Le Québec est le royaume de la petite voiture. Mais il y a petit et petit. Parfois entre sous-compacte et compacte, la différence devient floue, surtout s’il est question de prix. La Mazda2 le démontre.

Parmi l’ensemble de la population canadienne, les Québécois sont les plus grands consommateurs de petites voitures. C’est dans la Belle province que les fabricants écoulent la plus grande part de leurs compactes et surtout de leurs sous-compactes.

Le cas de Mazda l’illustre bien. En 2010 et 2011, 50 % des Mazda2 vendues au pays ont trouvé preneur au Québec. Dans le cas de la Mazda3, la proportion est plus « faible » : elle ne frôle que les 40 % !

Au royaume de la petite voiture, on aime les dimensions réduites du véhicule, mais aussi sa consommation moins importante. Après tout, c’est au Québec que le prix du carburant est le plus élevé.

Bien cerner ses besoins
Mais petit n’est pas nécessairement garant de bonne affaire. Ici plus que jamais, il est important de bien cerner les besoins et le budget qui peut être alloué à l’acquisition ou la location d’une automobile.

Prenez la Mazda2 par exemple. Cette voiture introduite en 2011 a une allure qui plaît, alors que son architecture et sa dotation la rendent agréable à utiliser.

Son petit 4-cylindres de 1,5 litre est le moteur commun aux deux versions inscrites au catalogue : GX, de base, et GS. Il s’agit d’un multisoupape à doubles arbres à cames en tête appelé MZR, qui est jumelé à une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports de série, ou à une automatique à 4 rapports offerte contre un supplément de 1 150 $.

Le modèle de base a un prix qui, une fois les taxes et les frais de préparation ajoutés, gravite dans les 15 000 $. Le nec plus ultra des Mazda2, une GS à boîte automatique (comme celle que nous avons conduite), dépasse allègrement les 20 000 $.

Amusante à conduire

Comme tous les produits Mazda, les modèles équipés de la boîte de série bénéficient d’une boîte agréable à utiliser avec un embrayage qui n’oppose aucune résistance et un levier dont le mouvement est précis.

La boîte automatique, par ailleurs, rend la conduite en milieu urbain plus reposante, certes, mais puisqu’elle n’a que 4 rapports, à haut régime elle n’aide pas le moteur à être plus discret qu’il le faut. Essentiellement, on « entend » le moteur (on se rend compte qu’il est présent, si vous préférez) lorsqu’on le sollicite hardiment. Cela dit, lorsqu’on sait qu’une humble Kia Rio de base peut désormais recevoir une automatique à 6 rapports pour des prix comparables à ceux de la Mazda2, on imagine facilement à quoi pourrait (ou plutôt devrait) ressembler la fiche technique de la prochaine génération de Mazda2 !

Cela n’empêche pas le duo MZR/BVA d’offrir une accélération très linéaire. Car, bien qu’il faille une dizaine de secondes pour accélérer de 0 à 100 avec ce 4-cylindres de 100 chevaux et la boîte automatique, on ne ressent aucun « trou » entre le départ-arrêté et la vitesse légale sur autoroute. Invariablement, le conducteur trouve la Mazda2 pimpante, et c’est toujours contre toute attente.

La servodirection légère rend cette puce agréable à conduire dans un centre-ville congestionné ou des stationnements souterrains aux espaces si étroits. De plus, son freinage est facile à moduler. Par contre, sa suspension à essieu arrière rigide, qui masque généralement bien les petits défauts du revêtement, lui cause parfois de légers louvoiements sur l’autoroute.

Pour 2012, le fabricant a réussi à réduire de 4 % la cote de consommation moyenne de ses Mazda2 équipées de la boîte automatique. Cette cote officielle passe donc de 6,5 à 6,2 litres aux 100 km, ce qui aide à rendre cette petite Mazda plus concurrentielle.

Pour acheteurs raisonnables ?
Pour bien des acheteurs, son comportement routier sera très satisfaisant. Après tout, les sous-compactes de ce genre ne sont pas l’apanage des amateurs de vitesse. Leurs acheteurs valorisent plutôt la petitesse du véhicule, son aspect pratique, sa consommation et, surtout, son prix.

Or, la Mazda2 est indéniablement pratique. Offerte uniquement sous la forme d’une berline à 4 portes et hayon, elle dispose de places avant très satisfaisantes pour des adultes, même de grande taille. Le confort des places arrière dépend, par ailleurs, de l’usage qui est fait des places avant. Le dégagement pour les jambes à l’arrière est très limité, surtout lorsque les sièges baquets sont reculés à leur position extrême. Dans mon répertoire, ce genre de voitures (tout comme ses rivales) s’adresse à deux adultes et deux jeunes enfants.

La Mazda2 a un coffre transformable grâce à sa banquette arrière qui a des dossiers asymétriques rabattables. Le volume utile peut donc varier de 377 à 787 litres. Ces cotes qui s’apparentent à celles d’une Ford Fiesta, mais qui sont bien en deçà de celles de la Honda Fit, la championne en matière de polyvalence dans ce créneau.

Il faut préciser aussi qu’en soulevant le hayon (très léger), on remarque un seuil d’environ 10 cm par-dessus lequel il faut chaque fois soulever les colis. De plus, comme dans une Toyota Yaris ou une Nissan Versa, en rabattant les dossiers de la banquette arrière, on obtient une aire de chargement à deux niveaux distants d’environ 10 cm. Non, le plancher n’est pas plat. Cela signifie qu’il faut souvent charger les gros colis de travers, ce qui ne facilite pas leur manipulation.

Facteur prix déterminant
C’est au chapitre des prix que la jolie puce de Mazda peut paraître moins attrayante. Avec un prix de base sous la barre des 14 000 $ (par 5 $ !) pour le modèle de base attire immanquablement l’attention. Cependant, ce prix à peu de choses le même que celui d’une Kia Rio 5-portes de base (LX), soit 13 995 $ vs. 14 195 $. Cette Rio est offerte pour un prix à peine plus élevé, mais on obtient alors une voiture plus spacieuse, équipée d’un moteur développant 38 ch. de plus et pas tellement plus gourmand. Une voiture dont l’aire à bagages procure un volume utile modulable plus important (425 à 1 410 litres), malgré le fait que cette Rio ne mesure que 10 cm de plus en longueur !

Même en ajoutant le climatiseur qui hausse le prix de la Mazda2 GX de 1 195 $ (15 190 $), la Rio 5-portes (LX+ : 15 695 $) conserve un avantage au chapitre du prix. En effet, ce modèle dispose de sièges chauffants (option de 599 $ pour les Mazda2 GX et GS) et surtout, la fonction Bluetooth permettant la téléphonie cellulaire en mode mains libres, un système qui fait cruellement défaut à la Mazda2 même la plus chère.

Comparer la Mazda2 à la Mazda3 mène à un constat similaire : si la « 2 » s’avère souvent la moins chère des deux, la « 3 » semble en donner davantage pour un déboursé souvent à peine plus élevé. De plus, il faut admettre que les incitatifs offerts par le fabricant favorisent plus souvent la Mazda3 que la Mazda2.

Cela nous ramène donc au principe de base de l’achat avisé : définir clairement ses besoins, ses goûts et son budget, sans oublier de clarifier ses priorités. Car la Mazda2 ne manque pas d’attrait lorsqu’on la considère pour ce qu’elle est : une petite voiture agréable à utiliser lorsqu’on est seul, un jeune couple ou deux adultes avec deux jeunes enfants, surtout si elle sert principalement en milieu urbain.

L’automobiliste qui effectuerait régulièrement de longs parcours et qui aurait besoin régulièrement d’un intérieur plus spacieux trouverait probablement des produits mieux adaptés parmi les voitures compactes, et pas pour plus cher nécessairement ! Un constat qui peut surprendre et décevoir tout à la fois…


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Fiche technique
Modèle :
Mazda 2012
Échelle de prix : 13 995 $ à 19 345 $
Version à l’essai : Mazda2 GS (BVA)
Prix du modèle d’essai : 19 345 $
Équipement exclusif : boîte de vitesses automatique.
Transport et préparation : 1 495 $
Moteur : L4, 1,5 litre
Puissance/couple : 100 ch / 98 lb-pi
Transmissions : manuelle à 5 rapports de série; automatique à 4 rapports en option
Suspension (av./ar.) : indépendante/essieu rigide
Freins (av./ar.) : disques ventilés/tambours
Direction : à crémaillère assistée
Pneus (av./ar.) : 185/55R15
Garantie de base : 3 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée ville/route, litres aux 100 km : 6,8 / 5,6 (BVM); 7,1 / 5,8 (BVA).
Modèles concurrents : Chevrolet Sonic, Chevrolet Spark, Ford Fiesta, Honda Fit, Hyundai Accent 5p, Kia Rio 5p, Mitsubishi Mirage (à venir), Nissan Versa 5p, Scion xD, Toyota Yaris 5p.