Portand, Oregon — Ford qualifie cette berline de « nouvelle Taurus ». Mais on sait que les publicistes ont l’exagération facile. D’en dire qu’elle gagne en raffinement, alors là j’achète. Après tout, cette Taurus sera la première grande voiture de Ford à pouvoir être munie d’un moteur n’ayant que 4 cylindres ! Pas 8, ni 6, mais seulement 4. Voilà le sacro-saint précepte de la grosse bagnole américaine, invariablement équipée d’un gros moteur à « gros cubes » dévorant le carburant à gros débit, qui fout l’camp !

Comme pour en rajouter, avec cette Taurus 2013, le fabricant permet aux automobilistes de conduire aujourd’hui (nous sommes au mois de mars) une auto de « l’année prochaine ». En effet, le fabricant a en quelque sorte escamoté la production des Taurus millésimées 2012 pour faire place aux modèles 2013 ! Joli coup de marketing qui va assurément stimuler l’ego de certains consommateurs.

Après tout, les cotes de la voiture restent les mêmes : l’empattement, la longueur, la largeur et la hauteur, toutes ces mesures ne changent pas. Même les dénominations des variantes demeurent constantes : SE, SEL, Limited et SHO, rien de nouveau ici non plus.

Vagues retouches esthétiques
Heureusement, pour appuyer l’affirmation relative à la nouveauté, on a apporté quelques retouches esthétiques à la carrosserie. On découvre deux nouvelles calandres qui distinguent les modèles SE, SEL et Limited de la sportive de la famille, la SHO. Il y a aussi un nouveau capot, dont la section centrale, légèrement plus proéminente, permet au fabricant d’affirmer qu’il paraît plus « musclé ».

Ce dernier, d’ailleurs, a beau parler « de roues et de pneus qui remplissent mieux les passages de roues », là aussi à part l’esthétique, rien n’a changé. La dimension de la roue (toujours en alliage d’aluminium, quelle que soit la version) reste associée à la variante, comme pour annoncer son statut hiérarchique. Ainsi, les roues de la Taurus SE font 17 pouces, celles de la SEL 18, celles de la Limited 19 et celles de la SHO 20 pouces.
 
En revanche, des panneaux de custode relevés à l’arrière permettent désormais l'installation de plus gros feux avec des diodes électroluminescentes et des lentilles de forme vaguement nouvelle. L’ennui est que cette modification, encore esthétique seulement, ne corrige rien à la piètre visibilité qu’impose la section arrière très haute de cette carrosserie.

À cause de cela, les manoeuvres effectuées à reculons restent pénibles et peuvent donner des sueurs froides. On risque toujours de « remodeler » l’arrière de la voiture (pare-chocs ou ailes) puisqu’on ne voit absolument rien. Et ce n’est pas nouveau. Je répète cette critique à chaque année depuis 2010…

Pour pallier cette situation (dans une certaine mesure, du moins), le fabricant offre bel et bien une caméra arrière. Mais cet accessoire est réservé aux versions SEL, Limited et SHO. Mais encore, pour les Taurus SEL (2RM et 4RM), cet accessoires fait partie d’un groupe d’équipements optionnels qui ajoute la coquette somme de 2 800 $ à la facture de la voiture. Pour la Taurus SEL, Ford offre cependant une alternative moins coûteuse : un sonar intégré à un autre ensemble d’équipements optionnels offert pour 800 $. Alors, le conducteur de la Taurus peut jouer au sous-marinier, et manoeuvrer sa voiture à l’aveugle !

Et les acheteurs de Taurus SE ? Le fabricant présume visiblement qu’ils n’accordent pas beaucoup d’importance à l’état de leur voiture puisqu’il n’offre ni l’un, ni l’autre de ces deux systèmes palliatifs d’aide à la conduite.

Révolution de l’EcoBoost
Mais il y a aussi des bonnes nouvelles dans l’avènement de cette Taurus 2013. À commencer par l’ajout d’un moteur plus éconergétique : l’EcoBoost de 2,0 litres. Offert pour les versions à roues avant motrices seulement (SE et SEL), ce 4-cylindres combine la suralimentation (par turbocompresseur) et l'injection directe et permettrait d’obtenir une consommation de 31 mi/gal US sur l'autoroute (ce qui devrait se traduire par 7,6 li aux 100 km). C’est le chiffre qu’avance le fabricant; un chiffre assurément empreint d’un certain « optimisme » étant obtenu par des essais réalisés en laboratoire.

N’empêche qu’il reste environ 7 % inférieur à la cote de consommation attribuée à une Taurus 2RM équipée du V6 atmosphérique de 3,5 litres. Un pourcentage d’économie que nous devrions retrouver même avec des cotes plus réalistes. Il sera d’ailleurs très intéressant de valider cette affirmation dès que les Taurus munies de ce nouveau moteur seront disponibles (les livraisons devraient débuter en mai 2012).

D’ailleurs, ce « petit » moteur ne devrait pas manquer de verve, puisqu’il produit 237 chevaux et 250 livres-pied. Un couple important qui sera disponible sur une grande bande de régime : de 1 750 à 4 000 tours ! À côté de cela, le V6 de 3,5 litres, qui produit 290 chevaux et 255 livres-pied de couple à partir de 4 000 tours, paraît tout à coup vieillot. Il restera néanmoins le plus vendu des deux, puisqu’il est le moteur de série des Taurus SE, SEL (2RM et 4RM) et Limited. L’EcoBoost, lui, ajoute 1 000 $ au prix d’achat.

Dans un autre registre, on retrouve la Taurus SHO, le « Hot Rod familial ». Sous des traits relativement discrets, cette version bénéficie de la transmission intégrale et d’une dotation riche comme celle de la Taurus Limited, mais avec un moteur plus musclé : une variante biturbo du V6 de 3,5 litres. Ce moteur, qui se nourrit au super, procure 365 chevaux et 350 livres pied de couple (à partir de 3 500 tours), et permet à la SHO d’accélérer de 0 à 100 km/h en tout juste six secondes, soit deux de moins qu’une Taurus équipée du V6 atmosphérique. Et pour ce modèle, on a prévu plusieurs équipements adaptés à une voiture de performance plus élevée comme une suspension à réglages plus fermes et des freins plus robustes.

Pour tous ces moteurs, il y a une boîte de vitesses automatique SelectShift à 6 rapports dotée d’un mode manuel, de même qu’un système de calage variable des soupapes, deux technologies qui contribuent à contenir la consommation de cette grande voiture qui pèse près de deux tonnes.

La Taurus se distingue aussi par son habitacle très spacieux permettant à quatre adultes (cinq au besoin) de voyager confortablement. Un intérieur dont les modèles les plus cossus (Limited et SHO) peuvent avoir des sièges avant chauffés, mais aussi ventilés. Cela dit, on peut s’interroger sur la logique de faire de la banquette arrière chauffante une option pour la Limited, alors qu’elle est livrée de série dans une SHO.

Avec une étiquette de voiture luxueuse induite par son prix (41 999 $), ce détail propre à la Taurus Limited détonne. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on réalise qu’une humble Hyundai Elantra Limited (hmmm... le même vocable) procure à ses passagers le confort d’une banquette arrière chauffante, et ce pour un prix de base inférieur à 25 000 $. Mais voilà, les stratèges de Ford estiment sans doute que leurs acheteurs préfèrent avoir un système SYNC (de série sur toutes les Taurus, sauf la SE). Son écran tactile tape-à-l’oeil fait tellement jaser !


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Fiche technique
Modèle :
Ford Taurus 2013
Échelle de prix : 28 799 $ à 49 199 $
Transport et préparation : 1 500 $
Moteurs : (1) L4 turbo, 2,0 litres; (2) V6, 3,5 litres; (3) V6 biturbo, 3,5 litres
Puissance/couple : (1) 237 ch / 250 lb-pi; (2) 290 ch / 255 lb-pi; (3) 365 ch / 350 lb-pi
Transmissions : automatique à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante/indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés/disques
Direction : à crémaillère assistée (électrique)
Pneus (av/ar) : 235/60R17 (SE) ; 235/55R18 (SEL) ; 255/45R19 ; 245/45R20 (SHO)
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (BVM, ville/route, litres aux 100 km) : 10,7 / 6,9 (2RM V6 atmosphérique)
Modèles concurrents : Buick La Crosse, Chevrolet Impala, Chrysler 300, Dodge Charger, Hyundai Genesis, Nissan Maxima, Toyota Avalon.