Monterey, Californie – Un VUS sur un circuit de course, ça vous semble un peu stupide, n’est-ce pas? Eh bien, je vous l’accorde, ce n’est pas l’endroit où ce type de véhicule peut généralement exprimer son plein potentiel. Or, c’est pourtant sur l’un des plus prestigieux circuits nord-américains que Mazda a choisi de nous faire découvrir son dernier-né, l’utilitaire CX-5. Pourquoi? Tout simplement parce que ce dernier a, contrairement à la majorité des autres véhicules du genre, les qualités requises pour exceller dans un tel environnement…

Cela ne signifie évidemment qu’il s’agit du plus rapide, loin de là. Mais de tous les VUS compacts vendus au pays, j’oserais certainement affirmer qu’il s’agit du plus agile, du plus maniable. Il faut dire que pour remplacer le Tribute, Mazda avait clairement en tête de proposer un véhicule cadrant davantage avec la philosophie Vroum Vroum de l’entreprise. Donc, terminé les pâles copies de produits Ford. Maintenant, Mazda possède son propre VUS compact!

L’effet SKYACTIV
Léger, agile et moins gourmand que tous les autres VUS compacts du marché, le CX-5 constitue le premier véhicule de la famille à proposer la fameuse technologie SKYACTIV, dans son entier. Cela signifie que tout sur le véhicule, y compris le châssis et les différentes composantes, ont été développées dans le seul objectif d’une réduction de poids et de consommation de carburant. Et force est d’admettre que le résultat est probant.

Avec un coefficient de traînée de seulement 0,33, le CX-5 se veut d’abord un véhicule passablement aérodynamique, ce qui constitue une première étape vers la réduction de consommation. Il faut aussi mentionner que les stylistes ont eu la main heureuse en créant ce véhicule, qui comme le CX-7, risque de bien vieillir. Il affiche de belles proportions et s’identifie clairement aux produits de la famille Mazda. Remarquez au passage que le CX-5 laisse tomber le large sourire des Mazda3 et Mazda5, au profit d’un design de calandre d’abord inauguré avec le concept Shinari.

L’habitacle est lui aussi très bien dessiné, afin d’offrir une ergonomie et un confort remarquables. Applaudissons aussi les têtes pensantes de l’entreprise qui daignent à d’offrir des matériaux de qualité nettement supérieure à ce qu’on retrouve dans la Mazda3. L’impression d’un véhicule de meilleure qualité est d’ailleurs ressentie partout à bord, et même à la fermeture des portières. Et ça, c’est rassurant. En fait, seul le tissu des sièges de la version GX est un brin décevant, ce qui n’aura donc comme effet que de pousser certains acheteurs vers la version GS…

Esthétiquement, l’omniprésence du noir à bord n’est pas non plus du plus bel effet. Des contrastes de teintes auraient été souhaitables, ce qui me laisse donc croire que plusieurs opteront pour l’habitacle de couleur sable, même s’il leur faut sacrifier une teinte extérieure qui leur plaît davantage. Parce qu’après tout, un conducteur passe bien plus du temps à observer l’intérieur que l’extérieur de son véhicule…

Puissance à la baisse, plaisir à la hausse…
Par rapport au Tribute, le CX-5 perd 16 chevaux. Il ne faut donc pas s’attendre à des performances très relevées, puisque la puissance se chiffre à seulement 155 chevaux. Mais il s’agit d’un maigre sacrifice face aux gains que l’on fait en matière d’économie de carburant et de plaisir de conduire.

Pour atteindre de si basses cotes de consommation (prévoir environ 7,5-8,0 l aux 100 km de consommation réelle), Mazda a développé un moteur à poids réduit, avec un taux de compression très élevé et un collecteur d’échappement qui permet d’éliminer en grande partie la résistance. On s’est aussi attardé à des détails aussi poussés que la modification des boulons (désormais plus léger) et la refonte complète de la pompe à eau, toujours dans l’optique d’une réduction de poids. Parce que quelques grammes sauvés ici et là permettent finalement de réduire le poids de façon très significative.

À une lettre de la MX-5…
Sur la route, l’impression de légèreté est notoire, ce qui a bien sûr un impact direct sur le plaisir au volant. Châssis rigide, direction électrique précise et très agréable, suspension bien calibrée et boîte automatique à six rapports très efficace sont notamment responsables de l’agrément ressenti. Mais il faut aussi mentionner la présence d’arbres de  suspensions arrière dont la géométrie a été complètement repensée de façon à offrir une meilleure maniabilité, sans affecter le confort. Un principe tout simple, mais il suffisait d’y penser

En quelque sorte, on parvient donc à recréer une conduite véritablement sportive, mais parfaitement adaptée à un véhicule familial. L’inspiration de la MX-5 s’y fait donc sentir, au même titre que la passion des ingénieurs qui n’accepteraient sans doute pas de conduire un VUS compact pantouflard, comme le Chevrolet Equinox.

L’avenir de Mazda?
Il faut l’avouer, Mazda a connu de meilleures années. Pour l’heure, il n’y a au Canada que la Mazda3 qui demeure un véritable succès, avec disons, la Mazda2. Et si, chez nous, les résultats de ventes demeurent « raisonnables », ceux de nos voisins du sud sont carrément catastrophiques. Heureusement, grâce au CX-5, cette période de maigre pitance est assurément sur le point de s’achever.

D’une part, la CX-5 viendra combler un vide dans le deuxième créneau d’importance en Amérique du Nord, ce qui est évidemment très profitable, mais il permettra grâce à ses innovations technologiques de convaincre une clientèle qui, plus que jamais, a horreur de faire le plein.

Voilà donc un véhicule qui pourrait faire mal à des modèles aussi établis que les Escape, CR-V et Rav4, considérant du surcroît que son prix d’achat est passablement compétitif. Et gageons que si Mazda applique cette technologie SKYACTIV à l’ensemble des nouveaux modèles qui seront prochainement lancés, on pourrait finalement connaître en Amérique du Nord un succès comparable à celui des autres joueurs nippons.

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Fiche technique
Modèle : Mazda CX-5 2013
Versions disponibles : GX, GS, GT
Échelle de prix : de 22 995$ à 33 890$
Moteur (puissance/couple): L4, 2,0 l (155 ch / 150 lb-pi)
Transmissions : manuelle à 6 rapports, automatique à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés / disques pleins
Direction : crémaillère à assistance électrique
Pneus : GX/GS : P225/65R17, GT : P225/55R19
Garantie de base : 3 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 2RM. : 7,8 l/5,7 l, 2RM Auto : 7,7 l/6,1 l, 4RM Auto : 8,0/6,4 l
Modèles concurrents : Chevrolet Equinox, Ford Escape, GMC Terrain, Honda CR-V, Hyundai Tucson, Kia Sportage, Mitsubishi Outlander, Nissan Rogue, Subaru Forester, Suzuki Grand Vitara, Toyota Rav4, Volkswagen Tiguan