À l’automne 2006, la presse automobile découvrait la Versa, une voiture qui s’est imposée rapidement dans le très concurrentiel segment des sous-compactes. Nissan avait visé juste en offrant un véhicule bien pensé, bien construit et proposant aux amateurs un rapport qualité/prix canon. 

Le gros bon sens quoi!

Les attentes étaient en conséquence élevées en vue de l’arrivée de la cuvée 2012, la première de la deuxième génération du modèle. 

Comment dire ça poliment? La déception a été… grandiose. 

Pourquoi, demandez-vous? 

Le prix, à tout prix
La concurrence dans le segment des sous-compactes était féroce en 2006; elle l’est toujours. Pour séduire l’acheteur, les constructeurs doivent rivaliser d’adresse pour en offrir toujours plus, et ce, à prix ultra concurrentiel. 

Vous apprend-on quelque chose en vous disant qu’à ce chapitre, les Coréens excellent depuis une décennie déjà, minimum? 

Cette réalité a forcé la main de tout le monde. Honda est tombée dans la trappe en renouvelant sa Civic. Nissan vient de succomber au même piège avec la Versa. La compagnie a tout mis en œuvre pour que cette dernière affiche le plus bas prix dans sa catégorie et sur le marché, de surcroît. 

On comprend la stratégie. On approuve même l’idée. La question est de savoir si la fin doit justifier les moyens. Autrement dit, quel prix a été payé pour obtenir le meilleur prix?

Simplicité volontaire
En décidant d’offrir la nouvelle Versa au meilleur tarif sur le marché, Nissan a volontairement décidé de simplifier son offre. Jusque-là, aucun problème. C’est légitime et l’exercice est certain de plaire aux acheteurs manœuvrant avec un budget plus serré. Cependant, pour arriver à l’objectif, des choix ont été faits, des choix discutables dans bien des cas. 

C’est une chose de simplifier l’offre. C’est indécent de sacrifier la qualité pour y arriver.  

Le gros bon sens? Où ça? 

La qualité
Peu importe le montant déboursé à l’achat d’un véhicule, l’acheteur s’attend à une chose; un rapport qualité/prix honnête. Ce n’est pas ce qu’il obtient avec la Versa. Voici pourquoi. 

En offrant la variante de base à 11 798 $, Nissan a coupé les coins ronds. On le sent en pénétrant à l’intérieur. En ouvrant et en refermant la portière, on a l’impression de manipuler une feuille de papier. L’impression de solidité n’y est pas. À bord, l’environnement est gris et la présentation est déprimante. Une fois en route, oubliez toute notion de quiétude; l’insonorité est poreuse ce qui fait qu’on se laisse distraire par les bruits de vents et par les lamentations du moteur. 

Si vous êtes en chicane avec votre blonde ou votre chum, ce n’est pas à bord de la Versa que vous allez régler quoi que ce soit; vous devrez crier pour vous entendre. 

Quant aux matériaux utilisés, c’est triste. Les plastiques sont d’une qualité tellement quelconque qu’on a peur d’y toucher, peur de les abîmer. Oui, ils s’égratignent facilement. À la manipulation de certains éléments, l’impression de fragilité est aussi dominante. Les commandes de la console centrale, l’interrupteur de la lumière du plafonnier et les poignées de porte intérieures, pour ne nommer que ceux-là, ne semblent pas très résistants.

Tenez, un autre exemple. Dans le compartiment moteur, le bras qui sert à tenir le capot en place est d’une telle petitesse qu’on doute de sa solidité. Sur notre modèle d’essai, ce dernier était desserré et chambranlant; rien de rassurant sur la qualité.  

Lorsqu’on fait la somme des irritants, la déception s’installe. 

Si on faisait le même genre de constant en comparant les produits de la concurrence, il n’y aurait pas lieu d’autant s’indigner; on critiquerait tout le monde. Mais le problème, il est là. Allez prendre place dans une Kia Rio et vous allez comprendre. Pourquoi, est-ce qu’à prix égal, la qualité est présente ailleurs? 

La Chevrolet Sonic a beau être plus dispendieuse, elle semble beaucoup mieux construite. Même chose pour la Ford Fiesta, la Honda Fit, etc. 

Qu’on ne me parle plus du gros bon sens!

Un modèle, trois versions
Présentement, seule la variante berline de la Versa a été retouchée, le modèle à hayon étant attendu d’ici un an. Trois versions de la berline sont proposées soit S, SV et SL. C’est la livrée S qui est offerte à 11 798 $ avec la boîte de vitesse manuelle seulement et sans aucune option. 

Notre essai s’est déroulé au volant d’un modèle SV, offert à 13 798 $ et auquel avait été ajouté l’ensemble CVT à 1300 $. Avec le transport et la préparation ainsi que les taxes de vente, la note finale s’élève à 19 177.83 $. À ce prix, pas de téléphonie Bluetooth, pas d’interface pour iPod, aucune commande au volant, pas de régulateur de vitesse ni de lampe de courtoisie à l’avant. Mesdames, la calamité : aucun miroir au dos du pare-soleil. Pour obtenir les options mentionnées, il faut ajouter 400 $ à la facture. 

Encore là, allez voir ce que la concurrence propose pour le même prix et vous allez tomber en bas de votre chaise. 

En conséquence, si vous avez à choisir une Versa pour des questions budgétaires, optez pour le modèle de base. Tant qu’à ne rien avoir... 

Point A au point B
Le cas échéant, vous mettrez la main sur une voiture qui va vous mener du point A au point B sans coup férir. Dotée d’un moteur fiable et dont l’entretien ne vous coûtera pas les yeux de la tête, la Versa fait ce qu’elle a à faire. Le niveau de confort à bord est correct et si vous faites du covoiturage, vos passagers arrière seront ravis de l’espace dont ils disposeront. Ils vous parleront moins du confort, toutefois. 

Côté puissance, le moteur de 4 cylindres et 1,6 litre qui anime désormais la Versa est moins puissant que celui qu’il remplace, mais à ce niveau, ce n’est pas vraiment un handicap. La Versa est tout sauf une voiture pensée pour la performance. 

La bonne nouvelle, c’est que la mécanique proposée se veut très frugale, elle dont les cotes de consommation sont établies à 6,7 litres aux 100 kilomètres en ville et à seulement 5,2 litres aux 100 kilomètres sur l’autoroute. C’est une moyenne de 6,3 litres que nous avons enregistrée lors de notre semaine d’essais. 

Un baume…

Conclusion
Logiquement, en raison du prix, Nissan devrait vendre quantité de Versa. Cependant, si l’acheteur se met à comparer l’offre, la chose est moins sûre. 

Le consommateur n’est pas dupe. Oui, il souhaite obtenir le meilleur prix possible, mais pas à n’importe quel prix. 

Nissan nous a habitués à plusieurs paris au fil des années. Celui-là, il est de taille. 

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Fiche technique 
Modèle : Nissan Versa 
Échelle de prix : 11 798 $ à 16 298 $
Version à l’essai : SV
Prix du modèle d’essai : 16 565 $
Transport et préparation : 1 467$
Options : boîte CVT (1300$)
Moteur : quatre cylindres 1,6 litre 
Puissance/couple : 109 ch / 107 lb-pi
Transmission : CVT
Suspension (av/ar) : indépendante/rigide
Freins (av/ar) : disques/tambours
Direction : à crémaillère assistée
Pneus (av/ar) : P185/75R15
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 6,7 l / 5,2 l
Consommation enregistrée (litres aux 100 km) : 6,3 l
Modèles concurrents : Chevrolet Sonic, Ford Fiesta, Honda Fit, Hyundai Accent, Kia Rio, Toyota Yaris