risque de contraventions, mais les réactions augmentées de la voiture sont purement orgasmiques.

Est-ce bien raisonnable?

L'achat d'une telle voiture est purement passionnel. Vous conviendrez qu’un roadster n'est pas le choix le plus rationnel. Il y a des véhicules plus pratiques sur la route. Mais tout de même, je me suis surpris à trouver cette Boxster Spyder assez conviviale pour la vie de tous les jours. La présence du profond coffre à l’avant et du plus petit à l'arrière m'a permis de transporter tous mes bagages pour une petite escapade de 3 jours à Québec. J'ai aussi profité de cet espace utilitaire pour une journée de magasinage au centre-ville de la métropole et j'ai même pu loger un bâton de hockey dans l'habitacle.

Le seul immense défaut de cette voiture se trouve par-dessus les occupants. Ce toit qui prend une dizaine de minutes à ranger et à remettre n'est vraiment pas idéal, surtout en hiver pour prendre des photos de la voiture! De plus, ce dernier est moins bien isolé que le toit de la Boxster « normale », ce qui signifie qu’on a vraiment l'impression de conduire dehors. Ajoutez à cela qu'il est impossible de fréquenter un lave-auto automatique avec la Spyder, les gens de Porsche me l'ont interdit formellement à cause des jets d’eau puissants pouvant pénétrer à l’intérieur de l’habitacle par les côtés de ce toit d’appoint.

Conclusion
Est-il possible de piloter cette réincarnation de la 550 Spyder en hiver? Absolument, mais il faut composer avec quelques inconvénients comme cet habitacle minimaliste, cette capote amincie ou même ce côté pratique réduit. Mais, avec d’excellents pneus d’hiver, un peu de témérité et surtout, une envie de conduire une vraie voiture sport, la Boxster Spyder s’avère une excellente manière de chasser la grisaille de l’hiver et de passer un heureux moment pendant quelques jours de vacances mérités.

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Fiche technique
Modèle : Porsche Boxster Spyder 2011
Version à l’essai : Spyder
Prix : 86 820$
Options : Peinture métallique (820$), Intérieur en cuir Carrera rouge (5900$), Phares dynamiques au bi-xénon (1780$), Barre antiretournement peinte (620$), Levier de vitesse sport (880$), Échappement sport (3210$), Contrôle du climat automatique (2010$), Ensemble Sport Chrono (1100$), Lecteur CD (300$)
Frais de transport : 1 115$
Moteur : H6 , 3,4 litres
Puissance/couple : 320 ch. / 273 lb-pi
Transmission : manuelle à 6 rapports
Garantie de base : 4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 4 ans / 80 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 10,8 l / 7,5 l
Consommation enregistrée (litres aux 100 km) : 9,4 l (plus d’autoroute que de ville)
Modèles concurrents : Audi TT Roadster, BMW Z4, Mercedes-Benz SLK, Nissan 370Z cabriolet.