Deux nouveautés (ou presque…) en 2011, le RVR de Mitsubishi et le Compass, de Jeep, tentent de faire leur niche dans le marché des petits VUS. Ils ont certainement la gueule de l'emploi!
Ont-ils tout ce qu'il faut pour rivaliser dans un marché où les durs de durs, comme le Ford Escape ou le Suzuki SX4, côtoient des modèles plus familiaux, comme le Chevrolet Equinox et le Toyota Rav4, ou même, simplement luxueux, comme les Acura RDX et autres Volkswagen Tiguan? Ça, c'est la question à 25 000 dollars…
Car bien que le prix de détail du modèle de base de l'un et de l'autre soit tout juste sous la barre des 20 000 dollars, il faudra payer un peu plus cher pour mettre la main sur une version à quatre roues motrices de ces deux VUS. Dans les deux cas, les éditions à 25 000 $ sont aussi les modèles essayés aux fins de ce face à face.
Jeep Compass 2011 : un bébé Cherokee
Le Compass n'est pas un nouveau modèle à proprement parler, mais avec sa nouvelle tête, il semblera nouveau pour plusieurs clients qui n'ont pas aperçu ce modèle auparavant. Aucun regret ici : la nouvelle calandre s'apparente à s'y méprendre à celle du Grand Cherokee, lui-même entièrement revu pour 2011.
À l'arrière, rien n'a changé, si ce ne sont les ampoules, remplacées par des DEL qui rendent ce modèle un brin plus contemporain qu'avant. Dans l'ensemble, c'est évidemment la nouvelle bouille du Compass qui retient l'attention. Ça lui confère un air de bébé Cherokee qui attirera ceux désirant un Grand Cherokee, mais n'en ayant pas les moyens.
Naturellement, ils hériteront d'un modèle plus compact, et aussi sensiblement moins polyvalent. Sur la route, c'est bien : l'insonorisation a été grandement rehaussée, tout comme le comportement de la suspension. Sous le capot, le quatre cylindres de 172 chevaux est à nouveau jumelé à une boîte à rapports à variation continue (CVT), ce qui réduit la consommation, et aussi, l'amusement du conducteur. Au cadran : 10 à 11 litres aux 100 kilomètres.
Cela dit, ce nouveau Compass est beaucoup moins soporifique que son prédécesseur. Une grande amélioration, même si on ne s'y méprendra jamais : ceci n'est pas un Jeep pur-sang. À preuve, son système à rouage intégral, incapable de se dépêtrer d'une congère tout ce qu'il y a de plus modeste, suite à la chute d'une quinzaine de centimètres de neige…
Étonnant. Compte tenu de l'effort mis par Jeep dans cette édition Trail Rated du Compass, dont la garde au sol est surélevée de 3 centimètres. Contrairement aux versions plus bas de gamme, il est conçu exprès pour traverser marécages et fossés sans ciller.
Apparemment, les ingénieurs de Jeep n'ont pas prévu les ruelles montréalaises, pourtant réputées pour être enneigées parfois jusqu'à huit mois par année, tellement le soleil s'y fait rare…
Allez savoir.
Également au menu en 2011, des retouches à l'habitacle d'un modèle qui, depuis 2007, n'avait pas eu droit à grands égards de ce côté, si ce n'est un coup de plumeau en 2009. Ça lui fait du bien, mais comme dirait l'autre, vous ne vous croirez pas au volant d'un Cadillac…
Parlant millésimes, le Compass restera tel quel jusqu'à la fin 2012, où il sera remplacé par un tout nouveau modèle pour amorcer 2013 du bon pied. Émule du Dodge Caliber, ce pseudo 4x4 connaît présentement ses meilleurs moments, mais seuls les mordus de la marque Jeep seront réellement convaincus. À prix égal, certains modèles concurrents offrent mieux.
Mitsubishi RVR 2011 : keep it simple, stupid…
On jette un coup d'œil à la gamme Mitsubishi et on a déjà l'impression que c'est le printemps. C'est que le nombre de modèles offert par la filiale canadienne de ce constructeur japonais fond comme neige sous le soleil tiédasse de mai…
Ça n'empêche pas les nouveautés, aussi rares soient-elles. Le RVR est une d'elles. Il s'agit d'un petit VUS très terre-à-terre, sans flafla, plus abordable que l'Outlander, dont l'allure vieillit un peu mal.
À cela, le RVR réplique à grands coups de traits à couper au ciseau : le bouclier à l'avant tombe à pic, surplombé de phares à l'air méchant et d'un pare-chocs droit comme l'horizon. Haut perché, il procure au conducteur l'impression de piloter un VUS de bien plus grand format.
Détail intéressant : ce véhicule a droit à une solide garantie de 5 ans ou 100 000 kilomètres, ce qui compte pour un atout plus que solide, dans un créneau si chaudement disputé. À 25 000 dollars, c'est certainement un facteur décisif au moment d'acheter.
Chez Mitsubishi, on aime comparer le RVR à des véhicules comme le Juke, de Nissan. C'est que toute comparaison avec le Juke est flatteuse. Aux côtés du Compass, on voit une tout autre personnalité se profiler.
D'abord, la finition intérieure du RVR est triste à pleurer. Comme si un designer dans un studio de la société nippone s'était fait reprocher ses excès d'audace. Tout est noir, tout est dangereusement simpliste. Heureusement, on ne manque pas de porte-gobelets. Il y en a quatre, à l'avant seulement.
Bon pour cinq passagers, le RVR est assez large, à l'arrière, pour trois adultes assis côte à côte. Force est d'admettre qu'à la fin du voyage, ils auront développé une certaine intimité. Sinon, c'est plutôt logeable.
À l'arrière encore, le coffre est d'un format moyen, pour cette catégorie très nichée des petits VUS. À titre comparatif, un Hyundai Tucson offre environ 10 % plus d'espace de rangement.
Au volant, le RVR n'a pas tellement d'audace non plus. Pas un gros détail, mais l'accélération est pénible en tout temps. À 148 chevaux, c'est un des véhicules les moins puissants sur le marché (non, nous non plus on n'aurait jamais cru écrire ça un jour, mais que voulez-vous…).
Jumelé à une CVT lui aussi, ce quatre cylindres a un avantage de taille sur plusieurs rivaux : il consomme très peu. Quatre roues motrices et quelques centaines de kilomètres plus tard, il faisait osciller le compteur à 9,7 litres aux 100 kilomètres, ce qui tient du spectaculaire, dans les circonstances.
Un face à face serré
Rarement un face à face aura-t-il semblé si difficile à conclure pour votre obligé. À prix égal, ces deux modèles offrent sensiblement les mêmes caractéristiques. Chose certaine, tous deux misent sur les mêmes forces : format compact et pratique, prix d'achat sensé et utilité accrue.
Cela dit, le RVR est l'achat le plus raisonnable des deux, ce modèle étant tout nouveau, tandis que sa valeur de revente risque d'être supérieure, en bout de ligne. Aussi : la fonction de lecture sans fil de la musique stockée sur un téléphone intelligent, passant par le protocole Bluetooth, est supérieure à celle des véhicules Chrysler. Encore là, difficile de savoir pourquoi.
Tout ceci ne tient évidemment pas compte d'une liste longue comme ça d'autres modèles à considérer dans cette catégorie (dont plusieurs sont mentionnés dans ces lignes), mais s'il n'y avait que ces deux modèles à considérer, on serait relativement plutôt chanceux d'avoir un choix si difficile à faire, ces deux modèles n'ayant pas de lacune majeure, si ce n'est d'être le produit de deux sociétés qui ont connu leur part de troubles internes, ces dernières années.
Fiche technique
Modèle : Jeep Compass 2011
Version : Limited 4x4
Prix : 26 395 $
Options : Boîte 4x4
Moteur : 4 cylindres de 2,4 litres
Transmission : Automatique à variation continue (CVT)
Puissance/couple : 172 chevaux/165 livres-pied
Consommation annoncée : 8,1 litres aux 100 kilomètres
Consommation réelle : 10,4 litres aux 100 kilomètres
Garantie : 3 ans/60 000 km
Garantie du groupe propulseur : 5 ans/160 000 km
Modèle : Mitsubishi RVR 2011
Version : SE 4WD
Prix : 24 998 $
Options :
Moteur : 4 cylindres de 2 litres
Transmission : Automatique à variation continue (CVT)
Puissance/couple : 148 chevaux/145 livres-pied
Consommation annoncée : 7,9 litres aux 100 kilomètres
Consommation réelle : 9,7 litres aux 100 kilomètres
Garantie : 5 ans/100 000 km
Garantie du groupe propulseur : 10 ans/160 000 km