Halifax, Nouvelle-Écosse – Il y a sur le marché, grosso modo, une quarantaine de produits dont le coût d’acquisition peut dépasser les 100 000 $. On vous le donne en mille, la SL de Mercedes-Benz est du groupe. 

Dans ce créneau sélect où « money is no object », la question n’est pas de savoir s’il l’acheteur a les moyens de se payer tel ou tel joujou. Plutôt, il faut se demander lequel il a le goût de se procurer. 

Avoir ou ne pas avoir une SL : telle est LA question 

Riche histoire
Apparue en 1954, la SL a immédiatement fait sa marque et est devenue un classique, principalement en raison de la présence de ses portes-papillon qui, rappelons-le, étaient une nécessité bien plus qu’un caprice stylistique de ses créateurs. En effet, on les avait conçues ainsi en raison de la configuration du châssis de la voiture, d’abord pensé pour la course automobile. Ce dernier, de forme tubulaire, ne permettait pas la présence de portes conventionnelles. 

Le mythe de la SL n’a pas tardé à naître. Il a perduré tout au long de l’histoire du modèle et Mercedes-Benz le cultive ardemment aujourd’hui. 

C’est simple, cette voiture est porteuse d’une aura. 

Sixième génération
L’année 2013 marque l’entrée en scène de la sixième génération de SL. Elle était attendue, car la dernière refonte datait de 2003. Des correctifs importants avaient été apportés en 2009, toutefois. 

À ce moment, plusieurs l’avaient décrite comme parfaite. Trois ans plus tard, voilà qu’on nous présente celle dont le mandat est d’éclipser celle qu’elle remplace. Pas une mince tâche, on n’en convient. 

Au fait, comment fait-on améliorer la perfection?

Rien n’est jamais parfait
Pour parfaire la perfection, il faut s’attaquer aux petits détails, car finalement, vous le savez comme nous, rien n’est jamais parfait. C’est du moins la mission que s’est donnée Mercedes-Benz. Attention, toutefois; ce n’est pas parce qu’on se donne une telle mission que le succès en est assuré. Voyons voir ce qui a été fait. 

L’esthétisme
La SL a grossi, mais ce n’est pas mesurable à l’œil nu. Pour cela, il faut sortir le gallon. Plus précisément, on parle de 57 millimètres, tant en largeur qu’en longueur. L’ensemble demeure très reconnaissable. Par contre, lorsqu’on s’y attarde, on prend note de l’accentuation des traits. Les phares sont plus gros, la calandre est plus massive, les feux sont plus imposants, le capot est plus découpé, etc. 

Ceux qui trouvaient que l’ancienne SL avait une enveloppe un peu discrète ne pourront répéter ces paroles en décrivant l’allure de la nouvelle. Est-ce que c’est plus beau? Ah, bien là, ça dépend franchement des goûts, surtout que l’ancienne mouture n’était pas mal du tout. Néanmoins, force est d’avouer que de profil, la nouvelle SL est impressionnante. Du reste… 

À noter que pour le Canada, comme c’est souvent le cas avec les produits Mercedes-Benz, notre marché se voit gâté. Ainsi, notre SL profite de série de jantes de 19 pouces signées AMG ainsi que de certaines caractéristiques : le système PARKTRONIC, le dispositif Active Body Control, des appliques de bois sur le volant, une horloge et un système de freins sport qui comprend d’immenses disques et des étriers identifiés Mercedes-Benz, entre autres. 

Sous le capot
Pour l’instant, nous n’avons que la version 550 de la SL à nous mettre sous la dent. Il faudra patienter pour découvrir les versions AMG. Néanmoins, on sait ce qui va se cacher entre les roues avant de ces bêtes. 

La version SL63 AMG profitera d’un V8 biturbo de 5,5 litres qui offre à son conducteur jusqu’à 557 galopeurs et jusqu’à 664 livres-pieds de couple avec l’ensemble performance AMG. 

Un V12 biturbo de 621 chevaux et 738 livres-pieds de couple équipera par ailleurs la variante SL65 AMG. 

Ridicule, oui. Avouez tout de même que ces chiffres sont impressionnants. 

Quant à la SL550, elle est équipée d’un tout nouveau moteur V8 biturbo de 4,6 litres à injection directe. Sa puissance : 429 chevaux et 516 livres-pieds de couple. Une boîte automatique à sept rapports lui est jumelée. 

Les détails
À l’intérieur, les détails font la différence. Mais attention. Pour en profiter, il faut équiper la SL de l’ensemble Premium à 4900 $. Une fois fait, le conducteur profite de la caméra de recul, du fameux système AIRSCARF qui nous envoie de l’air chaud sur la nuque, de l’accès sans clef et d’un système d’accès mains libre au coffre arrière. Concernant ce dernier, il suffit de passer le pied sous le parechoc afin de déclencher l’ouverture du coffre. Lorsqu’on a terminé, on repose le geste et le coffre se referme. 

Autre débordement dont on profite à bord : les sièges dynamiques. Les supports latéraux de ces derniers se gonflent pour nous tenir en place, selon les mouvements que l’on impose à la voiture. On vire brusquement à gauche, le côté droit du siège se gonfle. 

Les détails qu’on vous dit… 

A-t-on besoin d’en ajouter en vous parlant du niveau de confort, divin, de l’insonorité, au poil, ou du fait que la chaîne audio a tout pour séduire les mélomanes? Et que dire du toit MAGIC SKY, offert en option? Celui-ci empêche la lumière d’entrer dans l’habitacle grâce à un jeu de particules dissimulées dans le toit. Lorsqu’activées grâce à un courant électrique, elles agissent comme pare-soleil. 

Des détails impressionnants. 

Le compromis parfait?
Avec un tel niveau de confort à l’intérieur et une motorisation à la puissance démente, comment ne pas s’attendre à quelque chose de très bien au volant? En plus, les aides à la conduite sont là pour corriger les erreurs du pilote, qu’il soit inexpérimenté ou trop téméraire. 

Beaucoup repose sur le système ABC, soit l’Active Body Control. Ce dernier intervient de multiples façons afin de conserver la voiture stable. À haute vitesse, il abaisse le centre de gravité afin d’augmenter sa stabilité. En virage, l’effet de roulis est contrecarré par un ordinateur, non des barres antiroulis. En somme, la voiture réagit parfaitement, tout le temps. 

En prime, elle accélère comme un cheval enragé et au freinage, on a l’impression que les pneus sont faits de velcro.

Quant à la boîte de vitesse, son travail est aussi discret qu’efficace. 

Conclusion
En 2011, Mercedes-Benz a vendu 52 Classe SL au Québec, 230 au Canada. On s’entend, ce n’est pas avec cette voiture que le constructeur fait des millions. Cependant, c’est avec ce genre de produit qu’il cultive le mythe. À ce niveau, le travail est impeccable. 

L’effet nouveauté permettra sûrement À Mercedes-Benz d’augmenter ses ventes, du moins à court terme. 

En avoir les moyens, l’auteur contribuerait à cette hausse. 

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Fiche technique 
Modèle : Mercedes-Benz
Version : SL550
Échelle de prix : 123 900 $ 
Moteurs : V8 biturbo de 4,6 litres à injection directe
Puissance/couple : 429 ch / 516 lb-pi
Transmission : automatique à 7 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés
Direction : à crémaillère, assistée
Pneus (av/ar) : P255/35R19 – P285/30R19
Garantie de base : 4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 4 ans / 80 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 10,5 l (moyenne) 
Modèles concurrents : Aston Martin Vantage, BMW Série 6, Porsche 911, Jaguar XK