La troisième génération de l’utilitaire le plus vendu de Hyundai a donc des traits nouveaux, un nouveau choix de mécaniques et une dotation rehaussée destinée à l’élever au rang des voitures de luxe, selon le fabricant. Mais rassurez-vous, car s’il s’agit toujours d’un utilitaire, avec tout ce que cela peut comporter en matière de polyvalence.
La direction de Hyundai Auto Canada (HAC) nous a invités à conduire le Santa Fe Sport, la première de ces deux nouveautés à arriver sur notre marché. La version longue, qui remplacera le Veracruz, n’arrivera pas avant le premier trimestre de 2013.
Modèle important
Depuis quelques années au Canada, le Santa Fe et la sous-compacte Accent se disputent la seconde place du palmarès des ventes derrière la compacte Elantra. Inutile, donc, de s’étendre sur l’importance de ce modèle au sein de la gamme Hyundai.
Il n’est surprenant, donc, qu’on ait porté autant d’attention à la transformation de ce véhicule, pour lui donner une allure radicalement nouvelle. L’exercice est d’ailleurs très réussi puisque malgré ses formes plutôt massives, le Santa Fe Sport est mieux profilé que son prédécesseur, comme en témoigne le coefficient de traînée (Cx), qui est passé de 0,38 à 0,34.
Par contre, les dimensions trahissent une certaine similitude avec la génération antérieure. L’empattement du châssis reste le même, alors que la longueur et la largeur changent à peine. La hauteur libre du véhicule, qui diminue de 46 mm, et le poids que le fabricant a réussi à réduire de 120 à 187 kg, selon la version, sont les seules cotes qui changent de façon plus importante.
À bord, la réduction de la hauteur du véhicule entraîne naturellement la perte de quelques millimètres de dégagement vertical au niveau de la tête, mais si peu que personne ne s’en rendra compte — sauf un joueur de basketball ! Par contre, une augmentation de 67 mm du dégagement au niveau des genoux pourra procurer un surcroît de confort aux adultes ou aux grands « ados » qui prendront place à l’arrière.
Le volume utile du coffre varie un peu par rapport au modèle 2012, mais pas de façon significative. Le Santa Fe Sport procure une aire de chargement modulable aussi polyvalente qu’avant. Elle dispose même d’un nouvel espace de rangement sous le plancher. Le fabricant a également adopté pour la banquette arrière un dossier fractionné en trois sections 40/20/40. Cela permet, par exemple, de transporter des skis dans l’habitacle avec quatre personnes à bord. Cet aménagement peut donc parfois s’avérer plus pratique qu’un dossier à sections asymétriques 60/40.
Adieu V6 !
Jusqu’ici, pas moins de 70 % des acheteurs de Santa Fe choisissait le moteur V6, principalement pour profiter de la souplesse accrue qu’il procurait ou pour remorquer de lourdes charges. Dorénavant, les acheteurs devront adopter un paradigme différent, qui permet d’allier performance et consommation raisonnable.
En effet, Hyundai a désormais recours uniquement à des moteurs à quatre cylindres pour cet utilitaire. Il y a d’abord le 4-cylindres Theta GDI de 2,4 litres, qui est une évolution du moteur de même cylindrée offert en 2012. L’acronyme GDI annonce l’une des principales différences qui le distinguent : Gasoline Direct Injection. En adoptant l’injection directe et en haussant le taux de compression, on a réussi à extraire 190 ch. et 181 lb.-pi. de couple de ce moteur. De nettes améliorations par rapport au moteur Theta offert en 2012, et qui produisait 175 ch. et 169 lb.-pi. de couple.
Pour remplacer le V6 Lambda II de 3,5 litres des modèles 2012 plus cossus, Hyundai a eu recours à la formule de la suralimentation d’un moteur de faible cylindrée. Les modèles haut de gamme dispose donc maintenant du 4-cylindres Theta T-GDI de 2,0 litres, le même qui anime à la Sonata Turbo. Ici, la lettre T signifie naturellement turbocompresseur, l’incontournable mécanisme qui permet d’extirper une puissance phénoménale de ce petit moteur alimenté au carburant ordinaire : 264 ch. et rien de moins que 269 lb.-pi. de couple sur une bande de régimes qui s’étale de 1 750 à 3 000 tours.
Le plus surprenant avec ce moteur, c’est qu’il peut remorquer des charges aussi lourdes que le V6 qu’il remplace : soit 1 588 kg (3 500 lb). Le 4-cylindres de 2,4 litres, quant à lui, a la même capacité de 940 kg (2 000 lb).
Pour transmettre la puissance aux roues motrices, chacun de ces moteurs a sa propre boîte de vitesses automatique à 6 rapports Shiftronic munie d’un mode manuel (malheureusement sans palettes au volant). Celle du moteur de 2,4 litres a des rapports plus longs, qui contribuent à réduire la consommation. Dans le cas du moteur turbo, par contre, les premiers rapports plus courts s’harmonisent mieux à la puissance que procure rapidement le turbo. Dans les deux cas, cependant, le mode manuel permet d’exploiter plus pleinement la capacité d’accélération de ces deux moteurs.
Le fabricant a, par ailleurs, choisi d’éliminer la boîte de vitesses manuelle qui figurait au catalogue des modèles 2012. Cette décision reflète la demande limitée pour le Santa Fe 2012 de base qui utilisait cette boîte de vitesses. D’ailleurs, comme nous le disait Michael Riciutto, le directeur national de la Planification stratégique pour les produits de HAC, « pourquoi offrir un modèle hyper économique que presque personne n’achète de toute façon ! »
Consommation à la baisse
Qu’à cela ne tienne puisqu’avec les deux boîtes automatiques, les moteurs offerts pour les modèles 2013 obtiennent de meilleures cotes de consommation. Dans le cas des Santa Fe Sport équipés du moteur Theta GDI, la consommation moyenne des modèles à deux roues motrices passe de 9,0 à 7,9 litres/100 km et celle des modèles à quatre roues motrices, de 9,4 à 8,7 litres/100 km. Dans le cas du moteur Theta turbo, la cote moyenne des modèles à deux roues motrices passe de 9,0 à 8,3 litres/100 km et celle des modèles à quatre roues motrices, de 9,3 à 9,1 litres/100 km.
Comme en 2012, Hyundai offre des modèles à deux et quatre roues motrices. « Certains acheteurs ne veulent pas vraiment un utilitaire offrant de meilleures aptitudes en terrains difficiles, mais ils veulent son apparence plus costaude », nous admettait candidement un porte-parole de la marque.
Pour les modèles à quatre roues motrices, le fabricant sud-coréen utilise désormais une transmission intégrale Dynamax mise au point par l’équipementier canadien Magna. Contrairement au système en prise constante utilisé, par exemple, par Subaru, celui-ci est « réactif ». Il n’entraîne que les roues avant jusqu’à ce qu’il détecte une perte d’adhérence. Alors s’opère un transfert de couple vers les roues arrière, ou vers celles qui offrent le plus d’adhérence. Le fabricant affirme que ce système sophistiqué serait moins énergivore.
Intérieur d'allure moderne
L’habitacle aussi se veut plus sophistiqué, toujours dans l’esprit d’offrir une alternative attrayante à une berline de luxe. On mise donc sur un design intérieur moderne et une dotation complète.
L’équipement de série comprend, entre autres, des sièges avant chauffants, des glaces électriques, un soutien lombaire à réglage électrique du côté conducteur, une chaîne audio à 6 haut-parleurs, un système Bluetooth, un volant inclinable et télescopique avec commandes audio intégrées, et un régulateur de vitesse.
Parmi les équipements offerts en option, on dénote un toit vitré si grand qu’il donne l’illusion qu’on roule en décapotable, mais sans le vent, du moins lorsqu’il n’est pas ouvert. Il y a aussi deux chaînes audio plus sophistiquées, que les mélomanes apprécieront sûrement.
Dans un esprit d’innovation, Hyundai offrira une servodirection à tension variable offrant trois modes de fonctionnement : Normal, Confort (opposant 10 % moins de résistance) et Sport (opposant 10 % plus de résistance). Ce système, qui a été introduit sur la Hyundai Elantra GT plus tôt cette année, a le mérite de permettre au conducteur de personnaliser la principale interface qui le relie au sol. Malheureusement, la servodirection électrique du Santa Fe Sport demeure perfectible : elle n’offre pas la précision voulue, ce qui rend cette option moins attrayante.
Par ailleurs, pour ce qui est du comportement routier, mieux vaut ne pas vous fier au qualificatif sport. Son roulement donne une impression de lourdeur. De plus, on dénote un peu de roulis en courbe et un comportement sous-vireur à haute vitesse. Après tout, lorsque les conditions de conduite sont normales, même les versions intégrales se comportent comme des tractions !
Cela dit, la gamme de prix de ces utilitaires, leur dotation très complète et leurs performances indéniables, tant à l’accélération qu’à la pompe, se révèlent tout de même intéressantes. C’est sans oublier le confort que procure l’habitacle et son côté polyvalent. En prime, puisqu’il s’agit d’un produit Hyundai, l’acheteur bénéficie d’une des meilleures garanties de l’industrie. Il serait difficile de ne pas prendre en considération ce véhicule au moment d’entamer le processus de sélection d’un nouvel utilitaire de cette taille.
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Fiche technique
Modèle : Hyundai Santa Fe Sport 2013
Échelle de prix : 26 499 $ à 38 499 $
Transport et préparation : 1 760 $
Moteurs : (1) L4, 2,4 litres; (2) L4 turbo, 2,0 litres
Puissance/couple : (1) 190 ch / 181 lb-pi; (2) 264 ch / 269 lb-pi
Transmissions : automatique à 6 rapports de série
Suspension (av./ar.) : indépendante/indépendante
Freins (av./ar.) : disques ventilés/disques solides
Direction : à crémaillère à servoassistance électrique modulable
Pneus (av./ar.) : P235/65R17; P235/60R18; P235/55R19
Garantie de base : 5 ans / 100 000 km
Garantie du groupe motopropulseur : 5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée ville/route, litres aux 100 km : 9,5 / 6,0 (L4 2.4L 2RM); 10,1 / 7,0 (L4 2.4L 4RM); 9,8 / 6,4 (L4 2,0L 4RM).
Modèles concurrents : Chevrolet Equinox, Ford Edge, Ford Escape, GMC Terrain, Honda CR-V, Kia Sorento, Mitsubishi Outlander, Nissan Murano, Nissan Rogue, Subaru Forester, Toyota RAV4, Volkswagen Tiguan.























