En 2006, j'écrivais que la ES350 s'adressait aux conducteurs du dimanche (ben quoi, il en faut, des voitures, pour les conducteurs du dimanche!) et que si l'on voulait quelque chose de sportif ou de plus connecté, valait mieux regarder ailleurs.
On ne s'en sort pas: la Lexus ES , c'est une Camry de luxe. La 6e génération, qui débarque chez les concessionnaires cet été, ne fait pas exception.
Et d'ailleurs, pourquoi ferait-elle exception? N'est-elle pas le second modèle le plus populaire de Lexus, après l'utilitaire RX? Voilà pourquoi ses concepteurs n'ont pas voulu tomber trop loin de l'arbre. Et c'est pourquoi la voiture, dans son ensemble, conserve ses attributs de routière confortable, avec sa suspension qui isole bien (pour ne pas dire trop...) des cahots de la route.
Oh, il y a bien quelques petits changements. Comme le veut la tendance, la direction passe de l'hydraulique à l'électrique. Ce seul fait devrait mettre à mal la disposition - déjà faible - de communiquer avec la route, mais non. Parce que la nouvelle ES350 réduit son rapport d'engrenages, le volant guide de façon diplomatique, sans trop d'assistance.
Autre résultante du passage générationnel: l'empattement s'étire de 45mm, ce qui accorde un dégagement vraiment supérieur aux jambes arrière (10cm de plus, c'est méga!). En plus, ça facilite les entrée et sorties. Deux grands adultes peuvent donc prendre place l'un derrière l'autre et ce, sans compromis. Le coffre y gagne aussi quelques litres, mais la banquette n'accepte toujours pas de se rabattre. Question de rigidité, dit-on.
Statu quo
Sinon, on garde le même V6 de 3,5 litres qui produit (encore) 268 chevaux et 248 lb-pi. Si les accélérations ne sont pas endiablées, elles ont le mérite d'être souples et de suffire à la tâche, transigées qu'elles sont par une boîte automatique (toujours à six rapports) tout à fait transparente.
Mais... ne cherchez pas d'injection directe, ni de turbo, encore moins de transmission à sept ou huit rapports. On n'en est pas là pour réduire la consommation en carburant, du moins pour la ES350.
Notre essai d'une demi-journée sur grand-route et dans des petites villes de l'Oregon nous a permis d'enregistrer un 8,6L/100km. Cette consommation somme toute raisonnable pour une voiture de luxe vous déplaît? Bonne nouvelle: la ES se propose désormais en variante hybride - la 300h. Et c'est sans doute là la plus importante nouveauté de cette 6e génération...
La grande nouveauté: une "H"
On ne pouvait y échapper: une Lexus sur cinq vendue au pays est une hybride. La ES hérite dont du même groupe propulseur (ou presque) que pour la Camry. C'est dire un quatre cylindres de 2,5L qui, en totalisant la puissance des contributeurs électriques, développe 200 chevaux.
Mais... vous devrez alors dire adieu à un comportement routier sans anicroche. Je vous le dis, vous vous surprendrez à regretter le conformisme de la ES350.
Car la voiture est non seulement moins puissante, elle doit subir les affres d'une transmission à variation continue - heureusement, le mode manuel est permis à même le levier de vitesse.
Qui plus est, la 300h se démène moins solidement, un peu comme si le surplus de poids attribuable à ses batteries venait briser l'équilibre. En virage, c'est nettement moins assuré - ça fait pratiquement passer la ES350 pour une athlète. Aussi, le freinage se fait trop gauche pour être domestiqué. C'est comme si on retournait aux premières hybrides du début du millénaire, avec cette pédale dure mais qui ne mord pas. Bref, ça ne convainc pas.
Il y a certes ces trois modes de conduite à choisir d'une molette - Eco, Normal et Sport, modes qui sont d'ailleurs repris sur la non-hybride. C'est bien beau en théorie, cette possibilité de retenir les ardeurs de l'accélérateur et des rapports de transmission. Dans la réalité cependant, c'est dérangeant d'ainsi batailler avec la pédale de droite - suffisamment en tout cas pour repenser nos stratégies de dépassement.
Si ça vaut la peine, côté consommation? On ne le sait pas: Lexus ne peut encore nous dévoiler les cotes de consommation officielles. La nôtre, pour quelques heures, s'est établie à 7,6L/100km, soit 15% de moins que pour la ES350. Si nous avions davantage roulé en ville, nous aurions assurément encore mieux fait.
Planche... gériatrique
Dedans, côté matériaux et qualité d'assemblage, on ne note qu'un ou deux plastiques durs, mais ceux-ci sont bien dissimulés, à l'abri des doigts égarés. Ce qui revient à dire que tout le reste est impeccable. On aime bien le bambou en garniture (réservé pour l'hybride).
Vous avez remarqué que, de plus en plus, les planches de bord s'élèvent en hauteur, concentrant les commandes sur une mince superficie verticale? Pas ici: tout s'étire du volant jusqu'au passager et, ce qui frappe encore plus, c'est l'envergure des contrôles. Pas de petits pitons "hiéroglyphes", que de belles grosses roulettes et molettes et commandes faciles à apprivoiser et à manier. Un intérieur "gériatrique", a lancé un collègue...
Et c'est peut-être pour cette raison que la techno qui monte à bord ne fait pas trembler les murs de l'innovation. On a toujours droit à ce contrôle "Remote Touch" et si l'on préfère les écrans tactiles, plus directs, cette presque-souris avec mode haptique (la résistance virtuelle, si vous préférez) est quand même instinctive, en plus de tomber à portée de main droite.
Sinon, rien de vraiment épouvantablement innovant dans ces alertes aux angles morts, à la sortie de voie ou à la circulation transversale. Après tout, la nouvelle Nissan Altima, dévoilée le mois dernier, en propose tout autant... Qui plus est, ces gizmos ne sont disponibles qu'en option et sur les variantes les plus haut de gamme. On est loin de la démocratisation technologique.
Même qu'on perd certains acquis. Le cuir n'est plus de série (on a cependant droit à un revêtement NuLuxe) et si les phares au xénon peuvent être commandés, ils ne sont plus adaptatifs (lire: qui pivotent avec la direction).
Enfin, toujours pas de banquette chauffante pour dorloter le popotin des passagers à l'arrière, toujours pas de traction intégrale. On gagne toutefois les options de volant chauffant et de coffre assisté. Pour combien de bidous? À ce sujet-là non plus, Lexus n'a rien dévoilé. Il faudra patienter jusqu'à la mi-été pour apprendre, sans doute, que... les prix demeureront sensiblement les mêmes, soit à partir de 42 000$.
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Fiche technique
Modèle : Lexus ES350 et ES300h 2013
Échelle de prix : nd
Moteurs : V6, 3,5 litres (ES350) / 4 cyl, 2,5 litres ES300h)
Puissance/couple : ES350: 268 ch / 248 lb-pi, ES300h: 200 ch
Transmission : séquentielle à 6 rapports (CVT pour la ES300h)
Suspension (av/ar) : indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés
Direction : crémaillère à assistance électrique
Garantie de base : 4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 6 ans / 110 000 km
Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : nd
Consommation enregistrée (litres aux 100 km) : 8,6L (ES350), 7,6L L(ES300h)
Modèles concurrents: Acura TL, Buick Lacrosse, Hyundai Genesis, Lincoln MKZ, Nissan Maxima, Toyota Avalon


























