À la même date l’an dernier, on se préparait à l’arrivée de la Fiat 500, celle dont le nom était sur toutes les lèvres depuis le jour où Chrysler a été sauvé in extremis de la faillite par la firme italienne. La Cinquecento était toute désignée pour être celle qui allait permettre à Fiat de faire un retour marqué en Amérique du Nord. 

Quelques mois plus tard, une conduite extérieure était introduite et voilà qu’en ce début d’année 2012, c’est une version axée sur la performance qui arrive à son tour, l’Abarth. 

À quoi?
Abarth, comme dans Karl Abarth, un homme d’affaires qui voit le jour en Autriche en 1908 au temps de l’empire austro-hongrois. Très jeune, il conçoit des motocyclettes et s’impose comme un solide pilote en compétition. En 1934, il déménage de façon permanente en Italie et devient même citoyen de ce pays. Là, il se fait connaître sous le nom de Carlo Abarth. Il participe à des courses automobiles, mais doit mettre fin à sa carrière de pilote à la suite d’un accident, en 1938. 

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1949, il fonde sa propre entreprise spécialisée dans la fabrication de voitures de course. Il devient un distributeur important d’échappements de performance. D’ailleurs, le nom Abarth rime aujourd’hui avec le mot performance. 

En 1971, il vend sa compagnie à Fiat, ce qui explique le lien entre le constructeur italien et le célèbre nom de famille de Karl Abarth. 

Voilà pour le nom. 

Quant à la Fiat 500, elle a reçu le traitement spécial Abarth une première fois en 2008, un traitement dont a profité le marché européen. Cette année, c’est notre tour. 

Une rebelle
Déjà, la 500 ne fait pas dans la norme. On la trouve laide ou on la trouve belle, un point c’est tout. La version Abarth en rajoute. Certains vont adorer. D’autres seront tentés de s’en moquer. Un avertissement à ces derniers; prenez le volant avant de vous montrer cinglant. 

Vous aurez compris que les Fiat qui portent la signature du scorpion, la bibitte représentant le nom Abarth, offrent une expérience de conduite singulièrement différente des 500 non « abarthisées ». En fait, on peut presque affirmer qu’on a droit à deux voitures complètement différentes. Presque.

Sous le capot des nouvelles venues, on retrouve un moteur de 4 cylindres turbo de 1,4 litre. Ce dernier profite de la technologie MultiAir, une façon de dire qu’on a maximisé l’entrée d’air sans avoir recours à la technologie habituelle utilisée avec un turbo. On nous l’a confirmé, c’est une façon moins coûteuse d’en arriver aux résultats escomptés, soit une augmentation de la puissance et l’atteinte des objectifs en matière d’économie d’essence. Derrière le volant, on n’y voit que du feu. 

L’utilisation de cette technologie permet d’obtenir une puissance de 160 chevaux et 170 livres-pieds de couple. Tout ça est suffisant pour dynamiser le comportement routier d’une voiture qui demeure, en version de base, sous-motorisée. 

Bien sûr, il ne s’agit pas de la seule transformation que subit cette version. Ajoutez au menu des roues de 16 pouces en fonte d’aluminium, une suspension plus ferme avec une géométrie revue pour maximiser la tenue de route, des freins à disques ventilés à l’avant, un becquet arrière surdimensionné et un échappement double, entre autres. Parlant de ce dernier, les ingénieurs ont sciemment travaillé sa sonorité et le résultat est fort intéressant. C’est, disons, très différent. 

Outre ce qui touche l’aspect performance, la version Abarth se distingue aussi à ses fioritures. Sur les flancs, une décoration distinctive, des rétroviseurs aux couleurs contrastantes. À l’avant, le bouclier a été redessiné, question de permettre un flux d’air plus important au moteur. À l’intérieur, des pédales en aluminium, du cuir sur le pommeau du levier de vitesses et des sièges sport. On revient sur ces derniers. 

Probante?
Nul doute, la version Abarth de la Fiat 500 a un petit je-ne-sais-quoi. Nous avons sillonné les routes environnantes de la région de Las Vegas pour la mettre à l’essai et l’expérience a été plus plaisante que déplaisante. Une session sur piste a même été organisée afin qu’on puisse prendre connaissance, concrètement, de ses capacités. 

Qu’est-ce qui s’en dégage? Qu’il s’agit d’une voiture définitivement agréable à conduire et dont la rigidité de la suspension étonne. Qu’on enfile des virages lentement ou à fond la caisse, on découvre une direction précise et une voiture qui fait preuve d’une belle stabilité. Quant à l’effet de couple, il est bien contrôlé, même si on arrive à faire danser l’avant lorsqu’on se montre un peu trop agressif en sortie de virage. Le freinage est mordant et sous les 100 km/h, très stable. Ça valse un peu plus lorsqu’on saute sur les freins à 160 km/h, mais en principe, à moins d’être sur un circuit, c’est une situation que ne rencontreront pas les propriétaires. 

Bref, on s’amuse au volant, c’est évident. 

Toutefois, quelques irritants viennent gâcher l’expérience. Tiens, pour un, la boîte de vitesses manuelle, la seule offerte, ne compte que cinq rapports. Quant au moteur, il gronde au rythme de 3000 tr/min sur l’autoroute. C’est trop. Pis encore, la course du levier de vitesses est mal étagée, de sorte qu’on a de la difficulté à sélectionner le quatrième et le deuxième rapport lorsqu’on rétrograde rapidement. En somme, ça ne va pas comme dans du beurre, pour reprendre une expression populaire. 

Quant aux sièges, auxquels on ose ajouter le suffixe sport, ils manquent cruellement de maintiens. Enfin, Éole avait beau être bien présent lors de notre journée d’essai, les bruits de vents se font omniprésents. Tout bien considéré, du travail reste à faire. 

Conclusion
La version Abarth de la Fiat 500 demeure intéressante. Cependant, il lui manque un petit quelque chose pour qu’elle puisse titiller l’acheteur type d’une MINI Cooper S, la concurrente avouée de la Fiat 500 Abarth. 

Heureusement, elle se veut moins chère que la MINI et assurément, ses coûts d’entretien ne seront pas aussi élevés. Le consommateur a aussi d’autres choix dans ce créneau restreint. Pour une poignée de dollars supplémentaires, les attendues Scion FR-S et Subaru BRZ pourront être considérées.

Les premières Fiat 500 portant la marque du scorpion sont attendues pour le début du printemps et seront vendues au prix de 23 995 $. 

Au fait, pourquoi un scorpion? Parce que c’est sous ce signe astrologique qu’est né et, ironiquement, est décédé Carlo Abarth. 

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Fiche technique 
Modèle : Fiat 500 Abarth 2012
Échelle de prix : 23 995 $ 
Moteur : 4 cyl, 1,4 litre, turbo MultiAir à deux refroidisseurs intermédiaires.
Puissance/couple : 160 ch / 170 lb-pi
Transmission : manuelle à 5 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante/poutre de flexion
Freins (av/ar) : disques ventilés/disques pleins
Direction : à crémaillère, assistée
Pneus (av/ar) : P195/45R16
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 7,1 l / 5,7 l 
Modèles concurrents : Mini Cooper S, Chevrolet Sonic (turbo)