Il y a des segments de l’industrie qui sont plus cruels que d’autres, c’est certain! Prenez la Toyota Tundra, une camionnette pleine grandeur qui est venue s’immiscer sur le territoire nord-américain à la fin du siècle dernier et qui, malheureusement, n’a pas encore réussi à convaincre les acheteurs purs et durs attachés à leur marque « made in USA ». Pourtant, le Tundra est un produit typiquement américain puisqu’il est assemblé au Texas, un État où le « pickup » est roi.

Même si le mal-aimé de la catégorie – il se vend tout de même trois fois plus de Tundra que de Nissan Titan – n’arrive pas encore à surpasser les camionnettes des Trois Grands à plusieurs niveaux, la camionnette Tundra est toujours en vente et demeure un produit qui se défend assez bien, si vous n’êtes pas du genre à tirer de lourdes charges au quotidien.

Car c’est là sa principale faiblesse. Le Tundra n’offre pas autant de capacité de remorquage que les autres, et c’est la même histoire au niveau de la charge utile. Si le constructeur nippon veut frapper un grand coup lors de la refonte complète prévue pour 2014, il va falloir présenter des chiffres plus impressionnants. Heureusement, le conducteur de camionnette pleine grandeur ne regarde pas uniquement les capacités de son véhicule lorsqu’il magasine.

Un pickup traditionnel
Il y a également l’apparence de ce dernier même si, encore une fois, ce détail est supposé passé au second rang des priorités. Une camionnette est un outil de travail avant tout, n’est-ce pas? Bon d’accord, il y a bel et bien quelques irréductibles conducteurs qui veulent simplement afficher leur testostérone en étant aperçu au volant d’un gros « pickup » chromé, mais pour la majorité, une camionnette est une nécessité.

Dans le cas du Tundra SR5 à cabine simple prêté pour cet essai, le design n’a pas changé outrageusement depuis l’introduction du véhicule en 2007. La grille de calandre affiche une barre transversale de moins, tandis que la partie centrale du pare-chocs présente des ouvertures différentes, mais il n’y a pas de quoi écrire à sa mère.

La camionnette à cabine simple était habillée de l’ensemble Apparence qui comprend des jantes de 18 pouces et des pare-chocs chromés, des écussons SR5, des phares antibrouillard, sans oublier toutes les commodités de l’habitacle livrées avec cet ensemble. Un petit mot sur l’énorme fenêtre latérale de cette cabine simple : ce n’est pas aussi beau qu’avec la configuration « Double Cab ». Toutefois, cette version courte ne manque pas de charme avec ses « petites » jantes, sa garde au sol élevée et sa cabine simple, une configuration qu’on aperçoit de moins en moins de nos jours les versions à cabine double étant plus
communes.

Un habitacle bien conçu malgré l'âge

Le Tundra date de 2007 et ça commence malheureusement à paraître dans l’exécution de la planche de bord. Le plastique de celle-ci n’est pas aussi noble que dans une Lexus, mais en revanche, une camionnette risque d’être salie plus d’une fois, ce qui devrait faciliter les nettoyages. À défaut d’être original, le tableau de bord est facile à consulter et les commandes sont grosses pour une manipulation hivernale avec des gants. De plus, la console centrale peut loger des petits outils ou même un ordinateur portatif, tandis que derrière les sièges, il y a assez d’espace pour des objets étroits.

Les deux sièges, quant à eux, procurent un confort acceptable pour les longues balades, lorsqu’on réussit enfin à s’y hisser. C’est que, sans marchepieds, le Tundra est difficile d’accès. Il faut donc utiliser les poignées situées sur les piliers A. Quant au siège du passager, il peut s’escamoter complètement vers l’avant, ce qui permet de transporter un objet plus volumineux dans la cabine à l’abri des intempéries. J’ai d’ailleurs pu transporter une chaise de patio renversée grâce à cette ingéniosité.

Un gros V8
Sous le capot, un seul moteur est disponible avec la cabine simple, soit le V8 de 5,7-litres d’une puissance de 381 chevaux et un couple de 401 lb-pi. Comme c’est désormais la norme, vous ne serez pas étonné d’apprendre que la boîte de transmission automatique compte 6 rapports et que le conducteur a le choix du mode de traction qu’il désire : 4x2, 4x4 et 4x4 lent. Ce V8 est tout à fait adéquat pour le véhicule, procurant des accélérations surprenantes… pour un pickup! La boîte de transmission travaille elle aussi de manière transparente, tandis qu’il est possible de changer les vitesses manuellement. Comme toute camionnette pleine grandeur, la consommation de carburant est à surveiller. Et il ne faut surtout pas que le pied droit s’emballe, parce que vous pourrez facilement vous retrouver avec une consommation moyenne au-delà des 20 litres aux 100 km.

Au volant
Conduire une camionnette au quotidien requiert certains ajustements, surtout au niveau des dimensions de votre véhicule. Le Tundra ne fait pas exception à cette règle, quoique l’édition fournie pour l’essai routier s’avère plus facile à stationner que les versions longues. Dans la circulation lourde, il faut effectuer les manœuvres avec soin, surtout lors des premiers coups de volant. Il y a également la hauteur de la caisse qui impressionne, mais on finit par s’y habituer. La direction de ce véhicule n’est pas trop lourde, ce qui est bien parfait en ville. À moins que vous ne chargiez pleinement la boîte à l’arrière, le Tundra se comporte comme n’importe quelle autre camionnette de travail, c’est-à-dire qu’il sautille un peu sur nos routes bosselées. Sur l’autoroute, c’est beaucoup mieux à cet égard.

Conclusion
Le Toyota Tundra n’est pas un mauvais produit. Oui, il est vrai que ses capacités sont légèrement en deçà de celles de la concurrence, mais il y a d’autres arguments qui militent en sa faveur. Le seul hic, c’est que les trois camionnettes qui dominent le segment depuis des décennies se vendent souvent à un prix moindre, ce qui n’aide pas le département des ventes de Toyota.

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Fiche technique
Modèle
: Toyota Tundra 2012
Version à l’essai : 4x4 SR5 à cabine régulière
Prix : 32 260 $
Transport et préparation : 1 635 $
Option : Ensemble Apparence (2335 $)
Moteur : V8 5,7 litres
Puissance/couple : 381 ch / 401 lb-pi (à 3600 tr/min)
Transmission : automatique à 6 rapports
Suspension (av/ar) : indépendante / essieu rigide avec lames
Freins (av/ar) : disques/disques
Direction : à crémaillère, assistée
Pneus (av/ar) : 255/55R18
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée (ville/route) : 16,6 L/100 km / 12,2 L/100 km
Consommation observée : 19,6 L/100 km
Modèles concurrents : Chevrolet Silverado, Ford Série F, GMC Sierra, Nissan Titan, Ram 1500.