Portand, Oregon — Voici la vedette à quatre roues du film américain Nous avons acheté un zoo (V.F. de We Bought a Zoo). Un Ford Flex comme celui que conduit Matt Damon, l’interprète du rôle-titre. Un véhicule avec lequel cet acteur d’Hollywood n’effectue aucune poursuite infernale, simplement parce que dans ce film comme dans la réalité, le Flex a une vocation familiale.

Une comédie dramatique ne requiert généralement pas de véhicules capables de d’accélérations enlevantes, comme une Shelby GT500. Pour un veuf, père de deux enfants, qui décide d'acheter une propriété dans la campagne californienne et de relancer le zoo abandonné qui s’y trouve, il valait mieux avoir ce véhicule typique à la famille BCBG américaine.

Après tout, le Flex offre beaucoup d’espace; assez pour accueillir sept personnes. Un chiffre qui se traduit dans la réalité par six adultes assis confortablement et un petit passager en extra. Un aménagement véritablement spacieux et confortable, quelle que soit la banquette où l’on s’assied, chose quasi unique pour un véhicule de ce genre en Amérique. Car, règle générale, la banquette arrière d’un véhicule à 7 ou 8 places ne convient qu’à de très petits enfants. Et vous savez quoi ? Les enfants ne sont pas dupes; aujourd’hui, ils s’affirment et clament tout haut l’inconfort de ces banquettes bancales !

Pour l’espace avant tout

Bien entendu, un Flex peut aussi transporter une combinaison de passagers et de bagages, ou même seulement des bagages — un tas de bagages ! Mais le propriétaire typique d’un véhicule pareil l’exploite rarement autant. Les 2 356 litres (83,2 pieds cubes) dont il dispose, après avoir replié les deux banquettes médiane et arrière, ressemblent un peu aux performances d’un moteur : on en parle, mais on écrase rarement le champignon au plancher.

Dans bien des cas, l’acheteur typique d’un Ford Flex le choisit pour s’entourer d’espace et en savourer la sensation. Comme nos parents le faisaient autrefois en choisissant une Mercury Grand Marquis ou une Oldsmobile Ninety-Eight. Pour preuve, même Benjamin Mee (le personnage interprété par Damon dans le film) n’utilise jamais son véhicule aux formes anguleuses pleinement, même lorsqu’il fait une visite à la quincaillerie Home Depot du voisinage. Avec les deux enfants qu’il a dans ce film, un utilitaire Ford Escape aurait tout aussi bien fait l’affaire…

Mais ici, il était sans doute question de placement média. Car le film réalisé par Cameron Crowe sortait sur le grand écran au moment où le Flex 2013 faisait son entrée chez les concessionnaires. Un modèle que le fabricant qualifie de « nouveau ».

La nouveauté ne jettera toutefois personne par terre. Du point de vue esthétique, elle se résume à des modifications subtiles de la calandre, à de nouvelles roues et à un échappement à double embout de série.

De nouvelles lignes arrondies ?
Le fabricant parle aussi de « lignes arrondies à l'avant ». Je les cherche toujours, car aucune tôlerie n’a changé. Pas plus que les volumes de la carrosserie, évidemment. Tout est resté à la même place : les phares, les feux de position, les clignotants, même les antibrouillards. Sur la version Limited, un encadrement chromé sous la lentille de verre extérieure a été ajouté pour mettre en relief les projecteurs à décharge à haute intensité.

D’accord, il y a la portion inférieure du bouclier du pare-chocs avant, qui affiche désormais un découpage irrégulier, alors que la calandre a été parée par une large bande chromée transversale qui préserve la thématique anguleuse de la silhouette introduite en 2009.

Sur toutes les versions du Flex, aussi, l’ovale bleu de Ford a cédé sa place aux quatre lettre du vocable. Est-ce pour mieux mettre l’accent sur son identité, ou pour rendre moins évidente la filiation avec la marque de ce modèle dont le succès commercial reste mitigé.

Au Canada, en 2011, il s’est vendu dix fois plus de Dodge Journey que de Ford Flex. Sur environ 80 000 fourgonnettes et utilitaires multisegments qui ont été vendus, à peine plus de 2 000 était des Flex.

Choix de V6 performants
Bien sûr, cette piètre performance commerciale n’enlève rien au véhicule. Il dispose de deux moteurs intéressants : des V6 de 3,5 litres, l’un atmosphérique qui produit 287 chevaux, et l’autre suralimenté qui en produit 365. Deux moteur qui gagnent en puissance pour 2013 : 25 chevaux dans le cas du moteur atmosphérique et 10 chevaux pour celui qui est suralimenté.

Ce moteur suralimenté, un EcoBoost, est un des deux moteurs offerts pour le jumeau du Flex, le Lincoln MKT, qui est également assemblé à l'usine d'Oakville, en Ontario.

Les deux moteurs du Flex lui procurent des performances honorables. Avec le moteur turbo, il peut accélérer de 0 à 100 km/h en tout juste 8 secondes, alors que sa contrepartie dotée du V6 atmosphérique le fait en un peu moins de 9 secondes. En outre, ce véhicule utilitaire de deux tonnes affiche une capacité de remorquage variant de 907 à 2 041 kilos (2 000 à 4 500 lbs), selon la dotation.

Dans les deux cas, le moteur est jumelé à une boîte de vitesses automatique SelectShift à six rapports, qui fait preuve d’une grande souplesse de fonctionnement sur les routes sinueuses et dans les côtes. Une boîte automatique à mode manuel que seuls les acheteurs du Flex Limited peuvent exploiter à l’aide de palettes montées derrière le volant. Les autres doivent se contenter du levier bimodal de la console centrale...

Une transmission intégrale figure également au catalogue pour ce véhicule. Elle fait partie de la dotation de série du modèle haut de gamme Limited, alors qu’elle figure parmi les options offertes pour le modèle de gamme intermédiaire SEL. Le modèle de base SE, lui, n’est livrable qu’avec des roues avant motrices.

La suspension indépendante aux quatre roues assure un roulement ferme à souhait et un roulis très limité. En outre, le freinage, qui est assuré par des disques aux quatre roues, se révèle facile à doser.

Nouvelles ceintures arrière gonflables !
Le Flex dispose également de la batterie habituelle d’équipements de sécurité passive : des sacs gonflables frontaux et latéraux, de même que des rideaux gonflabes et des systèmes d’antiblocage de freins et d’antipatinage. Il pourra également avoir un régulateur de vitesse adaptatif, un système d’avertissement pour les angles morts et des ceintures de sécurité arrière gonflables, une première dans l’industrie.

Ford mise naturellement beaucoup sur les systèmes SYNC et MyFord Touch, qui assurent la gestion d’une foule d’informations en tout genre. Ces systèmes multimédias font usage de deux écrans couleur : un de 10,7 cm (4,2 po) derrière le volant et l’autre, tactile celui-là, de 20,3 cm (8 po) logé dans la portion centrale du tableau de bord. On aime ou l’on n’aime pas. Mais avec Ford, on n’a pas le choix : ça fait partie de la dotation de série.

Pour le Flex 2013, Ford a redessiné la section centrale du tableau de bord. On pourrait même dire épuré. Il ne reste pus qu’une ou deux molettes multifonctions, selon le modèle choisi par l’acheteur. Tous les autres commutateurs sont désormais de type tactile. Ajoutez à cela l’écran multimédia qui a, lui aussi, des commandes tactiles, et voilà un aménagement au design certes plus « sexy », qui fera saliver le voisin. Mais pour le conducteur, ce système exige plus d’attention même pour accomplir une tâche aussi simple que d’allumer la ventilation, et ce simplement parce qu’il est impossible de repérer une touche tactile du bout des doigts, sans regarder, de façon purement intuitive.

Dans faune automobile contemporaine, le Ford Flex fait partie des espèces exotiques. Son esthétique excentrique lui donne un statut presque unique, que seule la Mini partage, elle qui peut aussi être parée d’un toit de couleur distincte sur demande. Une caractéristique qui leur donne à tous deux un charme indéniable.

Son aménagement intérieur lui procure aussi un côté polyvalent appréciable. Cependant, les amateurs de chiffres relèveront rapidement le fait que le volume utile de son coffre place le Flex entre un Chevrolet Traverse (environ 30% plus de volume utile) et le Dodge Journey (environ 20% moins de volume utile).

Bref, le Ford Flex se retrouve à part des autres, ses rivaux : plus petit que l’un, plus gros que l’autre, esthétiquement différent de l’ensemble, à la fois familiale, fourgonnette et multisegment. Cette identité nuancée contribue peut-être à son succès mitigé, ce qui est dommage, je l’avoue. Cela dit, si vous achetez un zoo...


Contenu connexe :
Ford Flex et Lincoln MKT 2013 : les monstres se refont une beauté !
Lincoln MKT 2012 : le luxe intelligent... à défaut d'être beau !


Fiche technique
Modèle :
Ford Flex 2013
Échelle de prix : 30 499 $ à 44 399 $
Transport et préparation : 1 500 $
Moteurs : (1) V6, 3,5 litres; (2) V6 turbo, 3,5 litres
Puissance/couple : (1) 285 ch / 253 lb-pi; (2) 355 ch / 350 lb-pi
Transmissions : automatique à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante/indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés/disques pleins
Direction : à crémaillère assistée (hydraulique pour 2RM; électrique pour 4RM)
Pneus (av/ar) : P235/60R17 (SE) ; P235/60R18 (SEL) ; P235/55R19 (Limited); P255/45R20 (Limited)
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 11,8 / 8,0 (atmo., 2RM); 12,7 / 8,7 (atmo., 4RM); 13,1 / 8,8 (turbo., 4RM);
Modèles concurrents : Buick Enclave, Chevrolet Traverse, Dodge Journey, GMC Acadia, Honda Pilot, Honda Odyssey, Hyundai Veracruz, Kia Sedona, Mazda CX-9, Nissan Quest, Subaru Tribeca, Toyota Highlander, Toyota Sienna.