On n’achète pas un fourgon commercial comme on achète une Nissan Versa. Les motivations et les critères de sélection sont très différents. Le côté pratique prime, naturellement, tout comme la flexibilité du design, les équipements offerts et le prix.

Avec cela en tête, les stratèges de Nissan ont développé un nouveau produit jusqu’ici absent de leur catalogue de produits destinés à l’Amérique du Nord : les fourgons de la série NV.

Ce sont les premiers fourgons commerciaux offerts par un fabricant asiatique en Amérique du Nord pour un créneau qui est resté la chasse gardée des fabricants américains jusqu’en 2002. Car cette année-là, Dodge troquait (sans jeu de mots) son fourgon antédiluvien appelé RamVan (Tradesman pour les plus vieux lecteurs) pour le Sprinter de Mercedes-Benz. Un véhicule auquel les fourgons NV s’apparentent dans une certaine mesure d’ailleurs.

La concurrence
Mais il faut admettre que leurs concurrents principaux sont différents. Il s’agit d’abord du fourgon Ford série E (autrefois connu sous le label Econoline). Aux États-Unis, ce véhicule domine son créneau et depuis longtemps. En 2010, par exemple, la moitié des fourgons vendus au pays de l’oncle Sam étaient des Ford de la série E. Au Canada, toutefois, les ventes de ce modèle durant la même période ont répondu à 40% de la demande.

C’est parce qu’il y a aussi les jumeaux de GM : le Chevrolet Express et le GMC Savana. Au Canada, l’an dernier, ils ont constitué la moitié des ventes dans ce créneau, alors qu’aux États-Unis, leurs ventes dépassaient comptaient pour à peine plus de 30% dans ce créneau.

N’empêche que le volume est là. Car les ventes de fourgon Sprinter, elles, ont chuté lorsque ce produit a déménagé des concessions Dodge aux quelques concessions Mercedes-Benz qui l’offrent maintenant. Dans l’esprit de bien des payeurs de taxes, l’écusson Mercedes serait vraisemblablement difficile à avaler, lorsqu’il orne les véhicules que conduisent d’humbles collets bleus…

Un concept très évolué
Nissan ne s’est pas limitée à réinventer l’Econoline. Les stratèges du fabricant nippon ont plutôt joué la carte de l’innovation douce, en combinant certaines qualités des produits traditionnels américains à des caractéristiques avant-gardistes du Sprinter, tant en matière d’ergonomie, de conception de carrosserie, de comportement routier et de polyvalence de l’aire de chargement.

D’abord, le fourgon NV est proposé en trois versions : NV1500 demi-tonnedemi tonne), NV2500 HD (trois-quarts de tonne) et NV3500 HD (une tonne). De plus, il existe deux carrosseries : la version standard haute de 213 cm (83,9 po.), qui offre un volume utile de 6 629 litres (234,1 pi.cu.), et la version haute à 266,5 cm (104,9 po.), dont le volume utile atteint 9 149 litres (323,1 pi.cu.). La première version se compare à un Chevrolet Express à empattement court, ou à un Ford série E à carrosserie allongée. La seconde ressemble beaucoup à un Sprinter de longueur moyenne à toit haut. Cette dernière formule, jusqu’ici réservée au Sprinter, permet à une personne de grandeur moyenne de se tenir debout à l’intérieur de l’aire de chargement, pour mieux s’y déplacer et travailler. Ceux qui sont familiers avec l’intérieur d’un fourgon Ford, dans lequel on doit marcher en se recroquevillant inconfortablement, comprendront l’intérêt de ce design.

L’aire de chargement dispose de nombreux points de fixation (36) sur la face intérieure de la cloison. Elles permettent la fixation d’éléments ou de modules de rangement. En outre, pour les versions SV (plus cossues), le fabricant a prévu un ensemble de panneaux protecteurs pour l’intérieur de la cloison. Il s’agit d’une formule toute simple et peu coûteuse qui évite que l’extérieur de la carrosserie ne laisse paraître les résultats de certaines bévues qui se produisent lorsqu’on manipule mal la cargaison à l’intérieur...

On accède à l’aire de chargement soit par la porte coulissante du côté passager, qui est large et haute, soit par les deux portes arrière qu’on peut ouvrir sur un arc de 90 degrés ou, après avoir décroché leur attache, sur 243 degrés. Elles pivotent alors assez pour se «coller» à la cloison extérieure grâce à un aimant. On est loin des portes du série E, qui n’ouvrent que sur 90 degrés. Fait à noter, lorsque les portes arrière sont rabattues sur les flancs du véhicule, les portes coulissantes demeurent pleinement fonctionnelles.

L’aire de chargement dispose d’un bon système d’éclairage, du moins dans le cas des NV 2500 (celui que nous avons conduit) et 3500 : en plus du puissant luminaire fixé au-dessus du tableau de bord, on en retrouve trois autres au plafond, dont un qui est tout près des portières arrière. Cette caractéristique figure parmi les options du NV 1500.

De plus, pour faciliter l’embarquement dans l’aire de chargement à l’arrière, le fabricant a prévu une encavure large dans le pare-chocs. Elle fait office de marche. Il y a aussi de longues barres verticales fixées au rebord intérieur de la carrosserie, qui offre une bonne prise pour la main.

Les concepteurs ont aussi eu l’idée brillante de donner une forme rectangulaire et relativement plate aux arches de roues, qui excèdent à l’intérieur de l’aire de chargement.Ce design facilite le chargement des colis.

Naturellement, l’intérieur est gargantuesque! On peut y charger des tuyaux de 10 pieds (en les glissant sous la console centrale du poste de conduite). On peut aussi charger une vingtaine de feuilles de contre-plaqué de 4’x8’ ou des palettes de bois de 40’’x48’’. Le fabricant a d’ailleurs prévu six anneaux de fixation au plancher, pour sangler une cargaison qui risquerait de bouger.

Deux moteurs, deux vocations!
Pour répondre aux attentes des acheteurs, Nissan propose deux moteurs à essence connus. Il y a d’abord le V6 de 4,0 litres qu’utilise la camionnette Frontier. Moteur de série des NV 1500 et 2500, il produit 261 ch. et 281 lb-pi de couple. Naturellement, si la vocation à laquelle on destine le NV le justifie, c’est le moteur idéal pour minimiser la consommation de carburant.

Au contraire, s’il faut beaucoup de puissance, Nissan propose le V8 de 5,6 litres des grandes camionnettes Titan. Celui-là produit 317 ch. et 385 lb.pi de couple. C’est le moteur de série du NV 3500, mais il figure aussi parmi les options du modèle 2500. C’est un moteur souple qui procure des accélérations linéaires et soutenues, et des reprises satisfaisantes (du moins sans cargaison). Voilà ce que nous avons constaté avec le NV 2500 dont nous avons fait l’essai.

La puissance produite par ces deux moteurs parvient aux roues arrière motrices par le biais d’une boîte de vitesses à 5 rapports, qui s’est révélée plutôt «discrète». De plus, les trois modèles de fourgon NV peuvent être muni, contre supplément, d’une attache permettant de remorquer jusqu’à de 3 175 kg (7 000 lb). Un ensemble plus robuste, offert parmi les options, permet aux modèles 2500 et 3500 de hausser cette capacité à 4 309 kg (9 500 lb).

Et pour immobiliser ce mastodonte, on dispose des freins à disque aux quatre roues, qui rendent le freinage facile à moduler. L’antiblocage fait partie de l’équipement de série tout comme le système de contrôle de la traction.

Soulignons, enfin, la grande maniabilité de ce fourgon muni d’une servodirection à recirculation de billes dont le maniement est précis et le rayon de braquage, relativement serré (13,8 m).

Assis comme dans une auto?!
À l’avant, on découvre un poste de conduite digne d’un… automobiliste, pas d’un vulgaire manutentionnaire! Oubliez l’intérieur spartiate du fourgon Ford, avec ses arches de roue irritantes qui obligent à se plier la jambe inconfortablement. L’ouverture large que découvre la porte du NV facilite l’embarquement. Une fois assis derrière le volant (inclinable seulement), on découvre un espace confortable (oui, oui, avec beaucoup d’espace pour les pieds!) et un tableau de bord moderne, qui n’a rien à envier à celui d’une camionnette Titan. Sa partie centrale est même incurvée vers le conducteur pour faciliter l’accès aux commandes!

Les sièges baquets, fermes à souhait, sont recouverts d’un tissu imperméable. Un peu plus amples que ceux du Sprinter, ils procurent une dose appréciée d’appui latéral et au niveau du dos, chose qui fait terriblement défaut aux sièges mous du fourgon Ford.

L’aménagement du NV a visiblement été conçu pour faciliter la vie à son utilisateur. En fait, il le transforme aisément en bureau mobile. Le couvert du coffret de rangement de la console centrale peut servir de tablette pour écrire. Ce coffret est d’ailleurs si vaste qu’il peut contenir un grand nombre de classeurs suspendus pour dossiers ou même un ordinateur portable. Heureusement, il est verrouillable.

Le dossier du siège du passager se replie vers l’avant, pour servir de tablette. On trouve aussi une foule d’espaces de rangement, petits et grands, un peu partout. Par exemple, ces petits tiroirs sous les sièges, placés à hauteur d’homme et qu’on ouvre vers l’extérieur lorsque la portière est ouverte, ou encore ce grand «panier» fixé au plafond des NV à toit surélevé, comme on en retrouve dans un Sprinter. Bref, confortable et pratique sont des mots-clés!  

Réseau en devenir
En mars 2011, Nissan Canada a annoncé que 21 de ses concessionnaires avaient reçu la certification leur permettant de vendre ces véhicules commerciaux Nissan. Au Québec, on en dénombre cinq actuellement : trois dans la région métropolitaine de Montréal, un à Québec et un à Sherbrooke.

Ces nombres peuvent paraître petits. En fait, ils sont à la mesure d’un marché en développement pour Nissan; un créneau promis à une expansion sans doute. Car déjà, Nissan a annoncé que d’autres produits s’ajouteront à cette nouvelle gamme commerciale.


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Fiche technique
Modèle : Nissan NV 2012
Échelle de prix : 30 998 $ à 39 668 $
Version à l’essai : NV 2500 HD
Prix du modèle d’essai : 32 298 $
Transport et préparation : N.D.
Moteur :
V8, 5,6 litres
Puissance/couple : 317 ch / 281 lb-pi (à 4 000 tr/min)
Transmission : automatique à 5 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante/essieu rigide avec lames
Freins (av/ar) : disques ventilés
Direction : à recirculation de bille, assistée
Pneus (av/ar) : LT245/70R17
Garantie de base : N.D.
Garantie du groupe motopropulseur : N.D.
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : N.D.
Modèles concurrents : Chevrolet Express, Ford série E, GMC Savana, Mercedes-Benz Sprinter.