Au Canada, c’était le premier rang qu’il occupe à la fin de 2011. Une place qu’il dispute à un seul rival : le Ford Explorer. Celui-là même qui dominait, et de loin, le créneau des utilitaires 4x4 de taille moyenne il y a une décennie. Une première place qu’il taquinait à la fin de l’année dernière sur le marché canadien.
Aux États-Unis, par contre, il l’a de nouveau ravi, fin 2011, mais par un faible écart d’une dizaine de milliers de ventes seulement. Faible écart, oui, compte tenu que ce créneau représentait quelque 500 000 ventes l’an dernier chez nos voisins américains. Ici, il frôle les 40 000 ventes, sans plus.
Mais il y a une décennie, les Américains achetaient près d’un million de ces utilitaires chaque année !
Cette chute dans les ventes s’explique par la migration des consommateurs, qui sont allés des utilitaires purs et durs vers ces véhicules modernes baptisés « multisegments ». Vous savez, ces utilitaires déguisés en familiales hautes sur pattes, qui sont bâtis sur des variantes de plateformes d’automobiles. Ce même créneau vers lequel bien des acheteurs de fourgonnettes se sont également tournés au cours de cette même période.
Bref, l’utilitaire intermédiaire, le « vrai », n’a pas encore disparu du marché, mais ses fabricants doivent user d’ingéniosité pour lui conserver des attraits. Et là-dessus, Chrysler a visiblement fait du bon travail, en multipliant les versions de ce modèle de bonne façon.
Cinq versions, trois moteurs
On parle ici des cinq versions : l’économique, l’abordable, la luxueuse, la cossue et la musclée. En matière de dénominations, cela se traduit (dans l’ordre) par : Laredo E, Laredo X, Limited, Overland et SRT8.
Jeep propose aussi trois moteurs pour ces véhicules. Pour les acheteurs soucieux de la consommation, le V6 Pentastar se révèle incontournable. Ce moteur de 3,6 litres introduit en 2011 figure parmi l’équipement de série de toutes les versions, sauf la SRT8 naturellement.
Il procure la plus faible consommation à ce mastodonte de deux tonnes. Le fabricant annonce une cote moyenne de 10,9 litres aux 100 km (qu’on peut prendre avec quelques grains de sel). Ce moteur permet aussi de remorquer des charges atteignant 2 269 kg (500 lb).
Une large part des acheteurs des versions Laredo X, Limited et Overland n’hésitent pas cependant à opter pour le V8 HEMI de 5,7 litres inscrit parmi les options de ces trois versions. Une option pour laquelle ils doivent débourser 2 150 $ et qui augmente la cote de consommation à 13,6 litres aux 100 km. Or, que l’on ait foi en ces cotes annoncées par les fabricants ou non, celle de ce HEMI annonce néanmoins une consommation supérieure d’environ 25 %, et ce malgré le système de cylindrée variable dont ce moteur est muni (une chance qu’il l’a !). Voilà un facteur dont l’acheteur peut tenir compte avant de signer le contrat d’achat.
Bien entendu, plusieurs acheteurs qui optent pour ce moteur le font pour sa capacité de remorquage accrue, soit 3 266 kg (7 200 lb). Ils ne le choisissent sûrement pas pour la seconde (et quelques poussières) qu’il permet de retrancher sur le temps d’accélération de 0 à 100 km/h par rapport au V6 (qui nécessite un peu plus de 8 secondes).
Et puis, il y a l’autre HEMI. Ce moteur gonflé aux stéroïdes qui anime le Grand Cherokee SRT8; le véhicule dont nous avons fait l’essai. Ce V8 de 6,4 litres produit 470 ch. et 465 lb-pi de couple. Assez pour propulser cet utilitaire de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes. Une puissance qui fait l’effet d’une catapulte ! Ce moteur aussi est doté d’un variateur de cylindrée, qui lui permet d’arrêter quatre cylindres lorsque c’est possible pour maintenir la consommation de carburant à un niveau « raisonnable », comme en témoigne sa cote moyenne de 14,3 li/100 km... une donnée qui n’est sans doute pas la priorité des acheteurs de ce bolide !
Vrai VUS
Le Grand Cherokee SRT8 fait partie de ces rares utilitaires pour lesquels l’expression VUS (véhicule utilitaire sport) convient vraiment. Pas seulement à cause du fait qu’il peut parcourir le quart de mille en 13 secondes, ou de s’immobiliser au bout de 35 mètres lors d’un arrêt de 100 à 0 km/h. Mais plutôt parce que ce véhicule reçoit une dotation à la mesure de vocation sportive.
Cela comprend une servodirection hydraulique (pas électrique, heureusement) dont les réglages rendent le braquage plus précis, des pneus Pirelli Scorpion Verde (à cote de vitesse Z) et des freins Brembo offrant le mordant requis pour accomplir le freinage en 35 mètres… à répétitions !
À cela s’ajoute la boîte de vitesses ZF à 5 rapports (qui remplace la nouvelle boîte automatique 65RFE à 6 rapports qui est jumelée à l’autre V8 HEMI). Une boîte dont le mode séquentiel AutoStick s’exploite fabuleusement bien à l’aide des palettes montées derrière le volant.
À la base, sa suspension reçoit des réglages qui la rendent ferme, mais pas au point d’en faire un tape-cul façon Nissan GT-R. De plus, pour donner plus de latitude au conducteur, on l’a dotée d’un système de variation de l’amortissement qui donne le choix de cinq modes dynamiques correspondant à autant de conditions routières : Auto (automatique), Sport, Tow (parce que ce SRT8 peut aussi servir au remorquage), Track (s’il vous vient l’idée d’aller vous amuser un peu sur une piste) et Snow (pour vous aider à maîtriser la horde de chevaux qui loge sous le capot dans des conditions de conduite hivernale).
Le SRT8 dispose aussi d’une variante de la transmission intégrale Quadra-Trac conçue spécifiquement en fonction de son moteur. Dans les conditions extrêmes, ce système peut d’ailleurs diriger vers une seule roue arrière jusqu’à 100 % du couple moteur.
Et pour bien se distinguer des autres versions, le Grand Cherokee SRT8 se pare d’une sellerie de cuir Nappa, de garnitures intérieures en fibre de carbone (de la vraie !) et de nombreux éléments de carrosserie exclusifs (calandre plus massive avec feux de jour à DEL, bas de caisse proéminents, becquet arrière, etc.).
Malgré tout, le SRT8 conserve le côté pratique du Grand Cherokee, qui peut accueillir confortablement quatre adulte, cinq au besoin, ou transporter une masse de colis grâce à son coffre modulable très volumineux.
Des SRT8 pour des pilotes de F1 ?!
Signe du rapprochement qui s’opère entre Fiat et Chrysler, mais aussi de l’importance accordée au Grand Cherokee pour le marché européen, cette année les deux pilotes de l’écurie de Formule 1 de Ferrari, Fernando Alonso et Felipe Massa, ont reçu des versions spéciales du SRT8 pour leurs déplacements personnels.
Évidemment, pour ces « ambassadeurs » de la plus célèbre écurie de F1, on a donné à leur monture une couleur appropriée : Rosso corsa — rouge course, une couleur rappelant les Ferrari ! Bien entendu, le SRT8 dont j’ai fait l’essai avait une allure plus humble avec sa peinture de série appelée Rouge cerise intense nacré (ouf! quel nom). Une couleur que les policiers n’ont cependant aucune peine à repérer, et de loin, même lorsqu’on ne pilote pas ce véhicule comme le feraient Alonso ou Massa !
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Fiche technique
Modèle : Jeep Grand Cherokee 2012
Échelle de prix : 38 195 $ à 55 395 $
Version à l’essai : Grand Cherokee SRT8
Prix du modèle d’essai : 55 395 $
Transport et préparation : 1 595 $
Options (SRT8) : Ensemble d’attelage de remorque (750 $); chaîne audio SRT (995 $); système audiovisuel avec lecteur de DVD pour les places arrière (2 595 $); ensemble De Luxe comprenant le régulateur de vitesse adaptatif, le détecteur des angles morts et de passages de véhicules à l'arrière, le système d’avertissement de collision frontale, le tableau de bord et l’accoudoir central gainés de cuir, des garnitures en cuir pour la section supérieure des panneaux de porte et le hayon à commande électrique (2 995 $); toit ouvrant panoramique à doubles sections de verre (1 495 $).
Moteur : V8, 6,4 litres
Puissance/couple : 470 ch / 465 lb-pi (à 4 300 tr/min)
Transmission (SRT8) : automatique à 5 rapports avec commande manuelle
Suspension (av/ar) : indépendante/indépendante
Freins (av/ar) : disques ventilés/disques pleins
Direction : à crémaillère assistée
Pneus (SRT8; av/ar) : P295/45ZR20
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 3 ans / 60 000 km
Consommation annoncée (SRT8, ville/route, litres aux 100 km) : 17,1 l / 11,4 l
Modèles concurrents : Buick Enclave, Chevrolet Traverse, Dodge Durango, Ford Explorer, GMC Acadia, Honda Pilot, Nissan Pathfinder, Toyota 4Runner.

























