Habituellement, lorsqu’un véhicule tire sa révérence, c’est qu’il laisse sa place à un modèle de nouvelle génération qui, en principe, lui est supérieur en tout point. Il s’agit habituellement d’un moment bien accueilli par les amateurs et la presse automobile. Après cinq ou six années sous une configuration X, un petit renouveau ne fait jamais de tort. Jamais, sauf lorsque le véhicule qui fait l’objet d’une refonte est une Porsche 911. 

Vous l’aurez deviné ou le savez déjà, 2012 est un millésime de renouveau pour le modèle phare de l’entreprise. Déjà, une septième génération voit le jour. 


La sixième
Il faut se lever tôt pour détecter quelques failles que ce soit sur la génération actuelle des modèles 911. Ces derniers ont été les fiers représentants de cette sixième génération dont la première nous ramène aussi loin que 1964. 

Et à tout le monde, sa 911. Pour le millésime 2011, pas moins de 22 versions différentes de cette voiture pouvaient être obtenues suite à une visite chez le concessionnaire… et le conseiller financier. Avec une fourchette de prix qui varie entre 93 700 $ (Carrera 4) et 279 500 $ (GT2 RS), il faut avoir les poches pleines pour passer du rêve à la réalité. 

Et de ces 22 variantes, laquelle s’est avérée être la plus intéressante? 

Si l’on met de côté toute considération financière, il faut pencher pour la GT2 RS, simplement en raison de la puissance brute qu’elle livre. Un moteur qui produit 620 chevaux et la possibilité d’effacer le 0-100 km/h en 3,5 secondes, c’est suffisant pour titiller la fibre nerveuse et le pied droit de tout passionné d’automobiles. 

En revanche, le modèle de base, une bien drôle d’expression à utiliser lorsqu’on parle d’une 911, n’est pas piqué des vers. Sans dire qu’il permet à l’acheteur de respirer financièrement, son rapport qualité/prix/puissance est difficile à battre. Un moteur de 345 chevaux qui permet de franchir les 100 km/h en seulement 5 secondes, c’est plus qu’honorable. 

Il y a quelques semaines, nous étions au volant de la version Carrera GTS, une variante que l’on pourrait qualifier de compromis parfait entre les deux antipodes que nous venons de décrire. Cette dernière jouit de caractéristiques esthétiques empruntées à des versions plus haut de gamme, mais affiche un prix de base que l’on pourrait qualifier de raisonnable à 117 500 $, pourvu que la raison soit atteinte d’un peu de folie. 

La Carrera GTS profite d’un moteur disposé à plat de 6 cylindres et 3,8 litres qui livre la bagatelle de 408 chevaux. Avec la boîte manuelle à six rapports qui équipait notre modèle d’essai, un pilote aguerri peut atteindre les 100 km/h en seulement 4,8 secondes. 

Valeurs sûres et contreparties
Mais, peu importe la version de 911 sélectionnée, il y a des valeurs sûres sur lesquelles on peut compter lorsqu’on devient propriétaire d’une Porsche 911. 

D’abord, l’assurance de la qualité. Dans le cockpit d’une 911, la richesse des matériaux est à signaler et le souci du détail qui a été porté à leur assemblage frappe l’œil. C’est au poil. 

Par contre, au niveau de la présentation, les amateurs de tape-à-l’œil critiqueront le design très traditionnel de la planche de bord. La fonctionnalité a toujours eu le dessus sur l’originalité. 

Ensuite, la mécanique. Celle de Porsche est unique et cette unicité est l’un des attraits majeurs de la marque. Le son qu’émet une Porsche 911, c’est de la musique aux oreilles. 

Le seul bémol, c’est que l’habitacle est plus bruyant qu’on ne le souhaiterait. Il faut s’habituer à entendre gronder la mécanique et apprendre à vivre avec le fait que les bruits de roulement de la voiture se fraient un chemin plutôt facilement dans l’habitacle. 

Enfin, la tenue de route. Une Porsche 911, c’est un modèle d’équilibre. Qu’on la pilote sur un circuit ou sur la route, on prend un malin plaisir à négocier chaque virage avec agressivité. Cette voiture a des limites que bien peu de propriétaires réussiront à découvrir. Bref, c’est toute une machine. 

Y a-t-il une contrepartie à cette qualité? Oui! Ça prend toute une dose de discipline au volant pour ne pas se laisser aller au genre d’excès qui attire l’attention de nos amis policiers. 

À bon entendeur…

Place à la septième génération
Si certains manufacturiers réinventent la conception de certains modèles au passage d’une génération à une autre, l’exercice est moins évident chez Porsche. On ne réinvente pas une 911; on la raffine. 

Pourtant, Porsche affirme avoir réinventé sa 911. Le constructeur prétend qu’elle a été à 90 % modifiée. En outre, elle profite d’un châssis encore plus rigide, d’une carrosserie plus légère qui met à profit le mariage de l’aluminium et de l’acier, d’un empattement allongé de 10 cm et d’une nouvelle génération de moteur encore plus performants et plus économiques. Et comment passer sous silence l’arrivée d’une toute nouvelle boîte de vitesse manuelle qui compte, tenez-vous bien, sept rapports. En somme, voilà la couleur que prend l’innovation chez Porsche.  

À l’extérieur, ce sont plusieurs petits détails qui permettront à cette 911 de se distinguer de sa devancière; positionnement des rétroviseurs, ailes moins larges à l’arrière, voies avant élargies et profil légèrement abaissé. Enfin, si les phares conservent leur design classique, les feux arrière se présentent sous une nouvelle mine. 

Enfin, pour ce qui touche l’intérieur, les critiques de l’ancienne génération vont trouver chaussure à leur pied. Porsche a revu le design de sa planche de bord dont la nouvelle présentation saura plaire. Comme toujours, la qualité sera au rendez-vous. 

Le bémol
Si tout cela s’annonce très beau, il ne faut pas oublier une chose à propos de Porsche, cependant : le prix des options. C’est simple, on peut quasiment faire doubler le prix de base d’un modèle en lui ajoutant tout plein de trucs. Si on a l’impression que Porsche exagère, allez donc leur reprocher quoi que ce soit alors que leurs ventes sont en progression depuis des années. 

Conclusion
Si les modèles 911 de la sixième génération donnaient l’impression, à bien des égards, d’être parfaits, il nous faudrait peut-être revoir la définition du mot perfection avec l’arrivée des modèles de la septième génération. Les nouvelles 911 promettent d’être encore plus performantes, économiques, racées et explosives. 

Ne nous reste plus qu’à en prendre le volant. 

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Fiche technique
Modèle : Porsche 911 2011
Échelle de prix : 117 600$ à 180 000$
Version à l’essai : Carrera GTS
Prix du modèle d’essai : 128 040$ 
Transport et préparation : 1 085$?
Options : Châssis sport (1090$), intérieur à gradation automatique (480$), sièges chauffants (600$), feux de coins dynamiques (790$), ensemble Sport Chrono Plus (1100$), module de navigation (2410$), système de son Bose (1650$), radio XM (860$), section centrale arrière (840$), ceintures de sécurité rouges (620$). 
Moteur : H6, 3,8 litres
Puissance/couple : 408 ch / 310 lb-pi (à 4 200 tr/min)
Transmission : manuelle à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante?
Freins (av/ar) : disques ventilés 
Direction : à crémaillère assistée?
Pneus (av/ar) : P235/35ZR19 / P305/30ZR19
Garantie de base : 4 ans / 80 000 km?
Garantie du groupe motopropulseur : 4 ans / 80 000 km?
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 11,6 l / 7,9 l 
Consommation enregistrée (litres aux 100 km) : 10,4 l
Modèles concurrents : Aston Martin V8 Vantage S, Audi R8 4.2, Chevrolet Corvette, Ferrari California, Jaguar XK, Lamborghini Gallardo, Maserati GT, Mercedes-Benz SL.