Cette attraction a tout de même contribué au succès de la marque. Parce qu’il faut admettre qu’avec l’arrivée de la première Legacy, en 1989, le style de ses produits a pris du mieux.
Puis, six ans plus tard, il y a eu l’Outback, l’éclair de génie. Il suffisait d’y penser : transformer une familiale Legacy d’allure anodine en un baroudeur urbain. Une invention quasi instantanée. Après tout, quelques modifications structurelles et mécaniques, une garde au sol généreuse et un habile maquillage suffisaient pour « inventer » un nouveau genre de véhicule.
C’est ce que prétendaient avoir fait les stratèges du fabricant nippon… qui oubliaient sans doute qu’AMC avait fait de même en créant les Eagle (1979-1987). Et c’est sans oublier Renault et les Colorale Prairie et Savane, qui ont été fabriquée durant les années 50.
Il faut admettre cependant que les stratèges de Subaru ont eu du flair, car l’Outback est arrivée au bon moment et sous la forme requise. Les étoiles de la Pléïades (symbole de l’entreprise) devaient être alignées dans un axe leur étant favorable !
Aujourd’hui, Subaru tente le coup de nouveau, mais cette fois avec l’Impreza à hayon. Là non plus ce n’est pas vraiment une première, car il y a déjà différentes versions d’une Impreza Outback Sport, un modèle qui a sévi surtout aux États-Unis, mais sans jamais se distinguer vraiment. Après tout, ce n’était qu’une Impreza qui était vaguement différente.
Plus qu’une Impreza !
La XV Crosstrek, elle, se distingue nettement de la voiture dont elle reprend l’enveloppe, et justement parce qu’on a « poussé l’enveloppe ». Elle est une variante de l’Impreza; sa silhouette ne le dément pas. Mais cette fois, le fabricant a réussi à donner une identité propre à cette variante haute sur pattes.
Son esthétique paraît si différente que certains consommateurs, qui ont participé à une étude de marché, l’auraient même qualifiée de séduisante. « Un commentaire pareil, on n’a jamais entendu ça pour un produit Subaru », admet Amyot Bachand, un porte-parole de la marque au Québec. Du moins, pas depuis l’amusante publicité des lutteurs sumos, qui lavaient « affectueusement » leur Forester...
On distingue la XV Crosstrek au premier coup d’oeil, que ce soit à cause de ses élégantes roues en alliage partiellement noires de 17 pouces, ou par les bas de caisse et les galeries de toit noirs qui créent un contraste marqué avec la couleur de la carrosserie.
Et puisque l’on parle de couleurs, il ne fait aucun doute qu’on remarquera aussi ces Subaru à cause d’une teinte originale : Orange tangerine. Cette couleur « de lancement » serait d’ailleurs très demandée, nous confirme M. Bachand.
Mais la distinction avec l’Impreza va bien au-delà de ces nuances esthétiques. Car le châssis de la XV Crosstrek bénéficie de renforts additionnels, qui lui procurent une rigidité étonnante. Une architecture qui permet aussi à ce véhicule de remorquer des charges atteignant 680 kg, une caractéristique que ne partage pas l’Impreza, pas plus que certains des rivaux de cette nouvelle venue, entre autres les Juke, Countryman et RVR. Le conducteur d’une XV Crosstrek pourra donc amener un VTT avec lui pour aller encore plus loin en pleine nature !
À l’instar du Subaru Forester, les galeries de toit (de série) permettent aussi de transporter des bagages : jusqu’à 68 kg de charge, en utilisant les supports transversaux qui, eux, figurent cependant parmi les options...
Trois niveaux de dotation
Subaru propose trois versions de la XV Crosstrek 2013. Chacune reprend les appellations familières de la marque : Touring, Sport et Limited, la plus cossue des trois.
La dotation de série, commune aux trois versions, est relativement complète et comprend un volant inclinable et télescopique, des lève-vitres électriques, un système de téléverrouillage des portes, des sièges chauffants à l’avant, des rétroviseurs extérieurs chauffants, un déglaceur d'essuie-glace, un écran de 4,3 pouces perché au sommet du tableau de bord qui affiche diverses informations utiles (consommation, heure, température extérieure, etc.), de même qu’une chaîne audio dotée de la connectivité Bluetooth et de prises USB et auxiliaire.
La version Sport, un peu plus cher, se distingue essentiellement par son déflecteur arrière plus proéminent, un toit ouvrant inclinable et coulissant, un volant et un pommeau de levier de vitesse gainés de cuir, et des phares à décharge à haute intensité (DHI), qui procurent un éclairage nocturne plus puissant.
La version haut de gamme Limited, enfin, ajoute à l’équipement d’une version Sport une sellerie à garnitures en cuir et d’une chaîne audio plus sophistiquée jumelée à un système de guidage par satellite avec écran tactile de 6,1 pouces. Cette version bénéficie d’une caméra de recul (pas vraiment essentielle, chose rare aujourd’hui) et d’un climatiseur bizone automatique. De l’extérieur, enfin, on reconnaîtra cette version à ses rétroviseurs munis de feux directionnels et aux garnitures chromées de ses poignées de portières.
Les trois versions se distinguent l’une de l’autre uniquement par l’équipement dont elles sont munies. Car du point de vue technique, elles sont toutes trois identiques. Même pour les pneus, il n’y a qu’une seule monte d’origine : des Yokohama Geolander G95 quatre saisons.
Le moteur aussi est le même pour les trois. Il s’agit du 4-cylindres « Boxer » de 2,0 litres et 148 chevaux qu’on retrouve sous le capot de l’Impreza.
Il est jumelé aux mêmes boîtes de vitesses, c’est-à-dire une manuelle à cinq rapports de série et une boîte automatique Lineartronic à variation continue offerte contre un supplément de 1 300 $. La transmission intégrale en prise constante va de soi, naturellement. Après tout, c’est une Subaru et plus encore, puisque celle-ci est conçue pour vous amener « un peu plus loin » que les autres.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on l’a dotée d’une garde au sol est plus élevée : 220 mm au lieu des 145 mm d’une Impreza. C’est une hauteur libre supérieure à la garde au sol de tous ses rivaux désignés et même du Jeep Grand Cherokee !
Boîtes de vitesses... familières
Les habitués de la marque ne seront pas surpris de retrouver la boîte manuelle « qui n’a que 5 rapports » de l’Impreza. Lors du lancement de cette dernière, le vice-président à la Planification des produits de Subaru Canada, Ted Lalka, n’avait pas hésité à dire que le fabricant avait porté son choix sur une boîte manuelle ayant 5 rapports plutôt que 6, comme le veut la tendance actuelle, entre autres pour maintenir un prix abordable. Cette logique s’applique tout autant sans doute à la XV Crosstrek.
Alors, pour pallier son maniement rétif, il suffit d’user de douceur et d’éviter les... courses d’accélérations ! De plus, pour la XV Crosstrek, cette boîte manuelle a un premier rapport plus long, qui pourrait aider sur un chemin moins hospitalier.
Les stratèges de Subaru Canada tiennent à offrir cette boîte manuelle, et ce pour les trois versions, estimant qu’elle suscitera un attrait auprès de la clientèle visée. Les consommateurs l’associent à un véhicule sport. De plus, peu de fabricants offrent des boîtes manuelles aujourd’hui. Les stratèges espèrent profiter de cette « différence » et pensent que 20 % des acheteurs pourraient choisir la boîte manuelle.
Cela dit, pour bénéficier d’un meilleur rendement éconergétique et avoir une conduite plus agréable, rien ne vaut la boîte Lineartronic. Les cotes de consommation officielles sont évocatrices : avec la boîte manuelle, la cote moyenne est de 7,9 litres/100 km, alors qu’elle est de 7,2 litres avec la boîte automatique. De plus, l’acheteur qui opte pour cette dernière bénéficie de palettes de changement de rapports fixées au volant. Très agréables à utiliser, elles révèlent par le biais du système séquentiel de la boîte Lineartronic un côté nettement plus sportif de cette voiture, qui fait défaut aux versions munies de la boîte manuelle. L’essayer, c'est l'adopter !
Les dimensions extérieures de la XV Crosstrek s’apparentent beaucoup à celles d’une Impreza à hayon. Il en va de même pour son d’habitabilité. Quatre adultes peuvent prendre place à bord dans un confort très satisfaisant. On remarquera, par ailleurs, la qualité de l’assemblage et, surtout, des matériaux qui parent l’intérieur. À ce point de vue, cette Subaru fait preuve d’une réelle progression.
Le volume utile de son coffre, par ailleurs, s’apparente à 2 % près à celui de l’Impreza à hayon. Facile à transformer, il est assez spacieux pour charge un vélo non démonté ou deux vélos dont les roues avant auront été retirées.
Le fabricant précise aussi que ce coffre est assez spacieux pour loger trois sacs de golf (chargés transversalement). Pour jouer à quatre, cela signifie donc qu’il faut partir avec deux véhicules...
À mon avis, le seul véritable handicap de ce coffre est son seuil de 8 cm (3 po.) au niveau du hayon. Ce petit obstacle empêche de faire glisser les objets lourds et encombrants dans l’aire de chargement.
Superbe routière
La conduite de la XV Crosstrek se révèle fort agréable. Évidemment, les 148 ch. de son moteur n’en fait pas un foudre de guerre. L’automobiliste en quête de sensations fortes se tournera plutôt vers des véhicules comme le Toyota RAV4 équipé du V6 de 3,5 litres; un véhicule plus performant à l’accélération, mais plus gourmand aussi (cote moyenne de 9,3 L/100 km).
Cette Subaru se distingue néanmoins par sa servodirection électrique parfaitement dosée, et ce quelle que soit la vitesse. De plus, son freinage, qui est assuré par des disques aux quatre roues, se module aisément.
La suspension indépendante procure un roulement doux sans imposer de roulis excessif, malgré la garde au sol importante. La barre stabilisatrice avant de 24 mm, au lieu de 22 comme sur l’Impreza, y contribue sans doute.
Bref, on conduit cette Subaru avec plaisir. Le plaisir de savoir qu’elle peut transporter une cargaison encombrante en un tournemain et qu’elle peut nous mener au plus profond d’une pourvoirie sans difficulté. L’Outback peut le faire aujourd’hui encore. Mais la beauté de la chose, c’est qu’il existe désormais à la même enseigne un véhicule plus petit, plus abordable et plus éconergétique qui s’avère aussi polyvalent… et très seyant !
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Fiche technique
Modèle : Subaru XV Crosstrek 2013
Échelle de prix : 24 495 $ à 30 295 $
Équipement optionnel : boîte de vitesses automatique Lineartronic (1 300 $).
Transport et préparation : 1 695 $
Moteur : H4, 2,0 litres
Puissance/couple : 148 ch / 145 lb-pi
Transmissions : manuelle à 5 rapports de série; automatique à variation continue en option
Suspension (av./ar.) : indépendante/indépendante
Freins (av./ar.) : disques ventilés/disques solides
Direction : à crémaillère à servoassistance électrique
Pneus (av./ar.) : 225/55R17
Garantie de base : 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée ville/route, litres aux 100 km : 8,9 / 6,7 (BVM); 8,2 / 6,0 (BVA).
Modèles concurrents : Buick encore, Chevrolet Trax, Honda CR-V, Hyundai Tucson, Jeep Compass, Kia Sportage, Mini Countryman, Mitsubishi RVR, Nissan Juke, Nissan Rogue, Toyota RAV4.























